La lucidité, elle est dans le chef de M. Francis Van de Woestyne, le brillant éditorialiste de La Libre. Dans son édito d'aujourd'hui, intitulé "Explosif", il analyse les propos que M. Bart De Wever a livrés à son journal ce samedi. Que ces propos aient "choqué plus d'un francophone" ne nous surprend pas, d'autant qu'il doit s'agir essentiellement de Bruxellois : ce n'est pas seulement le confédéralisme qui les choque, mais le sous-financement de Bruxelles et la scission de la sécu...
Contrairement à ceux qui faignent de ne rien voir, M. Van de Woestyne a parfaitement compris que si le président de la N-VA édulcore son discours pour gagner le plus possible d'électeurs flamands à sa cause, "son dessein est bien le séparatisme" et pour lui, "le confédéralisme n'est qu'une étape".Combien de fois ne l'avons-nous pas expliqué sur ce blogue, déchaînant parfois la colère et les insanités de quelques rattachistes néophytes, allant jusqu'à nous reprocher "notre amour" pour les nationalistes flamands et rebaptisant notre blogue "Liège-Flandre"[sic].
M. Van de Woestyne observe également, avec la même lucidité, que "la radicalisation flamande est un fait" et que tous les partis flamands, y compris l'Open VLD, exigent une profonde réforme de l'Etat accordant beaucoup plus d'autonomie et de compétences aux Régions. Bien sûr, M. Van de Woestyne souligne que pour que cette réforme soit équilibrée, il faut aussi maintenir un Etat fédéral fort. On connaît la chanson, et si la N-VA n'en veut pas, c'est précisément parce que "nier cet équilibre conduirait le pays à sa perte, ce que cherche précisément la N-VA" [ et nous de même, ndlr].
Dans le même numéro de La Libre, M. Christian Laporte fait montre de la même lucidité concernant les intentions du VLD et du CD&V : les libéraux flamands optent, eux aussi, pour le modèle confédéral, en précisant que c'est en tant que but et non comme étape vers le séparatisme [attendons la suite, ndlr]. Quant au CD&V, il durcit également le ton; soulignant que "rien n'a changé dans les ambitions communautaires du parti" qui vient de clôturer son congrès électoral par le chant du Vlaamse Leeuw, comme les parlementaires du Vlaams Belang récemment à la Chambre.
Voilà pour la lucidité. La stupidité est du côté du Soir. Poursuivant sa grrrande enqête sur ce que pensent vraiment les gens de toute cette histoire, ses reporters se sont rendus dans deux maisons de retraite, l'une en Wallonie, près de Namur, l'autre en Flandre, près de Gand. Ils ont donc interrogé les pensionnaires, dont la moyenne d'âge doit se situer aux alentours de quatre-vingt-dix ans ! Des gens très respectables, mais dont on peut douter de l'intérêt qu'ils portent à l'avenir d'un pays qu'ils sont sur le point de quitter pour "un monde meilleur"... !
Bien qu'il soient préoccupés par des questions plus matérielles (le coût des médecins et des médicaments, les pensions insuffisantes, l'augmentation, par la Région wallonne du prix des langes, l'indifférence croissante des enfants et petits-enfants), ils finissent quand même, sur l'insistance des journalistes, à lâcher quelqu'avis, aussi naïf et peu réfléchi soit-il : "Nous sommes nés sous la même étoile. Ce pays a une histoire et encore un sens"(...) "Nous, les petites gens, on s'entend bien, c'est la faute aux extrémistes"(...)" La Belgique, c'est comme une bonne soupe, on met tout dedans, on touille, et tant qu'il y en a pour tout le monde, c'est ce qui compte!"(...) Un Flamand : "Pas question d'en finir avec la Belgique. Isoler la Flandre ? Pour se retrouver à coup sûr rattachés aux Hollandais ? Merci bien! Enfin, au moins aux Pays-Bas, les gens sont économes".
Vient eusuite la perle : "Sans eux - le Roi et la Reine - que ferions-nous ?" Et la conclusion : "Voir le pays dans dix ans. Pas pour nous, pour nos petits...Qu'est-ce qu'on va leur laisser ? Là-dessus, un pensionnaire se met à chanter le temps des cerises", suscitant d'immenses sourires...Touchant, pathétique ! Mais tellement loin de la réalité ! Demain, Le Soir questionnera les cyclistes. Puis les scouts...?
Quant au sénateur-baron Francis Delpérée, il a failli s'étrangler à Matin première en proclamant, comme sa "patronne"[sic] Joëlle Milquet, que "plus que jamais, l'union fait la force. Pas l'union des unitaristes, mais celle des fédéralistes contre les séparatistes, les sécessionnistes et les confédéralistes de tous bords. Commencerait-il à comprendre, lui aussi, que le confédéralisme est bien une étape décisive vers la scission de la Belgique ?
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Bien qu'il soient préoccupés par des questions plus matérielles (le coût des médecins et des médicaments, les pensions insuffisantes, l'augmentation, par la Région wallonne du prix des langes, l'indifférence croissante des enfants et petits-enfants), ils finissent quand même, sur l'insistance des journalistes, à lâcher quelqu'avis, aussi naïf et peu réfléchi soit-il : "Nous sommes nés sous la même étoile. Ce pays a une histoire et encore un sens"(...) "Nous, les petites gens, on s'entend bien, c'est la faute aux extrémistes"(...)" La Belgique, c'est comme une bonne soupe, on met tout dedans, on touille, et tant qu'il y en a pour tout le monde, c'est ce qui compte!"(...) Un Flamand : "Pas question d'en finir avec la Belgique. Isoler la Flandre ? Pour se retrouver à coup sûr rattachés aux Hollandais ? Merci bien! Enfin, au moins aux Pays-Bas, les gens sont économes".
Vient eusuite la perle : "Sans eux - le Roi et la Reine - que ferions-nous ?" Et la conclusion : "Voir le pays dans dix ans. Pas pour nous, pour nos petits...Qu'est-ce qu'on va leur laisser ? Là-dessus, un pensionnaire se met à chanter le temps des cerises", suscitant d'immenses sourires...Touchant, pathétique ! Mais tellement loin de la réalité ! Demain, Le Soir questionnera les cyclistes. Puis les scouts...?
Quant au sénateur-baron Francis Delpérée, il a failli s'étrangler à Matin première en proclamant, comme sa "patronne"[sic] Joëlle Milquet, que "plus que jamais, l'union fait la force. Pas l'union des unitaristes, mais celle des fédéralistes contre les séparatistes, les sécessionnistes et les confédéralistes de tous bords. Commencerait-il à comprendre, lui aussi, que le confédéralisme est bien une étape décisive vers la scission de la Belgique ?
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1 commentaire:
Ce que je ne comprends pas, c'est que le Standaard s'est lié tellement au Soir et qu'il veut le suivre coûte que coûte dans ses sottises belgicistes. Manu Ruys n'y travaille plus depuis longtemps, cela se voit !
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