samedi 22 mai 2010

Une interview percutante de Bart De Wever

Alors que Le Soir, qui souffle le chaud et le froid, en est encore à se demander ce que pensent vraiment les Flamands et les francophones dans l'espoir de découvrir des synergies plus improbables que jamais, La Libre publie ce matin la grande interview de Bart De Wever qu'elle avait annoncée.
Avec modestie mais non sans satisfaction, nous constatons que que les propos du président de la N-VA confirment, à un mot près, le point de vue que nous ne cessons de développer en tant que rattachistes wallons, particulièrement celui que nous exprimions hier soir dans notre message "Il faut dire la vérité aux Wallons". Parallèlement, le journaliste français Jean Quatremer partage en partie cette analyse dans le dernier numéro de Télémoustique, même s'il trouve le nationalisme flamand "terrifiant", ce qui n'est pas   notre cas, car nous nous plaçons, comme on sait, au point de vue pragmatique de la "réalpolitik" et non à un point de vue idéologique.
Il précise : les transferts financiers fonctionnent comme une drogue : cela maintient le patient dansun état comateux - notamment dans les régions de Wallonie comme le Hainaut, le Borinage, où le PS est très fort. C'est très facile de continuer une gestion généreuse quand on ne doit pas payer la facture. Il faut changer cela, comme la Slovaquie a changé après la séparation de la Tchécoslovaquie et a beaucoup progressé."
Bart De Wever a raison. Combien de fois n'avons-nous pas dénoncé cette politique de l'assistanat que cultive la "bande des trois" qui gouverne (?) la Wallonie, et tout spécialement le PS, qui n'a plus rien de commun avec le Parti socialiste des années '50 et '60. Celui-la défendait vraiment les travailleurs et la Wallonie; nos grands disparus - Georges Truffaut, François Van Belle, Joseph Merlot, André Renard - doivent se retourner dans leur tombe !
Et Bruxelles, l'éternel problème ?  Le président de la N-VA a la même position que celle des fédéralistes wallons unanimes dans les années '50 : "Bruxelles doit être cogérée et disposer des compétences d'une ville, pas d'un pays". On ne voit pas ce qui aurait changé depuis, si ce n'est que la colonisation de Bruxelles et de sa périphérie par les francophones - qu'il s'agisse de Wallons dénaturés ou de Flamands francisés (comme M. Armand de Decker)- a continué à progresser. Qu'on ne nous demande pas de nous apitoyer sur le sort de ces francophones, les seuls vrais "belges" de Belgique. Dans son interview à Télémoustique, Jean Quatremer l'admet : "La seule chose qui évite encore l'éclatement de ce pays, c'est Bruxelles. En privé, les hommes politiques flamands considèrent déjà que Bruxelles est perdue pour la Flandre. Le jour où le peuple flamand l'acceptera, ce sera fini".
Un mot encore pour ceux qui ergoteraient sur le fait que la N-VA réclame à présent le confédéralisme plutôt que la séparation pure et simple : ne jouons pas sur les mots, pour Bart De Wever, le confédéralisme n'est qu'une étape.Il a lâché le mot dans son interview !

Enfin, La Libre rapporte que Bart De Wever s'est rendu à une invitation de l'Ambassadeur de France à Bruxelles, qui souhaitait obtenir des précisions sur les thèses défendues par son  parti. A Paris, on s'inquiète en effet de la tournure des événements en vue de la prochaine présidence belge de l'Union européenne. Pour l'Elysée, la Belgique est tout le contraire d'un "laboratoire de l'Europe", elle y apparaît plutôt comme "un mic-mac politique", pour reprendre l'expression de La Libre.
Exprimez votre avis.

8 commentaires:

François Lambert a dit…

Un peu de dignité les Wallons...

Cessons au plus tôt de quémander l'assistance de la Flandre.

Courrons vite demander celle de la France...
Finalement, ces deux noms sont presque homophones et homonymes...

Les Wallons sont parait-il intellectuellement incapable de parler deux langues, il semblerait qu'ils soient également intellectuellement incapable de se prendre totalement en main.

Georges Lambert a dit…

@ à mon homonyme :

Il n'est pas question de quémander l'aide de la France. La République n'a jamais mis en question la solidarité entre ses régions, qui ne sont pas antagonistes comme la Wallonie et la Flandre, mais participent de la même culture et des mêmes valeurs.
Au surplus, la politique sociale de la France n'est pas laxiste comme ici : il n'existe pas de "chômeurs professionnels" de longue durée entretenus par l'Etat comme en Wallonie; après trois ans, les demandeurs d'emploi ne reçoivent plus d'allocation de chômage.

Français a dit…

La différence étant que la France peut consentir à cette aide du fait de raisons ethno-culturelles : on aide son semblable plus facilement que son voisin. Et de toute façon, si la France devait arriver en Wallonie, ce serait pour y imposer des restructurations lourdes comme cela s'est fait en Nord-Pas-de-Calais. On peut dire beaucoup de choses de la France, mais administrer, elle sait ce que c'est. Et elle dispose d'un tissu d'élus locaux compétents.

En tout cas, la Wallonie serait pour l'énarchie française, un chantier exaltant qui permettrait à la France de retrouver pleinement son interface en Europe du Nord. Un coup de boost pour l'économie française, et surtout une solution pour les retraites françaises !

Simon Bernard a dit…

C'est la position que défend le MR en Belgique. Avez-vous observé que Mr Schreurs ne critique jamais ce parti ni son président, Mr Didier Reynders ?

Marc HANSEN a dit…

Moi, je désire en revenir au présent éditorial. Tout à fait, la Belgique, au lieu d’apparaître comme le modèle idéal d’entente européen, montre enfin son vrai visage au monde, à savoir celui d'un micmac politique inextricable, incompréhensible et bête. L’opinion internationale n’est pas dupe.

Afin de ne pas perdre la face, les quatre partis traditionnels qui font l’opinion dans la partie « francophone » du non-pays, sont et restent parfaitement autistes. Leurs réactions aux toutes récentes déclarations Monsieur Bart De Wever, les ont effectivement confirmés dans leur autisme.

Le 13 juin, « te va falloir voter, les urnes et les autres » (expression de Stéphane Steeman). Mais après ? Après les émotions et les états d’âmes, après les rires, les pleurs et les grincements de dents, après les blablas et les faux-semblants, te va falloir aussi te mettre à table. Il faudra tout d’abord résoudre BHV, et de un, ensuite se mettre d’accord sur une réforme copernicienne de l’Etat c'est-à-dire confédérale de celui-ci, et de deux, tout cela AVANT d’envisager toute formation d'un nouveau gouvernement. Alors, après le 13 juin, que fait-on ? L’on persiste dans son autisme imbécile, à savoir nominations des trois « bourgmestres » (de conseillers communaux délinquants, oui !), élargissement de la Région Bruxelloise en Flandre (colonisation, oui !), défense des « droits » de francophones dans BHV (promotion de privilèges, oui !), sauvegarde de la « solidarité interpersonnelle » (de transferts nord-sud, oui !) … et j’en passe, ou on se résoudra enfin à essayer d’accorder ses violons dans un esprit raisonnable et serein ?

Le chaos ou la raison ?

Car enfin, il faudra tout de même bien admettre un jour l’idée que B n’est pas un pays, mais trois pays différents, à savoir la Wallonie, la Flandre et le territoire linguistique germanophone anciennement allemand, il n’y a pas si longtemps. Bruxelles ? Une île micmac, belge toute seule, disons une anomalie à l'image de la belgique, à moins qu'elle ne se redéfinisse ...

Georgette Davister a dit…

Dans le numéro de "Téélémoustique" cité par Monsieur André Schreurs, il y a également une interview du journaliste Olivier Maroy. Il dit que l'ojectif de Monsieur Bart De Wever n'est pas d'arriver à l'indépendance de la Flandre du premier coup : "pour lui, le pays doit se diriger petit à petit vers une structure confédérale, avec des Régions dotées de compétences de plus en plus larges et un Etat central réduit à très peu de chose, qui s'évaporera dans l'intégration européenne".

Jules Rulot a dit…

Ce qu'est Bruxelles ? On l'a encoe vu aujourdd'hui avec la "Zinneke parade". Une ville de "zinneke", mot bruxellois signifiant "métis". Jules Destré n'avait pas tort. Rien n'a changé

Anonyme a dit…

Lors d'un congrès de son parti, Bart De Wever avait projeté sur grand écran toutes les grossièretés racistes et les menaces de mort que des francophones lui adressaient. On trouve encore de tels messages sur des forums de journaux francophones.

Preuve que l'intolérance n'est pas nécessairement dans le camp qu'on croit. C'est bel et bien en Belgique francophone qu'il règne une chape de plomb sur de nombreux sujets. Les médias flamands sont bien plus ouverts aux débats et il n'y a pas chez eux de "Police de la pensée" comme ici.

Et c'est bien grâce à cette absence de "police de la pensée" chez eux que les Flamands ont pu développer une identité forte.

Cela dit, taper sur les chômeurs c'est un peu facile. Et quand on voit certaines régions de Wallonie, on n'a guère l'impression de "générosité budgétaire."

F. Beck