jeudi 10 juillet 2008

Malbrough s'en va-t-en guerre, mironton, mirontaine...

C'est reparti ! Bruxelles doit devenir la 24ème région française. Pourquoi ? Pour y garder l'Europe.(...) Beaucoup de régions françaises ont des statuts particuliers. Bruxelles en aura aussi pour sa minorité flamande.
Tels sont les propos très réalistes qu'on a pu lire dans les quotidiens hautement intellectuels du groupe Sud Presse : La Meuse, etc.
Car il est évident que les Bruxellois, dans leur toute grande majorité, ne souhaitent que cela : que leur région devienne une Région de France, de cette grande République qu'ils vénèrent bien plus que la monarchie belge. Ne le prouvent-ils pas à chaque élection en accordant de 1.500 à 2.000 voix au RBF ?
Et puis l'Europe ne pourra que se réjouir d'avoir deux capitales en France : Bruxelles et Strasbourg, avec l'OTAN en prime, déjà reliées par un nouveau Thalys ! Ce sont tous les belgicains, les anglomanes, les Mohamed qui vont être contents. Talleyrand n'aurait pas mieux fait que le grand stratège "réunioniste". Ce ne sera même pas la peine de consulter les Bruxellois, leur opinion est connue d'avance, n'ont-ils pas toujours été profrançais? Et les Flamands seront d'accord également, ils seront tout heureux d'obtenir des "facilités" pour les nouveaux Français "néerlandophones"de la 24ème région de France !
Non mais vraiment, tout baigne ! Comment n'y a t-on pas pensé plus tôt ? On va enfin sortir du pot au noir, des discussions sans fin, des tensions communautaires, des malentendus, des coups de jarnac, des "demandeurs de rien", des propos nationalistes ou même racistes. La Flandre n'apparaîtra plus aux yeux du monde comme "un Etat voyou", avec son Wooncode, ses circulaires "Peeters", son refus de nommer bourgmestres de braves conseillers communaux francophones qui refusent d'appliquer la loi. Fini tout cela ! Et à Bruxelles, plus de Palais royal, plus de colonne du Congrès, plus de manneken-pis, plus d' Omegang, plus de Mayboom, plus de Zinneke parade.
Tous les noms des communes seront francisés sous les hourras de la population : Watermael deviendra Vatermal, Molenbeek Moulinruisseau. L'Atomium sera atomisé, il n'y aura plus de ring mais un périphérique, les statues de Léopold 1er, de Léoplod II et d'Albert 1er seront déboulonnées comme celle d'un vulgaire Staline. Le Vlaams Parlement sera transformé en musée, la rue Royale sera forcément débaptisée et la basilique de Koekelberg deviendra celle du Montcormeilles.
Vous voyez comme tout est simple : le Talleyrand du XXIème siècle a tout prévu !Tout sauf une chose, c'est que les Bruxellois ne voudront jamais devenir français et qu'ils préféreront - et je les comprends - que leur région se mue en une ville libre internationale , où ils resteront maîtres chez eux, comme l'ont suggéré François Perin et René Swennen...

6 commentaires:

Anonyme a dit…

C'est évident que les Bruxellois ne se résoudront jamais à devenir la 24è région de France, alors que leur ville est une grande capitaleeuropéenne.
Vous vous rendez compte de la rétrogradation que ce serait pour eux ! Il faut être fou pour imaginer cela ou en tout cas n'avoir aucun sens politique, aucun sens des réalités. Ceux qui proposent cela ne connaissent pas les Bruxellois.
Et mettre sur le même pied la Wallonie et Bruxelles comme futures Régions de France, moi ça me choque, car c'est faire bien peu de cas du caractère profondément roman de la Wallonie. C'est commettre la même stupidité que les Allemands quand ils ont annexé la Lorraine en même temps que l'Alsace, la Lorraine romane et l'Alsace germanique. Et ici, c'est encore pire : comment peut on comparer une agglomération urbaine de 19 communes, avec un territoire de 40.000 m2 comme la Wallonie, avec ses villes et ses campagnes ? Ca n'a aucun sens ! Je ne comprends pas qu'un homme intelligent, un rattachiste wallon sincère puisse défendre un tel scénario? C'est franchement débile !

Anonyme a dit…

Les Bruxellois ont un complexe de supériorité évident. Capitale de la belgique, capitale de l'Europe et même capitale de Flandre (Je ne les ai pas beaucoup entendu protester pour ce choix flamand d'implantation sur leur territoire dit francophone).

Il ne peuvent donc en aucun cas (sauf quelques vrais wallons qui y vivent) accepter une tutelle quelconque fut-elle parisienne ?

En effet, une capitale d'une autre dimension ne pourrait que nuire à leur ego.

Enfin, ils aiment les Wallons à condition qu'ils acceptent leur culture dite "belge", genre zinneke parade". En bruxellois zinneke veut dire sans race. C'est dire qu'ils ne se sentent héritiers de personne.

La seule chose qu'ils réclament à cor et à cri, c'est l'argent des régions pour la plus grande gloire de leur ville.

Il serait peut-être temps de casser la légende comme quoi Bruxelles fait vivre le pays et de retourneer à une réalité concrète, une capitale vit de ses provinces qu'elle exploite. Bruxelles est plus une vitrine qu'une zone de création de richesse !

Anonyme a dit…

Vous avez tout-à-fait raison, Monsieur Thirion,mais comment faire comprendre cela à certains de nos bons amis du RWF de Liège pour lesquels cette question de Bruxelles semble être un tabou ?

Ils confondent ou mettent sur le même pied le combat rattachiste à la France de la Wallonie et la défense des francophones dans le monde entier et donc aussi à Bruxelles.

Comment leur ouvrir les yeux ?

Monsieur Schreurs et ses amis essayent depuis longtemps, mais on ne les écoute pas. Est-ce parce qu'ils subissent l'influence de la pensée de Monsieur Gendebien, qui vient encore de publier un livre "probruxellois", ou est-ce leur vision propre des choses ?

On ditait que ces militants, certainement très sincères, font l'impasse sur toute l'évolution du Mouvement wallon,dont ils ne connaissent pas l'hstoire et le plus étonnant, c'est que ça ne les intéresse pas. Pourquoi ?

Parce que, voyez-vous, ils raisonnent et réagissent comme les militants wallons de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème, qui défendaient à la fois la Wallonie mais aussi et peut-être plus encore les francophones de Flandre. Ils se sont battus contre le bilinguisme en Wallonie et pour le maintien d'une université de langue française à Gand... Sur le plan linguistique, c'était quand même une attitude assez impérialiste...

Pendant l'entre-deux-guerre, le Mouvement wallon a fortement évolué et a commencé à centrer son action et son combat sur la réalisation de l'autonomie de la Wallonie par le fédéralisme, impliquant l'unilinguisme aussi bien de la Flandre - Brabant et périphérie compris - que de la Wallonie.

Cette option a été défendue par le Mouvement wallon, de façon très ferme, jusqu'à l'apparition du FDF sur la scène politique? En défendant les "francophones" de Bruxelles et de la "périphérie", le FDF, auquel le Rassemblement wallon (RW) s'est allié pour des raisons électorales et pour pouvoir constituer ensemble un groupe politique au Parlement, a fait rentrer le Mouvement wallon dans la confusion de ses débuts.
Ce fut le commencement des divisions, des querelles de personnes,des luttes fratricides, Monsieur Gendebien, par exemple étant tour à tour l'allié puis l'adversaire du FDF, créant une scission au sein du RW, puis lâchant le RW pour fonder l'ADW et rejoindre le PSC dont il devint chef de groupe au Parlement wallon, avant d'être désigné comme Délégué de la Communauté française à Paris, avec l'appui des francophones.

Vous suivez toujours ?

Voilà ce qu'il faudrait enseigner aux militants, sans parti pris, en toute objectivité.

Anonyme a dit…

Pour répondre au premier commentaire, je signale que la petite partie nord-est de la Lorraine, annexée par l'Allemagne était bel et bien germanique, on y parle en effet le dialecte luxembourgeois.

Anonyme a dit…

Correction de deux fautes de frappe à la demande de l'auteur du dernier commentaire

- Au dernier §, lire "viable" au lieu de vivable,
- Au lieu de "2007", lire "2008".

Anonyme a dit…

Si les flamands n'étaient pas là avec leurs revendications et leur volonté de s'émanciper de l'Etat "Belge", chez nous en Wallonies, on n'entendrait même pas parler de l'idée rattachiste. Moi, je constate que ce sont les Flamands qui font tout le boulot et que nous, les rattachistes wallons, nous nous laissons bercer par la la vague nationaliste flamande. La volonté de s'émanciper de l'Etat belge, transcende toute la classe politique et intellectuelle, actuellement en Flandre. La volonté autonomiste est une lamme de fond chez eux, et celle-ci s'est développée depuis la naissance de l'Etat "Belge". Et chez nous ? A quand un grand mouvement nationaliste et révolutionaire Wallon en Wallonie ? Il y a peu, un Congrès préparatoire des Etats Généraux de Wallonie s'est tenu à Liège. Il se réunira de nouveau en septembre. Espérons que celui-ci sera relayé et qu'il débouchera sur une véritable dynamique politique alternative. Je rêve d'une Wallonie fière d'elle-même, volontaire, et ambitieuse.