A quoi jouent le" formateur" et le cartel CD&V-N-VA? D'un côté, Yves Leterme prédente une ènnième note sur les problèmes institutionnels que, cette fois, les partenaires francophones de l'orange bleue semblent plus ou moins accepter; de l'autre le Bureau de la N-VA réuni hier soir trouve cette note "nettement insuffisante" et exige que" certains points fondamentaux soient modifiés". En clair, le parti séparatiste ne peut accepter que la réforme de l'Etat vise aussi à "renforcer l'Etat fédéral" ( leit-motif de Joëlle Milquet) et veut absolument une large autonomie fiscale pour la Flandre et la régionalisation d'une partie au moins de la sécurité sociale, à savoir les soins de santé ou les allocations familiales. Le problème est qu'au CD&V, on tient absolument au cartel avec la N-VA que l'on a mis des années à construire et qui est indispensable pour revenir au pouvoir (fédéral): sans les cinq députés de la N-VA, pas de majorité à la Chambre pour "l'orange bleue"... Casse-tête pour Yves Leterme !
François Van de Woestyne, dans La Libre, estime que ce n'est plus le CD&V qui fait la loi au CD&V, c'est la N-VA qui, chaque fois qu'un accord est en vue, profite de sa force marginale pour poser de nouvelles exigences institutionnelles. Et de conclure sur ce point :La Belgique est désormais l'otage d'un groupe d'hommes politiques de la N-VA, séparatistes pour la plupart, qui n'ont d'autre mission politique que de faire exploser ce pays. Chaque jour de crise accroît leur plaisir : ils veulent démontrer que la Belgique, cet "accident de l'histoire", sera bientôt ingouvernable.
Que répondre si ce n'est que pour nous, à Liège-France, la Belgique est aussi "un accident de l'histoire" et que, comme la N-VA, nous sommes aussi séparatistes - des séparatistes démocrates, des séparatistes pour qui la séparation n'est que le passage obligé vers le rattachement de la Wallonie à la République française, mais des séparatistes quand même. Il faut avoir le courage de ses opinions et regarder les choses en face. Qui, de la passionaria ultra-belgicaine du CdH ou du nationaliste flamand Bart De Wever, auquel Joëlle Milquet a d'ailleurs reconnu "des qualités humaines", est le meilleur "allié" objectif des rattachistes ?
9 commentaires:
Vous avez tout-à-fait raison. Ce n'est pas Mme Milquet qui fera avancer les choses dans le bon sens pour nous, mais M. De Wever. Il y a de bons amis qui ne comprennent pas ça; ils sont aveuglés par leur haine (bien compréhensible!)de l'extrême-droite et du fascisme.Mais en politique, il ne faut pas faire de sentiment et s'il faut s'allier avec le diable pour faire triompher nos objectifs, n'hésitons pas, faisons le. J'espère que Raymond Charles et quelques autres finiront par comprendre cela.Il ne faut d'ailleurs pas exagérer et diaboliser M. De Wever, c'est un séparatiste mais pas un fasciste et il a l'air d'un bon père de famille.
A propos de l'édition spéciale de "Libération", j'ai appris que dans le prochain "Monde diplomatique", il y a deux pages sur la crise belge. "Le Monde diplomatique", c'est lu dans toutes les ambassades.(par téléphone)
Connaissez-vous le blogue du député MR Ducarme ? C'est intéressant. Voilà un parlementaire libéral qui envisage clairement la fin de la Belgique et appelle les francophones à se préparer à la scission.
Nous, à Namur, on se demande ce que vous attendez pour convoquer ce congrès extraordinaire dont vous avez parlé ? Quand allez vous AGIR ? Vous allez rester encore longtemps au balcon ou plutôt au bord de l'eau, car à force de faire le dégoûté quand un poisson mord à l'hameçon, vous allez faire comme le héron et devoir vous contenter d'un limaçon! Tant pis si je vous heurte, mais moi je parle comme je pense, je ne suis pas un politicien.
Je réponds à Philippe Rasquin.
Les lenteurs, les attermoiements, les réticences,nous exaspèrent autant que vous.A "Liège-France", notre devise est celle de Danton : "De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace".Nous ne pratiquons pas "les jeux politiciens".
Pour ce congrès extraordinaire, cela ne dépend pas de nous, mais du RWF dont nous voulons être un associé loyal. Cela coince manifestement quelque part; pas chez nos amis de Liège, qui étaient prêts à se charger de l'organisation et à prendre tous les frais à leur charge : à Liège, le budget est très bien géré et on dispose des fonds nécessaires.Je ne connais, ni ne comprends les motifs de ce blocage, mais j'ai bien peur, si on attend encore, que que nous arrivions trop tard, comme les carabiniers d'Offenbach!
Si l'orange bleue réussit, un congrès extraordinaire n'aura plus de raison d'être et si elle échoue, il y aura probablement une autre coalition qui ne mettra pas les problèmes communautaires à son programme. Quant au fameux machin, la "convention-bidule", elle ne servira à rien et s'essoufflera dans la cacophonie; ce sera un capharnaüm, comme dit "La Libre Belgique". Pour nous, c'est le moment ou jamais de réunir ce congrès mais je le répète, cela ne dépend pas de "Liège-France".
Bonne nouvelle toutefois : nous avons encore enregistré de nouveaux membres la semaine dernière et nous songeons à nous étendre à la Wallonie. Dans un premier temps, nous pourrions nous élargir et adopter le nom de
"Liège-Hainaut-France". Notre Bureau examine la question.Nous ne pouvons malheureusement nous intituler "Wallonie-France". Il y aurait une confusion avec le RWF et il existe en outre une revue qui porte ce nom.
@ Georges Lambert : La N-VA et Bart De Wever ont toujours été clairs. Ils sont nationalistes au sens germanique du terme. Rien de curieux là-dedans. Ce sont certainement de ultra-libéraux, mais certainement pas des fascistes.
Ne confondons pas.
@ André Schreurs : je partage votre inquiétude.
Ce serait dommage de changer de nom. "Liège-France", ça sonne bien, c'est court, c'est bref, c'est comme un coup de clairon ! Si nous avons des membres dans le Hainaut (et n'oubliez pas notre ami Rasquin de Namur !),ne pourrait-on pas créer une association qui s'appellerait "Les amis de Liège-France", ou quelque chose comme ça ?
Je tiens à répondre à Georges Lambert. Heureusement que vous ajoutez (bien compréhensible) à la suite de la mention de mon aveuglement par ma haine de l'extrême droite, sinon je me serais posé des questions. Sachez que Bart De Wever que vous cherchez désespérément à rendre respectable est le fils d'un collaborateur notoire du régime nazi. De plus il est négationiste et anti sémite. Si vous considérez que tout ça n'a pas d'importance et qu'il faut s'allier avec le diable si la nécessité s'en fait sentir, cela signifie que vous faites preuve d'un cynisme politique que je ne partagerais jamais. Avez-vous songé aux conséquences que votre alliance avec les extrémistes flamingants aurait sur les wallons. Au lieu de les attirer vous aller les faire fuir.
Notre ami Claude Thayse, dont les sentiments anti-fascites et républicains sont bien connus, a écrit que Bart De Wever était certes un nationaliste et un séparatiste, mais pas un fasciste.On ne peut demander à Bart De Wever de renier son père parce que celui-ci à collaboré avec les Allemands pendant la guerre, comme beaucoup de nationalistes flamands.On ne peut pas demander cela à un fils, ce serait contre-nature. Quant au cynisme, n'est-il pas le fait de beaucoup de politiciens ? L'honnêteté intellectuelle et la probité morale de certains militants rattachistes sont
admirables, mais peut-on vraiment faire de la politique sans "se sâlir les mains" ? Ne pourrait-on pas envisager au moins des contacts officieux, qui ne seraient pas rendu publiques ?
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