mercredi 30 juillet 2008

Une médiation internationale par le "High Commissioner on National Minorities" ?

C'est Claude Thayse qui nous l'apprend sur son blogue-notes. Selon l'agence Belga, le sénateur bruxellois MR Alain Destexhe estime qu'il faudrait une médiation internationale pour résoudre la crise politique belge et dégager un nouvel accord communautaire. Il avance pour cette périlleuse mission le nom de M. Knut Vollebaek, un ambassadeur norvégien actuellement Haut commissaire aux Minorités nationales de l'OCDE.
Quand on sait que M. Vollebaek est intervenu dans le règlement du processus de paix au Sri Lanka entre le gouvernement et les Tigres de la Libération, ainsi que dans les négociations entre le gouvernement de la nouvelle Croatie indépendante et la "République Krajina" et qu'il est aussi intervenu dans le règlement du statut du Kosovo, on se dit que la situation de la Belgique est encore bien plus grave qu'on ne le pense et que nos problèmes interethniques valent bien ceux de l'ex Yougoslavie !
Merci à M. Destexhe pour cet aveu implicite.
Mais où le distingué sénateur voit-il, dans ce pays, un problème de "minorités" ? La Belgique se compose de trois régions, deux unilingues - la wallonne et la flamande - et une bilingue, la bruxelloise. Il y a aussi trois communautés : la française, la flamande et la germanophone. Ou voit-il des "minorités" ? Ah ! il pense sans doute aux bruxellois "périphériques" et aux autres francophones qui se sont expatriés en Flandre, dans le Brabant flamand ? Mais ce ne sont pas plus des minorités que les "communautés" que constituent les étrangers immigrés : italiens, espagnols, roumains, arabes...Va-t-on les considérer aussi comme des "minorités nationales" ? Bon amusement, et vive les ghettos !
Mais au fait, M. Knut Vollebaek est norvégien...Que ne vient-il plutôt nous expliquer comment c'est faite pacifiquement, en 1905, la séparation de la Norvège et de la Suède! Il y a peut être là un bon exemple à suivre, si les rattachistes wallons arrivent à s'entendre avec les nationalistes flamands pour une séparation à l'amiable. C'est cela qui serait intéressant comme médiation "internationale". Car pour que la Wallonie puisse se rattacher à la France, il faut d'abord qu'elle soit détachée de la Flandre (et de Bruxelles). Il ne s'agit donc pas d'une question de "minorités nationales" - il n'y en a pas en Belgique - mais de la manière de réussir le plus harmonieusement possible la séparation entre la Flandre et la Wallonie. Le reste n'est que billevesées ou contorsions électoralistes. A "Liège-France", cela ne nous intéresse pas.

10 commentaires:

Anonyme a dit…

Décidément, Monsieur Schreurs, vos analyses sont d'une lucidité extraordinaire. C'est évidemment vous et vos amis qui voient clair. Il faut profiter de la vague rattachiste actuelle pour impressionner les Flamands et négocier avec eux la scission de la Belgique. S'ils se rendent compte que les Wallons sont prêts à les envoyer promener et à s'unir à la France, ils perdront tout espoir de pouvoir encore dominer la Belgique et se replieront sur la solution de l'indépendance.Adieu donc la Belgique confédérale que craignent certains Wallons.
Je me demande comment les "autres" rattachistes ne comprennent pas ça ?

Anonyme a dit…

Parce qu'ils vivent dans leur groupement comme dans une secte. Ils ne se sont pas encore détachés intellectuellement de leur grand Gourou qui les aveugle complètement et les flatte. Je le sais bien moi puisque j'en viens.
Afin d'adhérer à la France, il faut que la Wallonie puisse se vendre auprès des français. Cela suppose plusieurs démarches préparatoires:
Premièrement, il faudra d'abord que la Wallonie se détache proprement de l'Etat belge. Cela, elle ne pourra le faire que dans une concertation pacifique avec les flamands.
Deuxièmement il faudra que la Wallonie prouve aux français qu'elle ne sera pas un boulet aux pieds la République. Il faudra vendre une Wallonie comme région fière d'elle-même parce qu'entreprenante, travailleuse, volontaire, sachant se débrouiller elle-même et ambitieuse.
Troisièmement il ne faudra pas que nous exportions en France nos problèmes de populations linguistiques belgo-belges que la République répugnera de prendre en charge. Cela suppose une homogénéité linguistique française indiscutable dans tout le territoire Wallon. Ainsi, il faudra également laisser la population germanophone (d'origine allemande) se prononcer elle-même sur son avenir.
Quatrièmement, il faudra que les Wallons montrent aux français qu'ils éprouvent un amour véritable de la France, sincère et profond, qu'ils adhèrent à l'histoire, aux lois et à l'esprit de la République. Vouloir adhérer à la France seulement pour les vacances ou par dépit ou par opportunisme, risque d'être un peu court et de faire mauvais genre.
Cinquièmement, il faudra que tous les Wallons versent définitivement leur reliquat de belgitude aux oubliettes. Nous seront en République Française, tous nos regards seront dirigés vers Paris et notre drapeau national sera tricolore bleu-blanc-rouge. Vive la République Française Une et Indivisible ! C'est la raison pour la quelle le Projet de "Belgique Française" de M. Daniel DUCARME, est une horrible énormité, est purement insoutenable et carrément à proscrire. La Wallonie, que je sache, n'est pas une île située au milieu de l'océan pacifique.
A Liège-France, avec l'aide des Etats Généraux de Wallonie, nous comptons préparer l'opinion publique à France.
Marc HANSEN, à Liège, ce jeudi 31 juillet 2008

Anonyme a dit…

je suis absolument d'accord, et je suis certain que si les politiciens flamands se rendent compte que la Wallonie a réellement une "porte de sortie" autre que de passer sous leurs fourches caudines ils devront composer lors des discussions du partage des biens et admettre qu'ils se trouvent devant un interlocuteur valable.
Quant à Bxl et ses habitants je ne les vois pas se tourner vers la France, à part peut-être quelques Wallons expatriés; de toutes façon Bxl est, que l'on le veuille ou non en Flandre et la seule solution sera d'en faire une ville internationale multilingue, sinon nous nous retrouverons avec un Jérusalem belge

Anonyme a dit…

Que de commentaires auxquels j'agrée, il suffit de voir mon blogue. Mais pourquoi encore une fois parler des autres? Pourquoi cette haine envers leur président et pourquoi cette volonté destructrice envers leur combat?

Il est différent. Et alors. Il va dans le même sens.

Vous ne l'aimez pas ?
Vous lui prêtez des intentions personnelles ?
Vous affirmez que ceux qui le suivent sont des idiots ?

Alors, pensez-le et ne dites rien car qui sait de quoi l'avenir se compose et les blessures sont souvent difficiles à soigner, même chez les gens de bonne volonté !

Anonyme a dit…

Il y a de très bonnes choses dans ce que dit Marc Hansen, mais je regrette l'expression "vendre la Wallonie".Nous nous "donnerons" à la France et celle-ci est prête à nous "ouvrir les bras".

Anonyme a dit…

Je crois que Jongen répondait à Philippe Rasquin.

Anonyme a dit…

Il ne faut pas rejeter d'emblée l'idée de Monsieur Ducarme, qui va quand même dans la bonne direction. Qui sait, ce serait peut-être une étape vers une réunion intégrale ? Mais s'il doit y avoir un statut particulier pour nous, je préfère que ce soit un statut comme celui de l'Alsace ou de la Corse et qu'il ne concerne que la Wallonie, Bruxelles pouvant devenir une ville libre internationale en conservant la monarchie des Saxe-Cobourg. Monaco, qui est citée comme exemple, a bien sa dynastie princière; pourquoi pas aussi Bruxelles ?

Anonyme a dit…

Mme Josette Shippers, par l'expression: "pour que la Wallonie puisse se vendre à la France", je veux dire: "pour que la Wallonie soit suffisamment présentable aux yeux des Français pour qu'elle puisse se faire accepter par eux sans regret aucun" et non "vendre" dans son sens traditionnel qui est d'"échanger un bien matériel contre de l'argent", bien évidemment. Donc j'emploie ici "se vendre à ..." dans le sens d'"être présentable à ...". Me suis-je bien fait comprendre ?

A. Schreurs a dit…

Je suis bien d'accord avec vous, Monsieur Thirion. Je regrette comme vous la première phrase du commentaire que vous évoquez. Je suppose que son auteur a été très blessé par certaines attitudes et les reproches qui lui ont été faits et de ce point de vue, je le comprends, d'autant que c'est un homme sincère, très fidèle dans ses convictions et peut-être souffre-t-il de ce qu'il considère comme des attitudes électoralistes et un refus du débat et des échanges de vues, qui l'exaspèrent. J'essaye de le comprendre. Mais vous avez raison : il faut que ce genre de critiques personnelles cesse et que le débat ne porte que sur des questions d'idées, de stratégie, et non de personnes.

Anonyme a dit…

Entendu, message reçu.