Les courriels que les lecteurs envoient aux journaux ne sont pas toujours aussi abscons que ceux relevés hier dans La Dernière Heure. Ainsi, dans Le Soir d'aujourd'hui, avons-nous relevé celui-ci, particulièrement lucide et intéressant. Intituté Pour la fin des transferts, il mérite d'être intégralement reproduit :
La seule solution me paraît être la fin des transferts financiers Flandre-Wallonie dont les Flamands ne veulent plus...Pourquoi la Wallonie a-t-elle peur de se prendre en charge ? C'est quand même le seul cas, à ma connaissance, où c'est la majorité d'un pays qui veut se séparer d'une minorité...qui ne veut pas se prendre en charge...Si vraiment, comme le disent les politiciens wallons (à mon avis irresponsables), les transferts flamands ne sont qu'une illusion, pourquoi ne pas imaginer de s'en passer ? C'est un discours contradictoire que de dire que les transferts flamands n'existent pas et d'autre part de crier "au secours" si les Flamands nous laissent tomber...
Excellente analyse, intelligente, digne, qu'on voudrait entendre plus souvent dans la bouche des militants rattachistes, plutôt que les sempiternelles diatribes contre Flamands "racistes", "intolérants", qui ne respectent pas les "droits de l'homme" dans les communes "périphériques", etc, des problèmes qui ne concernent pas ou peu les citoyens wallons.
Après avoir reçu le président de la Chambre, sitôt la démission du premier ministre, le roi Albert II a convoqué au château de Laeken les ministres-présidents des trois Régions - des trois Etats fédérés, comme disent avec raison les Flamands -, avant même les présidents de partis. C'est une "première" qu'il faut souligner, car par ce geste, le roi évolue manifestement vers une logique confédérale, en tout cas une conception du fédéralisme dans laquelle les Régions priment sur le Fédéral. C'est la "révolution copernicienne" annoncée par le Premier flamand, M. Kris Peeters..
C'est quand même symptomatique à la veille de la fête royale du 21 juillet que certains, dans le Soir, proposent de bycotter.
Ce n'est toutefois pas le cas à Liège où Le Soir, précisément, consacre une demi-page à "l'événement", alors qu'il n' avait pas eu un mot pour annoncer la fête du 14 juillet. Manifestement, le formidable succès de la fête du 14 juillet est resté en travers de la gorge de son rédacteur, un certain Philippe Bodeux. Jugez-en par cette prose revancharde : Noir-jaune-rouge toujours ! Ce 21 juillet, la Cité ardente fête la Belgique, n'en déplaise aux nombreux Liégeois qui vouent une amitié pour(sic) les voisins(sic) français et fêtent avec ferveur le 14 juillet. Voire, pour(sic) certains, qui prônent un rattachement à l'Hexagone.
Un petit bal aux lampions sera organsé par le Mad Café du Madmusée (tout un programme!) dans le parc d'Avroy, près du vieux kiosque à musique à moitié croulant. On annonce la présence de 1500 personnes à cette grande fête populaire gratuite .1.500 Liégeois pour fêter la Belgiëque et son roi, 35.000 pour fêter la France et sa République... La comparaison se passe de commentaire !
Pourtant, il y a quand même un commentaire à faire. Pour être sûrs d'avoir un peu de monde, les organisateurs - dont l'échevin CdH Jean-Pierre Hupkens, échevin non de la Culture, mais des cultures! -ont imaginé de fêter, en même temps que la Belgique, Nelson Mandela, le sympathique et courageux leader noir sud-africain, qui vient d'avoir 90 ans. Une manière de faire la nique aux Flamands, dont les Afrikaanders sont les cousins germains ?Et de rappeler que Liège a voté la charte contre le racisme. M. Bari Basomboli, "porte parole de la campagne pour le dialogue interculturel",fait d'ailleurs le parallèle entre l'Afrique du Sud et la Belgique, où se pose la même question : comment vivre ensemble ? Les Flamands et les Wallons seraient donc aussi différents que les Blancs et les Noirs ?
3 commentaires:
Le parti rattachiste se réjouit, avec raison, du succès remporté par son action "banderoles" sur les ponts des autoroutes de Wallonie pour le 14 juillet. C'est en effet un beau succès ! Dommage qu'il y ait cette association avec Bruxelles, dont on se passerait vraiment bien! Il aurait fallu deux sortes de calicots : des calicots pour la Wallonie et d'autres pour la région de Bruxelles.Ca n'aurait pas coûté plus cher !
Monsieur Rasquin, vous avez tout à fait raison. Si les wallons doivent avoir une solidarité avec les francophones de Bruxelles, face à la dictature flamande, ils ne doivent en aucun cas combattre à leurs côtés car la Wallonie désire de plus en plus avoir son propre destin, indépendant d'une capitale qui ne pense qu'à recueillir les fruits du travail des régions qu'elle domine.
En ce sens, les flamands toujours prévoyants dans le stratégie de conquête de la belgieke ont établi leur capitale dans la capitale, marquant ainsi l'expression de leur volonté de prise en main totale du royaume (si peu royaume et plutôt république bananière).
Car brussel dans leur main, il ne restera que deux solutions: accepter la colonisation déjà bien avancée de la Wallonie ou le départ vers la France.
Il va sans dire que si la deuxième option est gagnante, j'en aurai une reconnaissance à un nationalime brutal de la Flandre.
La Wallonie sauvée malgré elle !
Monsieur Thirion,
C'est assez amusant ce que vous dites (sans ironie aucune) car justement, nombre de nationalistes flamands sont reconnaissants aux politiciens francophones ! En effet, par leur attitude intransigeante et leurs maladresses, ils contribuent à radicaliser énormément l'opinion flamande, un résultat auquel les nationalistes désespéraient de jamais parvenir. Certains parlent même d'ériger une statue à Mme Milquet !
Un séparatiste flamand qui salue ses "collègues" de l'autre bord.
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