vendredi 21 mai 2010

Qu'est-ce qu'être belge ? se demande un quarteron de politologues(?) en herbe dans "La Libre".

Pour nous, c'est simple : sauf pour les Bruxellois et les fransquillons de Flandre, être belge, c'est n'être rien !

Quatre jeunes se sont creusé la tête, dans La Libre d'aujourd'hui, pour tenter de démontrer qu'il y a une identité belge, mais c'est une identité à construire et même à reconstruire continuellement, car "elle n'a jamais été une évidence statique. Elle a toujours été à chercher, à inventer, à réinventer, et cela depuis que la Belgique est née...
On pourrait s'attendre, après ce constat, à ce que nos jeunes en concluent que, depuis 1830, et plus spécialement depuis 1970, tout a été tenté et qu'il n'y a vraiment plus rien à reconstruire et à inventer, que, de crises en crises, la Belgique s'est délitée, qu'elle est définitivement en voie d'évaporation. Mais non ! Ils aiment la difficulté, même quand elle est inutile, pour la beauté du geste ou tout simplement par masochisme. Dès lors, ils s'illusionnent, à grand renfort des clichés bien connus : "la Belgique est un laboratoire pour l'Europe", "l'Europe a besoin de nous comme modèle d'un vivre ensemble", "c'est dans nos terres et dans notre esprit que l'idéal européen d'unité à germé [ merci pouRobert Schuman ]",L'Europe est un idéal, que nous lui avons en partie inspiré. Si nous perdons cet idéal, où va l'Europe?" .Même la chute du Mur de Berlin  est appelée à la rescousse...
Ce plaidoyer pro-domo, qui accorde à la Belgique et aux Belges un rôle exceptionnel, fondamental pour l'Europe, n'empêche pas les auteurs de prêcher l'humilté dans une incoyable contradiction, bien "belge" quant à elle : "Etre belge, n'est-ce pas cette humilité d'accepter d'avoir besoin de l'autre [ entendez le Flamand pour le Wallon et vice-versa ] pour se définir?".
Certes, ils reconnaissent que nous [ les belges ] sommes aujourd'hui dans une centrifugeuse qui s'accélère: les espaces de rencontres et d'échanges entre francophones et néerlandophones se rétrécissent, les universités et les partis politiques ont été scindés. Et nous n'avons jamais eu de médias unitaires bilingues [Dieu merci ! ndlr]. Mais est-ce une raison pour tout abandonner ? s'interrogent-ils avec une telle candeur, qu'on ne sait quoi leur répondre ! Bien entendu, tous les poncifs habituels, des plus tordus aux plus éculés, sont appelés à la rescousse : "l'identité belge en recherche et en reconstruction permanente est créatrice", "notre mixité, notre diversité de cultures, la rencontre des mondes latin et germanique, nos richesses linguistiques", "un carrefour de civilations, etc, etc. Ajoutez y encore, pour faire bonne mesure, les bienfaits de la "multiculturalité", avec cette réflexion ahurissante, en substance : n'est-ce pas parce notre identité est créatrice que "les Italiens, les Espagnols, les Marocains, les Congolais, les Turcs ont choisi  hier la Belgique ?"...Comme chacun sait, ce n'est évidemment pas pour trouver du travail ou un asile politique que tous ces immigrés sont venus "chez nous" mais parce que la Belgique est un modèle à tous points de vue ! Un modèle de laxisme ?
Etre belge a sans doute une signification pour les Bruxellois, où règne effectivement une mixité latino-germanique, voire cosmopolite, et pour les fransquillons de Flandre, mais pour les Wallons et les Flamands, cela ne signifie vraiment plus grand chose. Pour nous, cela ne signifie même plus rien. Par contre, être wallon  et devenir français a une signification profonde :celle d'appartenir à une culture universelle et à une grande nation millénaire qui n'a nul besoin de se reconstruire pour exister, ni d'autres pour se définir.

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1 commentaire:

El viajero a dit…

Le ponpon, c'est ce soir à RTL-TVi au JT de 19h. Le PS Elio Di Rupo quatrième choix en Flandre: le vivre belge sera l'applatissement de quelqu'un qui n'a jamais rêvé que d'être 1er sinistre à quel que prix que ce soit! Pauvre de nous! Nous savons maintenant à quel sauce nous serons mangés! Yves Pierlot.