Nous l'avions pressenti ! Le numéro spécial de Libération consacré à la Belgique ne casse vraiment rien. Les journalistes français "ne sont pas sortis des clichés habituels; ils ont même trouvé des couples mixtes qui se disent heureux", écrit Claude Thayse sur son blogue-notes. Cela n'a rien d'étonnant, quand on sait que c'est La Libre Belgique (associée à Libé dans le même groupe de presse) qui avait organisé le voyage, le séjour et les rencontres de leurs confrères français. Les dés étaient pipés d'avance !
Qu'ont-ils pu raconter sur 32 pages ? Il fallait se lever tôt ce matin à Liège pour trouver un exemplaire de Libération, en vente seulement place Saint-Lambert et la librairie Bellens. C'est donc sur le site internet du journal que nous avons pu découvrir quelques articles. Franchement, rien de fameux, à part peut-être l'article d'Alain Duhamel sur le communautarisme et l'Europe et surtout celui de Jean Quatremer : Le crépuscule des Belges.
D'emblée, Jean Quatremer pose la bonne question : la Belgique, champs clôs d'un affrontement de plus en plus impitoyable entre Flamands et francophones, a-t-elle encore un avenir ?(...) Certes, écrit-il, il faudra encore quelques crises pour venir à bout d'un pays qui a connu de nombreux soubresauts. Mais son existence est-elle encore justifiée alors que les deux grandes communautés linguistisques du pays n'ont eu de cesse de bâtir entre elles un mur, un mur manifestement en attente de frontières ?(...) En consolidant sa frontière, (la Flandre) prépare l'avenir à une possible scission, ce que les francophones commencent à comprendre. Dans le même mouvement, elle veut transformer la Belgique en une simple confédération, une forme légère d'Etat central qu'elle entend conserver tant qu'elle y trouvera intérêt(...).
Très bonne analyse ! On regrettera cependant que Jean Quatremer, pas plus que ses confrères, ne dise mot de l'avenir de la Wallonie. Sont-ils venus chez nous, nos amis français ? On peut en douter. Ils ne sont sûrement pas venus à Liège -on l'aurait su !- et ils ignorent probablement ce qu'on pense ici, dans l'ancien département de l'Ourte, ce "petit coin de France perdu en Belgique", comme a dit Alexandre Dumas.
Le Monde Diplomatique est autrement intéressant. Dans son numéro de décembre, il consacre deux pages à la crise politique belge. Signalons aussi une excellente interview de Paul-Henri Gendebien dans Le Soir magazine.
4 commentaires:
Vaudeville,lassitude, silence du RWF à part les analyses politiques regulieres de son president, ce blog ,d'autres blogs citoyens,quelques forums et c'est fini.
Que faire pour mobiliser?
Attendre la Saint Glinglin que le Père Noël change tous les Wallons en ardents partisans de negociation de rapprochement avec la Republique française?
Comme me disait jadis un confrêre de forum, patience et optimisme sont les deux mamelles du réunionisme!...
Dans "La Meuse" , l'initiatrice de la pétition et de la marche belgicaines a redit que les seules attaques contre elle étaient venues non de Flamands, mais de partisans du rattachement de la Wallonie à la France. Elle considère que la qualifier de "sotte" était une basse injure !!! Elle n'a guère l'esprit liégois cette brave dame de Liège et encore moins d'humour. "Sotte", ce n'est pas méchant, pas plus que "fofolle"...En wallon, quand on n'est pas d'accord avec quelqu'un, on dit parfois "Qué sot" ou "Qu'éne sotte",comme on dirait..."Flamind!" On n'allait quand même pas traiter la belgicaine de "Flaminde" !
champ clos
Ourthe
Paul-Henry
Non, désolé. La rivière "Ourthe" s'écrit effectivement avec "th", mais lors de la création du département français qui porte ce nom, "Ourte" s'écrivait avec un simple "t", sans "h". Seuls, les historiens le savent et le "Petit Robert" n'est pas un dictionnaire historique !
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