Francophones et Flamands enfin réunis...C'est le titre d'un article de La Libre Belgique de ce mercredi. Réunis pour quoi ? Pour mettre fin à la België-que ? Non, pas encore, ce serait trop beau ! Pour "négocier" la scission de BHV. Une première, relève La Libre, car jusqu'ici, les négociateurs ont dû se contenter de négocier cette scission...séparément !
Il paraîtrait que les francophones - où sont les Wallons ? - se font tout doucement à l'idée du remplacement du système actuel des dotations aux Régions et Communautés, dont le budget est alimenté par le Fédéral suivant une clé de répartition, par un système de responsabilisation financière. En clair, les entités fédérées percevraient elles-mêmes une partie de l'impôt sur les personnes physiques et sur les sociétés vivant ou établies sur leur territoire. En d'autres termes, les Régions prendraient enfin leurs responsabilités, au lieu de dépendre du budget fédéral.
C'est ce que les partis flamands demandent depuis longtemps, lassés qu'ils sont de payer continuellement pour les Wallons. On comprend que les partis "francophones", dont l'électorat bénéficiait du système des dotations, n'étaient "demandeurs de rien"!On le comprend, mais en déplorant, une fois de plus, cette mentalité "d'assistés"que Mme Milquet dissimulait sous ses airs bravaches : Nee, clamait-elle !
Il faut dire que la Région wallonne n'a pas fait grand chose pour "conscientiser" les Wallons et leur insuffler le sens des responsabilités . Qui oserait encore prononcer la dernière strophe du Chant des Wallons, affirmant qu'on z'èt fïr d'êsse Walons ? La régionalisation et le fédéralisme sont un échec cuisant, parce qu'ils ont été réalisés bien trop tard, quand la Wallonie était déjà affaiblie par la désindustrialisation, la politique du clientélisme et, osons le dire, une véritable corruption dans certains endroits. De plus, la mise en place des institutions régionales, réalisée par petits paquets, a été lente, lourde, pénible, bref tout sauf lisible et exaltante pour les Wallons.
Il faut lire, à ce sujet, le livre de Jacques Brassine, le président de l'Institut Jules Destrée , sur L'histoire du Conseil régional wallon de 1974 à 1979(1). Que d'embûches, que de freins, que d'attitudes politiciennes médiocres et attentistes, depuis l'introduction en 1970 de l 'article 107 quater dans la Constitution due à Freddy Terwagne et la loi Perin-Vandekerkhove de 1974 organisant une régionalisation préparatoire et expérimentale, jusqu'aux lois spéciale et ordinaire de réformes institutionnelles de 1980 !
Ajoutez à cela cette grave erreur d'avoir créé une "Communauté française" privant la Région wallonne des compétences culturelles, en matière d'enseignement notamment, indispensables à une politique wallonne cohérente et responsable englobant tous les aspects de la vie en société...Certes, les Communautés - volonté flamande - ont été institutionnalisées avant les Régions, mais dès la mise en place de la Région wallonne, il était impératif de lui transférer les compétences de la Communauté "française"..
C'est peut-être tout cela qui explique la régression d'une majorité de Wallons qui, ignorants les luttes du passé et dépourvus de conscience identitaire, voudraient en revenir à l'ancienne forme unitaire de l'Etat belge ! En tout cas, les partis traditionnels, le PS en particulier, ont une lourde responsabilité dans cette régression.
(1) Jacques Brassine de la Buissière, Conseil régional wallon 1974-1977, 2008, éd. Institut J. Destrée, 302 pages.
4 commentaires:
Vous faites bien de rappeler que les Communautés ont été voulues par les Flamands. Pourquoi ? Parce que s'il n'y avait eu que des Régions, la Flandre n'aurait eu aucune compétences ni influence concernant Bruxelles. D'où l'astuce de créer des Communautés sans territoire ni frontières, ou plus exactement, sans limites à l'intérieur de Bruxelles. Si la Région bruxelloise avait eu des compétences culturelles, elle aurait pu achever complètement la francisation de la capitale. C'est ve que les Flamands ont voulu éviter.
Alors, on a inventé cette distinction entre les matières économiques et sociales et les matières "personnalisables", de telle sorte qu'il n'y ait aucune limite à l'influence à Bruxelles. C'est grâce aux Communautés que la Flandre a pu faire de Bruxelles sa capitale et y établir le siège de son Parlement et de son gouvernement.
Une fois de plus, c'est à cause de Bruxelles que les Wallons ont été frustrés de la régionalisation en matière culturelle qui avait toujours été revendiquée par le Mouvement wallon. Bruxelles a toujours été la pierre d'achoppement, l'obstacle à l'émancipation de la Wallonie, de sa libération du carcan belge.
Cela explique pourquoi nous sommes si réticents à l'égard de cette capitale qui est pour nous une nuisance, un frein.
"Ne faites pas de Bruxelles un cadeau à la Flandre", a dit François Perin. D'accord, mais ne conservons pas non plus ce boulet au pied, qui nous empêche d'avancer.
Imaginer que les Bruxellois vont suivre les Wallons dans leur marche vers la France est une illusion, une utopie, une rêverie, un fantasme, que sais-je ? Laissons les Bruxellois décider de leur sort...
Mais une chose est sûre : il ne se trouvera jamais 29% de Bruxellois qui, comme les Wallons, choisiraient actuellement l'option rattachiste en cas de scission de la Belgique.
De grâce, soyons réalistes !
Vous avez tout-à-fait raison et cela démontre qu'il est quasi impossible de défendre A LA FOIS les intérêts de la Wallonie et ceux des francophones de Bruxelles et de sa périphérie.
C'est une grande erreur de stratégie de vouloir lier les deux!
Espérons que les yeux des rattachistes finissent par s'ouvrir sur cette évidence...
Mais oui, Bruxelles n'est pas notre problème. Les Bruxellois francophones ont un parti politique pour défendre leurs intérêts, c'est le FDF. Ce parti est pugnace, c'est très bien ainsi.
Et nous, occupons-nous de la Wallonie.
Ainsi, il n'y aura pas de confusion : à chacun son terrain de combat, avec, peut-être, une sympathie réciproque.
C'est vrai, au fond ! Pourquoi est-ce à nous, réunionistes wallons, de défendre les intérêts des Bruxellois de langue française ? Ne sont-ils pas assez grands pour le faire eux-mêmes ? N'ont-ils pas
le FDF - le FRONT DEMOCRATIQUE DES FRANCOPHONES - pour les défendre ?
C'est, me semble-t-il, le parti FDF qui est le mieux placé pour ce combat. Souhaitons grand succès au FDF. M. Maingain n'a-t-il pas récolté plus de 20.000voix aux dernières élections ? Laissons le faire et encourageons le, on dit même que, dans le fond de son coeur, il est pour la réunion de la Wallonie à la France.Certes, il ne peut pas le dire publiquement, car le FDF perdrait les trois-quarts de ses électeurs. M. Maingain est un homme politique intelligent et avisé, ce n'est pas un utopiste.
On peut très bien avoir deux combats parallèles : un pour les francophones de Bruxelles mené par le FDF et un pour les Wallons mené par le RWF et les groupements qui lui sont associés.
Avec des contacts officieux entre les deux partis.Peut-être d'ailleurs que ces contacts existent. Pourquoi pas ? Et en même temps, les rattachistes auraient des contacts avec les séparatistes flamands.
ar nous avons des points de convergence avec les uns et avec les autres. N'est-ce pas cela, la "Realpolitik" ? Comme Wallons réunionistes, nous avons tout intérêt à nous entendre avec les nationalistes flamands et à les pousser à revendiquer l'indépendance de la Flandre, car c'est malheureusement eux qui vont de l'avant et "font l'histoire".
Mais comme amoureux et défenseurs de notre belle langue française en Europe (et dans le monde), nous sommes proches du FDF et de son idéal, comme nous le sommes des souverainistes du PQ au Québec.
Les choses ne seraient-elles pas plus claires ainsi, et notre combat wallon plus efficace ? Ce serait intéréssant d'en débattre entre nous, vous ne trouvez pas ?
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