mardi 8 juin 2010

Une déclaration de guerre.


Des droits ou des privilèges ?


L'idée du rattachement a la France fait son chemin.

Une "déclaration de guerre", c'est l'expression utilisée par le Ministre-président bruxellois, M. Charles Picqué, pour qualifier la dernière déclaration de M. Bart De Wever, exigeant la suppression de la Région de Bruxelles en tant qu'institution.

Dans un duel musclé  qui l'opposait hier, dans la salle de l' Ancienne Belgique [ tout un programme!], à Louis Michel, le président de la N-VA stigmatisa la malgouvernance de la Région de Bruxelles dont la création, selon lui, fut une erreur et qu'il faudrait dès lors supprimer. Il dénonça le pléthorisme des institutions : les collèges  des 19 communes, le Conseil d'agglomération,  le Gouvernement bruxellois, la Cocof et son pendant néerlandophone, le tout comptant le nombre record de 957  élus, ainsi que la hausse du chômage et de la criminalité et la chute, par contre des recettes fiscales..."D'où il conclut "qu'"on ne peut confier aux Bruxellois que les seules compétences d'une grande Ville, mais pas celles d'un Etat". En conséquence, les 19 communes  doivent fusionner en une seule entité - une Ville - devenant un condominium géré par les deux Communautés.

Quant à l'élargissement de Bruxelles, il n'en est évidemment pas question pour Bart De Wever, qui exige la scission pure et simple de BHV. S'en prenant à la fois à Olivier Maingain et à Joëlle Milquet [ les plus extrémistes et les plus belgicains], il reprocha au premier d'encourager les francophones de la périphérie à ne pas s'adapter, "avec l'idée de franciser la région" et à la seconde de prétendre que "l'union fait la force alors qu'elle ne parle pas la langue de la majorité du pays" et que sa Belgique "n'est qu'une projection francophone de la   Belgique", ce qui est tout-à-fait exact .

On peut penser ce qu'on veut de M. Bart De Weve, mais on ne peut nier une chose : son langage est clair, franc, précis. Il ne recourt pas à la langue de bois, au contraire de Louis Michel, qui est revenu avec l'antienne des "trois bourgmestre- non- nommés-élus-démocratiquement par la population", ce qui est faux, car tant en Flandre qu'en Wallonie, les mayeurs ne sont pas élus en tant que tels, mais en qualité de conseillers communaux, qui sont ensuite proposés à la nomination de bourgmestre par une motion du conseil communal. Vous avez dit xyloglossie ?

Alors que Bart De Wever n'a prononcé aucune parole désobligeante à l'égard de la gestion de la Wallonie et des Wallons - sauf à relever, mais c'est la vérité, qu'ils sont des "assistés" - Louis Michel n'a eu de cesse de diaboliser le leader flamand en l'accusant, avec son nationalisme, "d'enfermer la Flandre dans une prison", d'avoir comme postulat de départ  la fin de la Belgique et la création d'un Etat flamand dindépendant à laquelle la Flandre n'a rien à gagner [ Question : en quoi cela le regarde t-il ? ], prétendant que "le nationalisme, c'est la guerre, c'est un acharnement jubilatoire obsessionnel [ sic], etc, etc. Et de vanter, bien sûr, le multilinguisme qu'il pratique, il faut l'admettre, avec une certaine virtuosité.

A quoi Bart De Wever répondit que "le nationalisme n'est pas contraire à l'esprit européen et "qu'on ne veut pas empêcher les francophones de la périphérie de voter pour des francophones", rappelant, à l'appui de ses dires, "qu'un francophone siège au parlement flamand, tandis qu'un élu flamand a été empêché de siéger autrtefois au parlement wallon."

Concernant la périphérie bruxello-flamande, il fait observer "qu'il ne fait qu'appliquer la Constitution" et n'a "jamais demandé des facilités pour les Flamands vivant en Wallonie...Ce qui amena cette sotte réponse de Louis Michel : "Dans mon Brabant wallon, des facilités [pour les Flamands] ne me dérangeraient pas du tout. Les Belges, où qu'ils soient, doivent avoir les mêmes droits".

Voilà bien l'erreur fondamentale : Les Belges, au contraire , doivent respecter le droit - et les autochtones - de la Région où ils vont s'établir, le droit territorial, comme on le pratique en France. Les prétendus "droits des francophones" ne sont en réalité que des privilèges, acquis à la suite d'une sorte de colonisation des communes de la périphérie. Plutôt que l'expression des droits de l'homme abusivement invoqués, ils font plutôt penser aux "droits seigneuriaux" sous l' Ancien régime !

En attendant, l'idée du rattachement à la France fait son chemin en Wallonie. Dans l'édition du Soir qui relate le duel Michel - De Wever, datée de ce mardi 8 juin, M. Jules Gazon , professeur émérite de l'ULg, d'opinion socialiste, estime avec clairvoyance que "la Belgique se meurt et que le décès annoncé postule la préparation urgente d'un avenir pour chaque Région et Communauté". Cet avenir, pour la Wallonie et Bruxelles "passe par un progressif rattachement à la France". Car l'Europe devra intervenir dans le règlement du conflit belge, et singulièrement la France, point d'appui naturel de la francophonie. Mais une question essentielle, selon M. Gazon, reste ouverte : Comment se positionne la France face à cette perspective ? Son silence ne peut s'interpréter comme un refus, ni comme une acceptation, mais elle sait que l'absorption dela Wallonie et de Bruxelles augmenterait son poids dans le concert des Nations(...)

Pour les Wallons et les Bruxellois, le rattachement serait un vecteur de renouveau politique (le vote majoritaire à deux tours permettant de dégager des majorités franches nous sortant des compromis couteux à la belge', économique grâce au poids politique de la France, social en évacuant tout problème de solidarité interrégionale, et culturel en apportant à tous nos créateurs l'immense marché intérieur français tout en valorisant notre spécificité". Si ce ne serait pas pour tous un mariage d'amour, ce cerait en tout cas pour les Wallons et les Bruxellois"un mariage de raison".

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10 commentaires:

francophonedebruxelles a dit…

Il existe des communes wallonnes avec des facilités pour les Flamands. Etonnant que vous ne le sachiez pas.

Je comprends mieux pourquoi vous ne comprenez rien à la problématique bruxelloise qui ne vous regarde d'ailleurs pas.

Un conseil: occupez-vous de la Wallonie et laissez les Bruxellois décider de leur avenir. On ne demande rien de plus.

A. Schreurs a dit…

@ francophonedeBruxelles:
C'est exact, vous songez à des communes de la frontière linguistique comme Enghien, Flobecq, etc. Mais la situation est toute différente: les Flamands y respectent la législation régionale et il n'y a aucun problème dans ces communes. La notion de "tache d'huile" ou de "néerlandisation" ne s'y pose pas comme celui de la francisation se pose dans les communes de la périphérie bruxelloise. Nous ne voulons pas nous mêler des problèmes et de l'avenir de Bruxelles, mais les séparatistes flamands étant nos alliés objectifs, nous ne prendrons certainement pas position contre eux en ce qui concerne Bruxelles, parce que, pour nous, la priorité des priorités, c'est la scission de la Belgique, condition première et indispensable pour que la réunion de la Wallonie à la France puisse se rréaliser. Par ailleurs, les plus grands défenseurs de Bruxelles sont des belgicains...

Philippe Rasquin a dit…

Bruxelles a toujours été la pierre d'achoppement, le caillou dans la chaussure des Wallons, rendant plus lente et plus difficile leur longue marche vers la France.
L'idée d'un condominium pour gérer la capitale fédérale, avec deux sous-nationalités à Bruxelles - qui fait s'étrangler MM. Charles Picqué, Olivier Maingain et Louis Michel - était déjà présente dans les projets de fédéralisme/confédéralisme d'après-guerre. Voyez à ce sujet l'Encyclopédie du Mouvement wallon, tome Ier. A cette époque, les socialistes wallons et une partie des libéraux du Sud étaient pleinement d'accord avec cette idée.

Tchantchès à Manneken Pis a dit…

A quand un droit de cuissage pour MM. van Houbrouck d'Aspre et Damien Thiery ?

Georges Lambert a dit…

Et M. d'Oreye de Lantremange, écuyer et châtelain de Craaïnem, à moins que ce ne soit de Diegem, bref une commune périphérique au toponyme bien français ?

Charles Franssen a dit…

Je me souviens d'une anecdote que l'on racontait à la "Wallonie Libre" de Liège :

Un des négociateurs flamands pro-fédéralistes du Manifeste des "intellectuels wallons et flamands" de 1953, exaspéré par le problème de Bruxelles, aurait dit, mezzo vocce, mais assez haut pour susciter le rire des délégués wallons : "De oplossing voor Brussel : een atomische bomb"..!

Ce n'était qu'une plaisanterie, mais révélatrice de l'état d'esprit des négociateurs d'alors.

El viajero a dit…

Les communes "à facilités" existent aussi près de la région germanophone: Welkenraedt, Plombières et Montzen ... Yves Pierlot.

Georgette Davister a dit…

@ Yves Pierlot : oui, mais à ma connaissance, je n'ai jamais entendu qu'il y aurait des problèmes entre Wallons er germanophones de ce côté là.

Vincent Bodart a dit…

Si les soit-disant Wallons de Bruxeles (400.000, selon le RWF!!!)) avaient conservé la moindre fibre wallonne, ils ne s'opposeraient pas à une cogestion de Bruxelles par la Flandre ET lA WALLONIE. C'est bien la preuve qur'ils sont devenus des BRUXELLOIS anti-wallons PRO-BELGES...!

Oli a dit…

Une info toute fraîche !
Ce n'est qu'un sondage parmi d'autres, mais il fait plaisir.


Deux tiers des Français pour le rattachement de la Wallonie à la France

mercredi 09 juin 2010, 21:08
Deux tiers (66 %) des Français se déclarent favorables au rattachement de la Wallonie, francophone, à la France en cas d’éclatement de la Belgique, selon un sondage Ifop pour le journal « France Soir » daté de jeudi. L’idée semble faire son chemin puisque 60 % des personnes interrogées la soutenaient en 2008 et 54 % en 2007. L’adhésion la plus forte, à 75 %, se constate dans les départements du Nord, du Pas-de-Calais, des Ardennes et de la Meuse, frontaliers de la Belgique. Un tiers des Français s’opposent en revanche à ce que les provinces francophones belges deviennent françaises, contre 37 % deux ans plus tôt et 41 % en 2007. Le sondage a été réalisé en ligne de samedi à lundi auprès d’un échantillon de 1.006 personnes représentatif de la population française âgée d’au moins 18 ans et sélectionné selon la méthode des quotas.

http://www.lesoir.be/actualite/le_fil_info/index.php#775209