vendredi 25 juillet 2008

Dialogue de communauté à communauté ou dialogue...international ?

C'est M. Pierre-René Mélon, avec l'humour et la plume acérée mais combien lucide(1) qu'on lui connaît, qui pose la question dans un courrier publié par La Libre Belgique, sous le titre Idiotisme belgicain !
Encore un idiotisme belgicain pour éviter de dire "dialogue Flamands-Wallons" ou "dialogue Flamands-Francophones", voire "intrabelge", écrit notre ami. qui poursuit : On pourrait proposer "dialogue intercommunautaire"(...)mais dans "communauté à communauté", il y a un sentiment trompeur d'égalité, du genre "d'homme à homme" ou "les yeux dans les yeux". On est encore une fois dans le non-dit etle subliminal(...) Il faut abandonner cette locution perfide et préférer le "dialogue intercommunautaire". C'est un moindre mal. Personnellement, au vu de l'évolution politique, j'opterais pour "dialogue international".
Excellente idée, sauf que le mot "international" suppose qu'il ait en jeu deux ou plusieurs nations .Certes, il y a une nation flamande, mais peut-on parler d'une nation francophone ? PLusieurs hommes politiques l'ont évoquée, en paticulier Jean Gol et Elio Di rupo, mais était-ce autre chose qu'un argument dans le débat "communautaire", ou alors, dans leur esprit, une nation "en devenir" ? C'est ici qu'est le danger, car derrière cette idée, se profile la Belgique résiduelle, l'Etat Wallonie-Bruxelles, le Wallobrux ou la Brullonie...N'est-ce pas dangereux ?
Quant à l'idée d'une "nation wallonne", elle est non seulement inconsistante, mais inexistante. Elle a failli exister après la dernière guerre mondiale, en 1945 lors du Congrès national wallon, et en 1950, lors de l'insurrection contre le roi Léopold III, mais ce temps est révolu et de plus, ce frémissement national wallon n'était qu'un sursaut collectif - pas vraiment national - pour aller tous ensemble vers la France. La Wallonie est et restera une région et deviendra, nous l'espérons, une région de France.
En vérité, je crains qu'l n'y ait pas de mot qui convienne vraiment pour désigner ce "dialogue", comme il n'y a pas de mot pour désigner ce magma francophone rassemblant les Wallons et les Bruxellois de langue française. En tout cas, on n'en a jamais trouvé jusqu'à présent, il faut recourir à un adjecif : "francophone", ce qui n'est pas réellement un nom comme Wallon ou Flamand. Car la "nation francophone" est aussi introuvable que la "nation belge", pour reprendre l'expression bien connue de François Perin.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Rattachiste, et osant le dire depuis longtemps, Pierre-René Mélon n'a jamais mâché ses mots. Et il le fait toujours avec talent, le bougre !
Il ma autorisé à publier un texte écrit en 2007 à l'attention des Français de l'intérieur.
Le voici : http://www.claude-thayse.net/article-21426484.html
"Faut-il empêcher les Wallons de redevenir Français ? "

A. Schreurs a dit…

Pierre-René Mélon a écrit plusieurs excellents ouvrages,
notamment le "Petit glossaire de la sous-France", aux Editions "Talus d'approche", 2OOO,139 p., plus des notes. Voici commentl'éditeur qualifie son livre : "Illustré par l'exemple et agrémenté de considérations édifiantes et drolatiques sur l'"l'unitaroglossie", la micromanie", la "sirolâtrie" et autres pathologies de l'esprit finalement soulagées par un remède souverain, ce livre décrit les causes du malaise identitaire belge et propose une thérapie par le rire".

Anonyme a dit…

Monsieur Mélon a raison pour le perron liégeois. Il faudrait ajouter sur notre logo la pomme de pin et la croix. N'est-ce pas une tendance "laïque" de supprimer la croix ?