dimanche 31 août 2008

N'ayez donc pas peur !

Sous ce titre, la présidente du CD&V, Mme Marianne Thyssen, publie un long article dans La Libre Belgique de ce week-end. Elle constate que, depuis plus d'un an, le fossé entre néerlandophones et francophones n'a jamais été aussi important dans ce pays, non seulement au niveau politique, mais également dans les médias, dans le coeur et dans l'esprit des citoyens.
Mme Thyssen se veut dès lors rassurante envers les francophones :le CD&V ne veut pas la scission du pays car, écrit-elle, celle-ci est fondamentalement contraire à une réforme de l'Etat: En toute logique, c'est l'un ou l'autre : ou bien on essaye de réformer l'Etat de façon à envisager un nouvel avenir et un nouvel élan, ou bien on abandonne le pays. Nous choisissons très clairement la première option. Curieuse logique et argument spécieux, quand on connaît le poids de la N-VA séparatiste dans le cartel formé avec le CD&V. Mais il paraît, selon Mme Thyssen, que la N-VA aspire tout comme le CD&V à une réforme de la Belgique ! Elle y aspire, certes, mais avec une philosophie et des objectifs différents, puisque pour la N-VA, cette réforme n'est qu'un pas - un grand - vers la disparition du pays !
Franchement, pour qui la présidente des démocrates chrétiens flamands prend-t-elle les francophones et les Wallons, avec des raisonnements pareils ? Pour des petits enfants perdus incapables de se prendre en main ? N'ayez donc pas peur, la (grande) réforme de l'Etat est un projet d'avenir pour l'entièreté(sic) du pays, et non pas un match de boxe opposant le Nord et le Sud, avec Bruxelles au milieu. Sans une profonde réforme de l'Etat, nous ne pouvons pas faire le nécessaire pour votre( sic) avenir. Dank u, Mevrouw Thyssen, maar voor onze toekomst, is uw hulp niet nodig. Il n'y a plus d'avenir possible en Belgique pour les Wallons. A cet égard, nous partageons le point de vue de M. Bart De Wever : seule une franche séparation entre Wallons et Flamands permettra aux deux peuples de s'épanouir. Les Wallons ne sont pas seuls au monde; leurs frères français - dont ils partagent la langue et la culture - sont prêts à les acceuillir dans un grand pays qui leur redonnera la dignité et la fierté que le régime belge leur a enlevées. La seule chose que vous puissiez faire pour nous "aider", c'est de dire, comme M. Lionel Vandenberghe au pélérinage de l'Yser : scheiden, beste Waalse vrienden, scheiden en gaan naar de notaris...
C'est cela qu'il faut dire aux responsables politiques flamands, mais aussi aux Wallons, et expliquer inlassablement à ceux-ci qu'il sont des français de l'extérieur, qu'ils ne diffèrent pas des autres Français, souligner tous les avantages de faire partie d'un grand pays, mettre en exergue la bonne administration de la France et de ses grandes villes, comme Lille par exemple, où la gestion de la Municipalité est exemplaire, où la Communauté urbaine -que l'on peine tant à réaliser à Liège - est une réussite due à l'ancien maire Pierre Mauroy, une ville propre où, depuis longtemps, les bus urbains ne polluent pas parce qu'ils roulent à l'oxygène... Il ne manque pas de travail pour les rattachistes, pour autant qu'ils se consacrent à l'essentiel et ne se perdent pas dans des considérations secondaires ou changeantes, qui ne convainquent personne...

9 commentaires:

Anonyme a dit…

Vous avez raison sur beaucoup de points. Néanmoins, vous commettez, me semble-t-il, quelques erreurs d'appréciation.

1) croire que les Wallons raisonnent en tant que Wallons.

2) oublier que les Wallons se sentent Belges et pas Wallons.

3) oublier qu'il n'y a peut-être PLUS de peuple Wallon depuis belle lurette.

En effet, où est-elle cette identité wallonne? Qui la partage encore aujourd'hui hormis une infime minorité ? Pourquoi y a-t-il si peu de jeunes parmi les réunionistes ? Se sentir Wallon est-ce la même chose que se sentir Français ? Est-on Français parce qu'on parle le français ?

De même, les récents sondages n'indiquaient absolument pas un sentiment d'appartenance à la France... mais une attitude de fuite qu'on peut résumer ainsi :"Si et seulement si les Flamands déclarent leur indépendance, alors nous deviendrons français parce que nous sommes incapables de nous en sortir seuls."

Avouez que nous sommes très, très loin d'un sentiment collectif d'identification à la France. Et encore une fois : les Flamands sont bien trop rusés pour endosser la responsabilité d'une scission du pays.

Avant de vouloir devenir Français, il faudrait d'abord vouloir redevenir Wallon, retrouver une *dignité*, ce qui est loin d'être joué. Bref, nous sommes belgifiés pour longtemps encore.

Cordialement,

NRW

Anonyme a dit…

Je crains que NRW ait raison, sauf qu'on pourrait quand même tenter de faire prendre conscience aux Wallons, en commençant peut-être par les Liégeois qu'on sait francophiles, que la langue n'est pas qu'un instrument de communication et que "parler français" signifie plus que cela, au minimum l'appartenance à la francophonie dont la France est l'origine et le foyer.

On ne peut dissocier la langue française de la culture française et la culture française de la France, même si la richesse de la francophonie est qu'elle est plurielle.

Si la Communauté "française" Wallonie-Bruxelles avait fait son travail, si la convention conclue avec la République française était appliquée, si l'histoire du pays wallon et de ses relations avec la France et le monde français était enseignée dans nos écoles, la situation serait sans doute différente. Il n'est jamais trop tard pour bien faire.

Mais alors, si votre analyse est exacte, à quoi sert un parti rattachiste, qui plafonne depuis neuf ans à un score de 25 à 30.000 voix ? Quel est l'argument qui pourrait amener un plus grand nombre de Wallons à voter pour le RWF ? Ne faudrait-il pas en revenir à un mouvement plutôt qu'un parti, qui serait un Groupe de pression , de propagande et de conscientisation, comme à l'époque du mouvement pour le Retour à la France ? On parlait quasi autant du rattachisme dans les médias alors qu'aujourd'hui. Et nous aurions avec nous des personnalités d'autres partis...

Qu'en pensez-vous ?

A. Schreurs a dit…

Quand vous voyez les programmes de rentrée de la RTB(f), qui sont de plus en plus "belges", on a vraiment le sentiment d'une trahison, en tout cas d'un détournement complet des objectifs de départ de la Communauté "dite française". Dans les "nouvelles" fictions "belges" annoncées, on relève en effet la poursuite de "Melting pot café", cette émission d'une rare vulgarité qui est tout sauf francophone, une série judiciaire "axée sur le sysyème belge". On trouve également "le 7è jour", inspiré du "Zevende dag" de la VRT, "Manneken Pis : l'enfant qui pleut" et, pour les enfants wallons et bruxellois, "Les Niouz de Flandre" : un journal hebdomadaire (sic) présenté en néerlandais et sous-titré en français...

Anonyme a dit…

Pourquoi les "élites" ont-elles trahi? Mais regardez à qui ils lèchent les bottes et regardez l'argent, les titres, les dotations qu'ils obtiennent en échange. Tout s'éclaire.

Alors que les représentants flamands représentent le peuple flamand, les représentants francophones (on ne parle même plus de Wallons) représentent... leurs intérêts de loges, de chapelles et de palais. Nous autres Wallons, nous sommes les sacrifiés d'une nomenklatura occultocrate.

En revenir à un mouvement de pression? Oui, pourquoi pas.

D'autre part, pourquoi seuls les Flamands auraient-ils le droit d'être nationalistes? Pourquoi devrait-on avoir honte d'être nationaliste wallon ? C'est bien beau de se proclamer "citoyen du monde" et de délocaliser ses petites affaires quand la météo se gâte. C'est bien beau aussi d'encourager le dumping social en déplaçant, en déracinant des populations, tout ça sous le couvert de la "société multiculturelle."

Quitte à faire hurler les bobos, et puisque les réunionistes sont déjà exclus des médias, vilipendés dans la presse, pourquoi ne pas tisser des liens avec des mouvements identitaires français?

NRW

Anonyme a dit…

Je visionne les divers sites rattachistes et je suis effaré de ce qu'on peut lire sur certains d'entre eux.

Par exemple celui de Monsieur Thirion, qui s'enferme dans son complexe anti-flamand et passe son temps à décrire ce qu'il appelle - justement d'ailleurs - le cirque politique belge.

Cela vaut-il encore la peine d'en parler ? C'est tellement évident!

Que veut dire l'auteur en soulignant le fait que "les Flamands sont demandeurs et que nos politiques francophones demandent peu, si peu et encore, ce ne sont pas eux qui veulent le changement" ? Cela signifie-t-il que les francophones devraient demander plus ? Si oui, demander quoi ? Un divorce à l'amiable, comme le propose M. Thirion ? Bien sûr, mais il sait bien que les Wallons et les Bruxellois ne le feront pas et que si divorce il y a, ce ne peut être que grâce à l'action des Flamands.

Son sentiment anti-flamand l'empêche de tirer les conclusions de ses propres analyses. Le titre de son article est révélateur : "Quo Vadis, Domine?" ( Où vas-tu, Maître ?). Car il considère les Flamands comme des "Maîtres" qui veulent simplement "mettre leur personnel (wallon et bruxellois) au pas" !!!!

Nous mettre au pas ? En quoi ? En ne nommant pas les trois candidats-bourgmestres ultra-belgicains de la périphérie bruxelloise ? En voulant scinder BHV ? Mais ils ont raison ! Et en quoi cela concerne-t-il les Wallons ? BHV n'est qu'une survivance de la Belgique unitaire de grand-papa.Qu'on nous en débarrasse au plus vite !

M. Thirion reproche aux Flamands "d'avancer "pas par pas, étape par étape, comme ils l'ont fait depuis 1962 vers un fédéralisme puis un confédéralisme dominateur où la région la plus riche exploiterait encore mieux la plus pauvre".

Mais c'est archifaux ! Les Flamands n'étaient pas fédéralistes, ce sont les fédéralistes wallons qui, en prenant des contacts fructueux au Nord, les ont convaincus, dans les années '50, de de venir fédéralistes. C'est grâce à eux que les revendications fédéralistes des Wallons ont pu être réalisées. Comment peut-on méconnaître l'histoire à ce point ?
Et l'auteur ignore sans doute aussi que le fédéralisme voulu par les Wallons était quasi du confédéralisme. M. Thirion n'aurait-il jamais lu l'"Encyclopédie du Mouvement wallon" ?

Certes, nous avons été exploités pendant un certain temps, sur le plan économique, mais n'oublions quand même pas que, depuis un certain temps également, les Wallons vivent aux crochets des Flamands et que c'est pour cela qu'ils "s'accrochent" , c'est le ca de le dire, à ce que les présidents des partis francophones nomment hypocritement la "solidarité interpersonnelle"...

Et si on demandait aux Wallons et aux francophones de faire montre d'un peu plus de dignité ?

Anonyme a dit…

Oui c'est vrai, Mme Thyssen a l'air de s'adresser à des enfants. Et c'est effectivement l'impression qu'on a souvent lorsque que l'on observe des politiciens flamands s'adressant directement aux francophones.

Mais faut-il s'en étonner? La réaction francophone aux exigences flamandes EST infantile. Au lieu de dire quelque chose comme "non, désolés, mais une Belgique confédérale on n'en veut pas, aussi vaut-il mieux nous séparer", les francophones nient la réalité politique en essayant d'annuler les revendications flamandes. C'est l'attitude de l'enfant qui refuse de grandir. Les flamands, qui eux n'ont pas le courage politique de suivre leur logique jusqu'au bout, s'efforcent alors de raisonner l'enfant francophone.

Anonyme a dit…

Monsieur Thirion a répondu, sur son blog personnel, à mon récent article.
Si je comprends bien, ses sentiments anti-flamands proviennent surtout des difficultés et des vexations qu'il a eues de la part des dirigeants flamands de son entreprise au cours de sa carrière.
Sur le plan politique, M. Thirion persiste toutefois dans des analyses faussées par ses entiments, mais qui ne correspondent pas à la réalité et il s'attache à des détails plutôt que d'avoir une vue d'ensemble. C'est le propre des réactions émotionnelles.

L'important n'est pas d'aimer ou non les Flamands, mais de comprendre, une fois pour toutes, que ce sont eux qui sont susceptibles de provoquer la scission de la Belgique - et donc de permettre à la Wallonie de se réunir à la France - et qu'à ce point de vue, ils sont nos "alliés objectifs".

Il faudrait vraiment que M. Thirion fasse l'effort de lire "l'Encyclopédie du Mouvement wallon" pour avoir un jugement sain de la situation. Mais elle comporte plus de 3.000 pages...

Je n'ai jamais dit ni pensé que M. Thirion serait un "mauvais rattachiste". Ou va-t-il chercher de telles idées ? Il ne pense pas et ne réagit pas comme nous, c'est tout, et il n'est pas le seul, il y en a comme cela au RWF, qui sont en quelque sorte des néophytes, au demeurant très sincères.

Mail il y a une phrase très révélatrice dans sa réponse :" JE NE PEUX RENIER L'AMOUR POUR LA BELGIQUE ET POUR LE ROI QUE MON PERE A EU, LUI QUI A SUBI LE FEU ALLEMAND LORS DE LA BATAILLE DE LA LYS ". Comparé aux résistants de "Wallonie Libre", farouchement anti-belges et anti royalistes qui, lors de la dernière guerre mondiale, ont été arrêtés par la Gestapo, et déportés dans les sinistres camps nazis ou plusieurs ont trouvé la mort, il y a évidemment un monde de différences de mentalité et de sensibilité...
Ce sont ceux-là, ou les fils de ceux là, qu'on trouve à "Liège-France", et non des salonnards donneurs de leçon comme l'écrit avec un certain mépris M. Thirion !

Anonyme a dit…

Ne pensez-vous pas que M. Thirion, comme d'autres membres du parti Rwf, sont plus anti-flamands qu'anti-belges , alors qu'à Liège-France, cela semble être le contraire ? Par exemple, votre correspondant affirme qu'on a "vendu" aux Flamands les francophones de la périphérie bruxelloise, au même titre que les Fourons.

Comment peut-il faire une telle comparaison ? La majorité des habitants des Fourons étaient chez eux depuis toujours et SE SENTAIENT WALLONS. Tandis que les "francophones périphériques" de Bruxelles avaient choisi d'aller s'établir dans le Brabant flamand pour des motifs matériels (terrains et maisons moins chers) et sont demeurés des ULTRA-BELGICAINS ! Ce sont eux nos ennemis, pas les Flamands qui sont chez eux, comme les Fouronnais wallons étaient chez eux...

Est-ce vraiment si difficile à comprendre et à admettre ?

Anonyme a dit…

L'éminent Professeur, Monsieur François Perin, avait déclaré à très juste titre dans le journal « La Meuse » du 28 avril 1981, ceci: « Cela fait des années que je pressens ce qui va arriver : les Wallons et les Bruxellois vont se retrouver assez bêtement belges tout seuls. Après d’éventuelles élections qui n’auront qu’exacerbé le malaise (…), le malheureux chef de l’Etat se mettra à courir après un gouvernement introuvable : la Belgique peut disparaître par implosion. ». Pour le paraphraser, je dirais ceci: Les "francophones" courent après une "Belgique" qui n'existent plus et le Monsieur "aux 800.000 voix", depuis qu'il est devenu Premier Ministre fédéral, court après un consensus gouvernemental qui n'existe plus non plus !!! Cela me rappelle d'ailleurs un vieux souvenir, celui d'un certain Général Mobutu, Président à l'époque, de la "République Populaire du Zaïre" et qui avait dit un jour: "Hier, nous étions au bord du gouffre et depuis lors, nous avons fait un grand pas en avant" (sic)!!!