samedi 29 mai 2010

Une réponse indirecte à notre question d'hier...

Cette question était : Pourquoi faudrait-il tenter de sauver la Belgique ? Le Soir a interrogé 50 personnalités (?) de la société civile, 25 Flamands et 25 francophones, considérés un peu pompeusement comme des "faiseurs d'opinion"(?) qui répondent indirectement à la question.
Observons d'abord que, parmi les "francophones", il y a surtout des Bruxellois. Comme Wallons, on peut relever qu'Edouard Delruelle, diercteur du Centre pour l'égalité des chances, Jules Gheude, essayiste politique, André-Joseph Léonard, archévêque de Malines-Bruxelles et Bernard Rentier, recteur de l'Université de Liège et Vincent Reuter, président de l'Union wallonne des entreprises (UWE), soit seulement 5 Wallons sur 25 "francophones". Autant dire dès l'abord que la Wallonie est absente du débat.
Le Soir a posé quatre questions au 50 personnes interrogées, dont voici la 2è : "Estimez-vous qu'il serait dommage que la Belgique n'existe plus, pourquoi ?".
Sans surprise, presque tous les Bruxellois ont répondu : oui, ce serait dommage. Quant aux motivations, elles varient, mais s'inscivent généralement dans le même registre : "Ce serait très dommageable, la fin d'une vraie marque internationale, un casse-tête pour séparer la dette, un autre pour faire vivre Bruxelles, une solidarité qui n'en serait plus une. Mais surtout, elle me manquerait..." -  "Parce qu'on m'a appris que j'étais belge depuis 52 ans. Et parce que l'expérience de trois communautés linguistiques gérant un même Etat est intéressante" - "Ce serait sans doute dommage, parce que la Belgique a fini par créer une culture commune, métissée, ni tout-à-fait romane, ni tout-à-fait germanique. Et la cohabitation non violente est une autre valeur intéressante pour l'Europe" - "Dans un monde globalisé et en tant que membre de l'Union européenne, il serait vraiment stupide de diviser notre tout petit pays".
Aussi bien chez certains Flamands que chez les francophones, revient souvent l'antienne de "la Belgique, laboratoire, voire même modèle  [sic] pour l'Europe", la perle étant que "la Belgique est un coup de génie politique, [sic] certains  esprits ne sont plus à même de l'admettre, il faut donc davantage lutter pour sa survie". De même, pour le belgicain Etienne de Callatay, la dispaition de la Belgique "serait une terrible défaite pour l'esprit [sic]."..
On évoque aussi les dangers du repli, qu'il s'agisse de la Wallonie ou de la Flandre. Seul, jules Gheude expose que "la Wallonie pourrait aisément s'y retrouver via un statut particulier d'intégration à la France, qui lui permettrait de conserver son autonomie tout en bénéficiant de la solidarité financière nationale". Un autre francophone, Axel Miller, dont BNP-Paribas ne voulut pas pour diriger Fortis en Belgique, évoque aussi le rattachement "à un voisin du Nord ou du Sud", mais pour dire que se serait "une horreur"...
Si quelques francophones, à l'esprit plus ouvert, ne se font plus aucune illusion sur l'avenir de la Belgique dont ils sont déjà détachés, ce détachement est beaucoup plus fort chez les Flamands : "Hormis le fait d'être flamande et européenne, je ressens un vague sentiment d'appartenance à la Belgique" - "Non, mais je ne trouverais pas plus grave  qu'elle [la Belgique] continue à exister"- "Pourquoi (pas). Si je suis Flamand, c'est uniquement parce que je suis né sur ce lopin de terre(...)La machine administrative "Belgique" ne me fait ni chaud ni froid" - "Ce ne serait vraiment pas si grave. Je me sens plus européen que flamand ou belge"...
Que penser, après cet   aperçu d'opinions de personnalités francohones et flamandes,  pour lesquelles on ignore quels critères de choix ont été rétenus ? Pas grand chose à vrai dire, car il est évident que leur influence est très limitée par rapport à celles des dirigeants des partis flamands en général et de la N-VA en particulier. Leurs interviews sont donc anecdotiques et leurs opinions le plus souvent aux antipodes des nôtres.
Nous ne l'avons jamais caché : nous détestons le métissage franco-néerlandais et la multiculturalité. C'est cela qui nous fait horreur, à nous rattachistes. Loin de tout repli, de tout rapetissement, nous voulons au contraire nous intégrer dans une grande nation de même langue et de même culture, non par rejet des autres cultures, que nous respectons, mais parce que, dans le cas de la France, cette langue unique permet à tous de communiquer et de se comprendre sans effort, dans le cadre d'une culture qui, par son universalime, est en elle-même un antidote à tout nationalisme borné.

Commentaires bienvenus.

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Oui, nous savions qu'à Liège-France vous n'aimiez pas le métissage, ni les "métis" Bruxellois. La République "Black-Blanc-Beur" vous aimera-t-elle?

El viajero a dit…

Débat de ce midi sur RTL-TVi très peu convaincant. Ronron habituel de la bande des 4 avec un léger accrochage entre Alain Mathot et Pierre-Yves Jeholet. Côté petits partis, curieusement PHG n'a pas trop insisté sur le rattachement à la France mais s'est contenté de citer des travers. Un clin d'oeil: "La Flandre est en pré-totalitarisme". Cela il connait bien en interne RWF mais les électeurs pas. Vivant: créer des emplois (à 1.000 euros le mois, sans doute). La gauche est partagée en MSplus confédéraliste et Front des gauches unitariste. Le PP avec ses solutions populistes irréalisables mais qui, incontestablement, séduit certaines "groseilles".
En résumé, même pas une tempête dans un verre d'eau! Yves Pierlot.

Français a dit…

La République "Black-Blanc-Beur" n'est qu'une incantation bien-pensante destinée à faire oublier aux Français leurs racines. Les Français ne peuvent que bénéficier d'un débat qui aurait à trancher de ce qu'est la nation française, et donc de l'inclusion de la Wallonie.

Maintenant, la vérité est abrupte, à savoir qu'une majorité de Français est absolument déconnectée de ces questions, abrutie comme d'autres par le consumérisme, le droit-de-l'hommisme. Reste que la politique française est en moyenne un peu plus noble que la politique belge.

Eric Basso a dit…

Moi non plus je n'aime pas le métissage, le communautarisme tel que l'idéologie belge le promeut. Il constitue la négation des valeurs républicaines françaises, la négation de toute une philosophie dont les fondements s'appellent Liberté, Egalité, Fraternité. L'idéologie belge est calamiteuse, et puisque quelqu'un évoque une "défaite de l'esprit", je ne crains pas d'affirmer qu'un échec définitif des réunionistes français serait une défaite de l'esprit et de la pensée, au profit de mensonges d'un autre âge, de superstitions d'ancien régime, d'un discours de l'abaissement et du déshonneur.
Cette défaite n'aura pas lieu. Le chaos dans lequel ils espèrent installer durablement la Wallonie et Bruxelles pour sauvegarder leurs intérêts particuliers prendra fin un jour ou l'autre, et c'est à ce moment que s'ouvriront les portes de la France, et que sera mise à bas l'oeuvre de haine qu'est la Belgique.