mercredi 18 juin 2008

Confédéralisme ? Non. Etats-Généraux de Wallonie : oui !

Dans Le Soir de ce mercredi, Philippe Moureaux, vice-président du PS et président du PS bruxellois, relance son idée de confédéralisme. Pour améliorer le sort de la Wallonie ? Non pas ! Pour sauver la Belgique, pour créer une nouvelle Belgique sur une base confédérale...
Le plus intéressant, dans l'analyse de M. Moureaux, c'est le constat qu'il fait : Il n'y a plus un seul domaine où les Flamands n'envisagent pas soit de trégionaliser totalement, soit de le faire partiellement. Il faut donc leur dire que nous sommes prêts à faire des pas dans le sens d'une défédéralisation forte de cetrtaines matières. Mais qu'eux doivent faire des pas vers nous et nos revendications. A commencer par ceci : la Belgique ne nous intéresse plus si on supprime la solidarité interpersonnelle(...)
La solidarité "interpersonnelle", c'est en réalité la solidarité "interrégionale", c'est à dire le financement par les Flamands d'une partie de la sécurité sociale des Wallons. Car c'est bien de cela qu'il s'agit et que personne n'ose reconnaître. C'est plus facile, pour M. Moureaux, d'oser le confédéralisme, plutôt que d'oser l'autonomie de la Wallonie et d'adopter, vis-à-vis de la Flandre, une attitude fière et digne.
Relevons aussi qu'en dehors de cette question de sous, la Belgique n'intéresse plus M. Moureaux, reconnaissant par là qu'elle ne représente vraiment plus grand chose. En un sens, c'est plutôt positif car au moins, il ne s'agit plus, dans le chef du PS, de belgicanisme émotionnel et bêlant, mais d'une affaire d'argent. Ou la Belgique est encore une "bonne affaire" et on la garde encore quelque temps sous une forme confédérale ( c'est la fameuse coquille vide !), ou cela devient une mauvaise affaire et on la jette. Remarquez que les Flamands raisonnent de la même façon et que le jour n'est peut-être loin où, au Nord comme au Sud, tout le monde sera d'accord pour dire que la Belgique n'est plus une bonne affaire...
La conclusion qui s'impose est qu'à part les nostalgiques du passé, la Belgique n'intéresse plus grand monde, qu'elle a fait son temps, qu'il faut résolument penser à l'après-Belgique.
A cet égard, la préparation et l'organisation des Etats-Généraux de Wallonie vient à son heure. C'est le moment ou jamais pour les Wallons de reprendre leur destin en main, comme ils l'avaient fait lors du Congrès National Wallon de 1945 et lors de l'insurrection wallonne de 1950 contre le retour du roi Léopold III. Quand ils le veulent, les Wallons sont capables d'un sursaut!
Ce vendredi, a lieu à Liège une réunion préparatoire pour ces Etats-Généraux. On y entendra des politologues, des professeurs d'université, des écrivains , des hommes politiques, des syndicalistes...
Tous les signataires du Manifeste sont invités. Venez nombreux à cette réunion, qui se tiendra dans la salle académique de l'Université, le 20 juin ,de 19h à 22h30. Venez débattre de l'avenir de la Wallonie et forcer son destin.
Le RWF de Liège et Liège-France soutiennent cette initiative.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Comme je l'ai lu quelque part, la proposition de Moureau, c'est empailler la bête sous prétexte de la sauver.
La vider de sa substance pour pouvoir continuer à prétendre qu'elle existe.

Une apparence de nation,sans idéal de liberté, sans le goût de la solidarité,sans la saveur de la fraternité et sans la perspective d'un destin commun.
Le tout sous contrôle de la Flandre...

A. Schreurs a dit…

Je réponds à Claude Thayse:

C'est tout-à-fait cela !