mercredi 19 mai 2010

Un débat pour rien... sauf au point de vue communautaire...

Ce devait être le premier grand débat télévisé de la campagne électorale, annoncé à grands renforts de publicité par RTL-TVI.
Le débat de ce soir entre Didier Reynders, président du MR et Elio Di Rupo, président du PS, ne nous a pas appris grand chose, leurs positions étant bien connues. Sauf dans le domaine communautaire, le seul qui nous intéresse ici.
Incontestablement, Didier Reynders a été plus vrai - ou plus habile - que son rival socialiste qui a, une fois de plus, pratiqué la xyloglossie (langue de bois) avec la même mauvaise foi que Mme Milquet. Les poncifs ne manquaient pas : "Le Belge" ceci, le "Belge" cela, la solidarité "interpersonnelle", les "vrais problèmes des gens", etc. Quant aux Flamands, ils n'existent pas dans la bouche d'Elio Di Rupo, qui ne connaît en Flandre que  des  néerlandophones , ne manquant pas d'asséner que "la Belgique a un avenir"...
Par contre, Didier Reynders, qui dit espérer, lui aussi, une solution d'avenir pour la Belgique, estime qu'il "faut voir avec les Flamands si et comment on veut encore vivre ensemble et de quelle façon, mais en faisant respecter la dignité des francophones". Propos beaucoup plus nuancé ! Certes, le président du MR serait  partisan de la création d'une circonscription fédérale, [c'est la nouvelle tarte à la crême], mais en accordant aux Régions et Communautés de nouvelles et importantes attributions.

Et "si, comme l'indiquent les sondages, la N-VA fait un carton le 13 juin ?" a demandé le modérateur du débat . Comme il fallait s'y attendre, Elio Di Rupo a esquivé la question, disant qu'il se méfiait des sondages et qu'il fallait attendre les résultats. Didier Reynders, lui, a été très clair : "On peut négocier avec Bart De Wever", ajoutant : "être séparatiste et indépendantiste est un choix démocratique et  une négociation est possible pour autant que la dignité des francophones, en particulier de Bruxelles et de la périphérie soit respectée".
Bref, ce fut un débat entre un homme d'Etat, wallon, liégeois et francophile et un chef de parti Italo-belge qui n'est pas wallon et ne le sera jamais. C'est malheureusement le cas de tous ces "nouveaux belges" issus de l'immigration, que ce soit à la première ou à la deuxième génération...Bien plus intéressants, dans la mouvance socialiste, sont les propos de Thierry Bodson, secrétaire général de la FGTB wallonne et du ministre-président wallon Rudy Demotte, auquel Le Soir d'aujourd'hui consacre à nouveau une page entière, où s'expriment également Jules Gheude et José Happart à propos du Mouvement wallon et de l'avenir de la Wallonie.
Mais qu'on ne s'y trompe pas, c'est  à W+ ou au RWF - en fonction de leur sensibilité et de leurs convictions démocratiques - que les rattachistes wallons doivent accorder leurs suffrages le 13 juin. Comme le RWF, Wallonie Plus (W+) se présente partout en Wallonie, sauf dans la province de Luxembourg, où le le sentiment wallon a toujours été beaucoup plus faible.  "Liège-France" indiquera, en temps utile, ses candidats favoris.

Attention toutefois à ne pas confondre "Wallonie Plus" et "Wallonie d'abord", cette dernière étant une formation d'extrême-droite dissidente du Front National , régionaliste mais fascisante, animée essentiellement par une dangereuse xénophobie et le rejet borné de l'immigtation.
Commentaires bienvenus, sauf les anonymes.

6 commentaires:

Béatrice Masquelier a dit…

La "Libre" de jeudi a publié un compte rendu du débat, sous le titre : "Un duo putôt qu'un duel". Tout en signalant les positions dans le domaine communautaite, le quotidien s'est toutefois gardé de relever certaines phrases significatives de Didier Reynders, que vous avez mises en exergue.

Pierre a dit…

Le PS pourrait devenir le plus gros parti belge en nombre de voix.
Et si c'est la NVA, il y a peu de chance que le roy prenne langue avec De Wever.
Il y a donc lieu de penser que Di Rupo sera pressenti comme premier ministre si accord il y a après les élections.
Et c'est là qu'est le risque énorme de voir le socialiste se déculotter afin de devenir premier ministre, de faire voler en éclats la certaine rigueur francophone face aux ukases flamandes.
Notez que ça arrangerait bien Vlaanderen de conserver la coquille vide nommée belgium , y avoir flanqué un premier fantoche à sa tête après avoir obtenu gain de cause dans la guerre ethnique.

Georgette Davister a dit…

Je ne comprends pas le sens des propos de Monsieur Pierre Pilat (si c'est bien de lui qu'il s'agit).
Quels ukases flamands ? Quel est le danger d'une "Belgique coquille vide", car cela signifie beaucoup plus de pouvoirs et de compétences POUR LA WALLONIE comme pour la Flandre et par contre un pouvoir très réduit au niveau fédéral.
"Obtenu gain de cause dans la guerre ethnique". Quelle guerre ? Contre qui ? Les belgicains de la périphérie bruxelloise ? Quel rapport avec les intérêts de la Wallonie ? Je suis un peu ahurie par tant de confusion.

Georges Lambert a dit…

Les problèmes relatifs à Bruxelles et à sa périphérie flamande empoisonnent tout, y compris les facultés de raisonnement de certains rattachistes. La confusion que regrette Mme Davister est entretenue par le RWF depuis sa création. Son manifeste le dit: pour ce parti, "l'avenir de Bruxelles est essentiel", alors que pour nous, rattachistes liégeois, c'est tout-à-fait secondaire, même pis, c'est un boulet infernal. Il y a des jours où j'ai envie de dire aux Flamands: "Faites ce que vous voulez avec Bruxelles, car la seule chose qui nous intéresse, c'est que la Wallonie puisse se rattacher à la France. Si c'est Bruxelles qui empêche ce rattachement, partez avec Bruxelles et séparons-nous au plus vite" !

El viajero a dit…

@ Georges Lambert: c'est aller un peu vite en besogne. Nous avons toujours prôné le referendum. Le principe flamand est: ce qui est à moi, est à moi et ce qui est à toi, on le partage. En ce qui concerne les communes périphériques "à facilités", elles se trouvent en territoire flamand mais nul doute que la scission de BHV n'est qu'un pas vers la mainmise totale de la Flandre sur Bruxelles. A ce tarif là, retour de Gibraltar à l'Espagne, de Ceuta et Melilla au Maroc, de Guantanamo à Cuba, de Saint-Pierre et Miquelon au Canada, de Mayotte aux Comores, des Fourons à la Wallonie etc ... en stricte application du Droit du sol. Lorsque l'on émet un choix, celui-ci doit être total. Qu'en pensez-vous? Yves Pierlot.

Pierre PILAT a dit…

@Georgette Davister: Chère Madame, il ne s'agit pas de moi qui suis simple lecteur de ce blogue, mais d'une tierce personne. Notez que je signe toujours de mon Prénom suivi de mon NOM afin qu'il n'y ait aucun amalgame entre plusieurs Pierre, ce prénom étant fort usité en francophonie...