C'est ce qu'écrit Isabelle Philipon dans Le Vif-L'Express sorti de presse aujourd'hui. Le choc entre les deux communautés est brutalement frontal(...) Parmi les responsables politiques en vue en Flandre, ceux qui sont attachés à la Belgique se comptent sur les doigts d'une main. Les leaders du CD&V n'ont pas le sens de la loyauté fédérale et ne font preuve d'aucun attachement à la Belgique(...) la Flandre politique est d'ores et déjà sortie du modèle fédéral. Le mouvement flamand est presque intégralement autonomiste, voire séparatiste(...) La génération des moins de 45 ans a la conviction profonde que le cours de l'Histoire est inéluctable et pousse la Flandre à prendre son envol(...) Le Nord est emporté par un mélange de sentimentalisme, d'idéologie, de comptabilité et, surtout, de pulsions incontrôlables(...) Vue de Flandre, la Belgique n'est plus liée à aucun système de valeurs auxquelles un Etat-nation peut s'identifier(...) Tant mieux si un nombre croissant de francophones en a désormais conscience. Il est plus que temps qu'ils se mettent à réfléchir à leur avenir, c'est-à-dire à un avenir sans la Flandre, car ce à quoi nous assistons chez nous, c'est pire qu'à une crise de régime, c'est à l'impuissance des institutions à prendre encore des décisions en faveur du bien commun. Cela, ça s'appelle la fin de l'Etat.
Voila une analyse claire, lucide, sans tabou, que nous partageons intégralement.
Dans le même numéro du Vif-L'Express, Joëlle Milquet, interviewée, dit aussi que cette fois le choc est vraiment frontal(...) On vit sur un volcan. L'avenir de la Belgique tient à une virgule, à une crise de nerf, à rien du tout...Si Mme Milquet le dit elle-même !
Bon dieu, mais qu'on en finisse ! L'opinion publique évolue rapidement en Wallonie et même à Bruxelles. Un lecteur du Vif écrit : J'ai peur(...) je doute du bon sens belge, je me sens devenir antiflamand, je commence à ne plus croire en l'avenir de notre chère Belgique, terre du compromis et du célèbre "Pacte des Belges", à m'éprouver enclin à envisager favorablement (mais avec résignation) l'idée du séparatisme : laissons la Flandre à ses démons nationalistes et oeuvrons à la construction d'une nouvelle Belgique, fondée sur une association étroite entre Bruxelles et la Wallonie.
Non, monsieur Bolle de Bal (c'est le nom de ce lecteur), ne vous arrêtez pas en si bon chemin. Nous le disons aussi à l'éditorialiste Dorothée Klein, qui allant dans le même sens, estime que la Belgique est condamnée mais que Bruxelles reste la carte maîtresse des Wallons et des Bruxellois. Quoi ? Vous voudriez une petite Belgique"résiduelle" ? Elle ne serait pas viable, les Wallons n'accepteraient jamais que Bruxelles en reste la capitale, et les Bruxellois que ce soit Namur. On ne peut rien reconstruire sur des cendres. Pour la Wallonie, la seule solution intelligente, raisonnable, évidente, c'est la réunion à la France. Quant à Bruxelles, elle aura le choix : nous accompagner ou devenir une Ville libre européenne. Non seulement le rattachement est dicté par la raison: rejoindre une grande nation dont toutes les Régions sont solidaires , mais comme l'indépendance de la Flandre, il est aussi inscrit dans l'Histoire. La Belgique a fait son temps, elle n'a plus aucune utilité. Que chaque peuple aille vers son destin : le nôtre est français !
9 commentaires:
A voir - et répondre - un sondage sur le site du "Soir" : pour qui voteriez-vous aux prochaines élections ? Le RWF ne s'en sort pas mal !
Madame Milquet remonte dans mon estime. Et bravo pour la lucidité des journalistes du "Vif-L'Express". Ce n'est pas comme l'indécrottable Pierre Mertens, qui sévit dans "Le Monde" de jeudi.Il est bien conscient que la Belgique est au plus mal, mais il "appelle désespérément un geste fort, un signe de bonne volonté, une restauration de la confiance dilapidée".L'académicien belge n'est tendre ni pour le "sud du pays", où "les francophones se sont suicidairement divisés" et où a régné "un pestilentiel climat de corruption", ni pour le "nord", où "un nationalisme nauséabond s'est radicalisé". Constatant que "la Belgique ne s'aime plus et ne s'est jamais vraiment assez aimée", il écrit que "son métissage, sa bâtardise même, faisaient d'elle une métaphore, une métonymie de l'Europe tout entière, un laboratoire(...) un legs irremplaçable.Et il conclut : "à quoi bon ce pays s'immolerait-il? Il faudrait aussitôt en réinventer un, qui lui ressemblât"
Métissage, bâtardise...Tout ce dont nous avons horreur ! Il aime ça, l'académicien ? Il voudrait réinventer ce melting pot! Ce doit être un fameux masochiste...
Ce n'est pas surprenant. Pierre Mertens est un Bruxellois belgicain. Curieusement, ce juriste et sociologue (il est docteur en Droit, licencié en Droit international et a été directeur du Centre de sociologie de la littérature à l'ULB)s'est adonné à la littérature et a collectionné de nombreux prix littéraires.C'est lui qui a lancé, vers 1976, le concept de "belgitude", un concept répandu à Bruxelles, mais qui n'a jamais eu cours chez nous. A cette conception brumeuse, nous avons toujours opposé, à Liège, la notion de "francité" chère à un esprit clair et typiquement français d'un Marcel Thiry, un académicien lui aussi...
Cette fois, je suis d'accord avec vous. Mais vous devez reconnaître que les évènements vont dans le sens que nous désirons sans que nous soyons intervenus. Êtes-vous au courant du sondage qui créditerait le RWF du près de 7% des intentions de vote si nous devions retourner aux urnes? ce serait sorti dans Le Soir. Si vous êtes au courant, pourriez-vous en parler?
Effectivement, sur les 9323 internautes qui ont participé au sondage du "Soir", 632, soit 6,8% ont affirmé qu'ils voteraient pour le RWF aux prochaines élections. Les autres chiffres sont : pour le PS, 10%; pour le CdH, 18%; pour Ecolo, 25%; pour le MR, 29,1% et pour un autre parti, 5%. Les indécis représentent 5,7¨%
Le score est excellent pour le RWF, et pourtant, PAS UN MOT à ce sujet dans l'article lié proprement dit ! Bien au contraire, l'article commence par ces mots : "A première vue, le paysage politique évolue peu"(!)Alors que si cela se confirmait dans les urnes, un tel score du RWF serait un véritable séisme. On se demande de qui se moquent les gens du "Soir" et cela mérite bien une carte-réponse de notre part. Cela renforce encore ma conviction qu'il est plus que temps d'agir, de sortir du bois. Rendez-vous en janvier, ou plus tôt si les événements nous appellent..!Nous aussi saurons "prendre nos
responsabilités".
A propos de ce monsieur Bolle de Bal, j'apprends qu'il réside à Linkebeek, une des six communes à facilités du Brabant flamand et que, pour lui, Mme Milquet "se révèle une femme d'Etat de grande qualité". Son évolution est intéréssante, mais ne mérite pas les honneurs du site officiel du RWF.En reproduisant intégralement son courrier au "Vif-L'Express", le RWF y va de ce commentaire : "il nous apprend beaucoup sur le cheminement d'un homme déçu par des aspects inacceptables de son pays". Il y avaii donc des aspects acceptables dans ce pays artificiel, sans âme, sans nation, perpétuellement divisé contre lui-même ? Ou en est-on, chez les rattachistes, si on se réjouit de si peu ? De l'évolution d'un "périphérique" bruxellois, si peu représentatif de la Wallonie ?
La cause de ces francophones de la périphérie bruxelloise n'est vraiment pas la nôtre. Franchement, elle m'inporte peu, c'est la Wallonie qui m'intéresse et s'il faut abandonner ces gens là à leur sort pour conclure un accord de divorce avec les Flamands, pour moi, il n'y a pas à hésiter. Si le RWF se préoccupait un peu plus des Wallons ! L'évolution d'un Jean-Claude Marcourt pour des accords économiques entre la France et la Wallonie est autrementn significative que celle de ce monsieur Bolle de Bal, tout sociologue et professeur à l(ULB qu'il est.
Ce dimanche matin, à l'émission ertébéenne "La pensée et les hommes" qui traitait de BHV, M. Marcel Bol de Balle a expliqué, avec beaucoup de nuance et d'objectivité, le point de vue des Flamands et des francophones à propos de BHV et des communes "à facilités", en remontant à la fixation de la frontière linguistique en 1963, après le refus, l'année précédente, de 278 bourgmestres flamands dedistribuer le volet linguistique du recensement décennal. Il a rappelé le Pacte d'Egmont qui faillit être conclu avec la participation du FDF et de la Volksunie, mais que Léo Tindemans fit capoter. Auteur d'un ouvrageintitulé "Surrréaliste et paradoxale Belgique", paru en 2002, M. Bol de Balle, qui est conseiller communal PS à Linkebeek,a expliqué que la Belgique est un pays avec trois minorités : les Wallons par rapport aux Flamands majoritaires, les Flamands par rapport à l'hégémonie de la langue française et les Bruxellois, enfermés dans leur carcan, par rapport aux Flamands et aux Wallons... Contrairement à l'impression qu'il a pu donner dans sa lettre au "Vif-L'Express", il s'est dit "confiant en l'avenir de la Belgique" et a prôné, comme les écolos et les belgicains de "B+", la création d'une "circonscription nationale" dans laquelle des Flamands comme des Wallons pourraient se présenter. Dans ces conditions, je comprends mal ce qui a pu réjouir ou intéresser le RWF dans son attitude. Non seulement "une hirondelle ne fait pas le printemps", mais le sociologue de Linkebeek est-il une hirondelle ?
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