Le bourgmestre de Lennik, M. Willy De Waele, sait ce qu'il veut. Pour protester contre les lenteurs de la réforme de l'Etat dans un sens confédéraliste, et de la scission de BHV, il a décidé de faire enlever tous les drapeaux belges des lieux publics de sa commune, à commencer par son hôtel de ville et de les remplacer par des drapeaux flamands. C'est parfaitement légal , assure M. Christian Behrend, professeur à 'Université de Liège: il n'a l'obligation de hisser le drapeau "national" que les jours fériés, tels le 21 juillet et le 11 novembre, et dans quelques autres circonstances.
Voilà qui nous ravit, d'autant plus qu'il ne s'agit pas d'un bourgmestre N-VA ni CD&V, mais Open-VLD, donc libéral ! Cela me rappelle "le bon temps" , en 1950, lorsqu'à l'appel du Comité central d'Action wallonne, les bourgmestres de toutes les villes importantes de Wallonie avaient fait de même, en remplaçant le drapeau noir-jaune-rouge par le drapeau wallon, non encore reconnu officiellement en ce temps(1). C'est qu'à l'époque, la conscience wallonne était très vive et il n'y avait pas de poltrons parmi les militants wallons.
Je n'ignore pas que certains rattachistes - ceux qui n'osent pas, 60 ans après, accrocher le drapeau bleu-blanc-rouge à la façade de leur maison ou à la fenêtre de leur appartement - n'aiment pas que l'on rappelle la fière attitude de leurs devanciers et vont même jusqu'à refuser de connaître ce passé glorieux...C'est bien leur droit, affirment, péremptoires, les "responsables"(?) : ils sont adultes et ne vont plus à l'école !
Le Talleyrand des temps modernes, ou qui se prend pour tel, n'affirme-t-il pas aujourd'hui, sur "le seul site officiel", que le mouvement wallon n'est pas séparatiste, ni nationaliste; il se borne à prendre acte de l'échec belge et regarde vers la France car il escompte un arrangement mutuellement positif avec elle lorsque la partition belge sera consommée(...) Les Wallons ont le sens de l'Etat et apprécient le principe républicain..(Ah oui ?).Quand la Belgique se sera défaite, ils ne souhaiteront pas demeurer orphelins d'un Etat digne de ce nom. D'où le plan réunioniste...
Qui est-il, ce nouveau Talleyrand, pour parler au nom du Mouvement wallon ? On comprendrait que la voix de la Wallonie s'exprime au travers des Etats généraux , mais est-ce bien le rôle du chef d'un petit parti, qui n'apporte à ceux-ci aucune caution morale ni la moindre aide logistique ? Ne lui en déplaise, le Mouvement wallon, qui comporte diverses composantes, est bel et bien séparatiste et attendre que la Belgique implose - sous l'effet de quelle force ? - avant de regarder vers la France, est une forme d'attentisme, sinon de lâcheté, d'autant qu 'on sait à présent qu'un Wallon sur deux est rattachiste !
Si au moins, les dirigeants rattachistes prenaient langue avec les nationalistes flamands pour hâter ensemble l'implosion belge...Mais non, ils se comportent dans ce domaine comme les partis francophones belgicains ! Di Rupo, Joëlle Milquet, Javaux, Talleyrand 2008, même combat ? Ils attendent tous, comme les convoyeurs...Les dirigeants du (vrai) Mouvement wallon n'avaient pas hésité, au lendemain de l' insurrection de 1950, à prendre de tels contacts, qui ont permis l'émergence du fédéralisme(2). Mais chut ! Il ne faut pas parler du passé ...
(1) Cf Schreurs Fernand, Contribution à l'histoire d'une insurrection, in Nouvelle Revue Wallonne, tome 3, n°1, p. 8-20.
(2) Cf Contacts et inquiétudes, Nouvelle Revue Wallonne, Editorial, tome 3, n°3, avril 1951, p. 145-147.
7 commentaires:
Mais vous ne comprenez rien ! Si certains disent cela, c'est pour ne pas effaroucher les belgicains et faire porter la responsabilité de la séparation aux Flamands.
@ G. Doneux.
Et bien, si ce que vous dites est vrai, c'est triste et lamentable. Quel mépris pour le peuple de Wallonie! Le"nouveau Talleyrand" n'arrive pas à la cheville de l'autre, le vrai. Certes celui-ci avait plein de ruses dans son sac, mais au moins il ne méprisait pas les Français, ni les Russes, ni les Autrichiens, d'ailleurs. Comment peut-on dire que les Wallons ont "le sens de l'Etat" et les prendre à ce point pour des ignorants et des imbéciles? En outre, quand on voit comment est gérée la Région wallonne, qui donc à un sens de l'Etat ? Il est vrai que quand on pratique "la pensée unique" et qu'on affirme aux militants : ne réfléchissez pas, ne débattez pas, "on pense pour vous", on ne doit pas s'attendre à ce qu'un gourou dise la vérité au peuple et l'invite à réfléchir et à se prendre en mains! "On" préfère le maintenir dans l'ignorance et dans "l'attentisme", comme on dit, et flatter ses penchants - fussent-ils belgicains. Quelle hypocrisie ! Evidemment, si le seul objectif du chef et des naïfs qui le suivent est de se faire élire n'importe où et par n'importe quels moyens, on ne s'étonne plus de rien.Pauvres militants, si dévoués, si convaincus ! J'ai mal au coeur pour eux. Et n'oublions quand même pas cette réflexion de Napoléon à Talleyrand : "vous êtes de la merde dans un bas de soie"...
Une suggestion: qu'attendons-nous pour faire de même, nous en Wallonie ? Concrètement, imaginez que tous les Bourgmestres (futurs Maires) de Wallonie prennent tous l'initiative comme une traînée de poudre, de remplacer systématiquement tous les drapeaux belges de leur commune par des drapeaux Wallons et Français, histoire de protester contre l'immobilisme belge ou la belgique tout court. Puisque c'est permis, pourquoi pas ? Dans toutes les communes de Wallonie, on ne verrait flotter que le drapeau Wallon et Français. Que pourraient faire les autorités du royaume contre la loi du nombre ? Qu'en pensez-vous ? Que je suis fou ? Oh oui ! Je préfère avoir ce grain de folie rattachiste que d'être un béni-oui-oui.
Excellente idée, Monsieur Hansen. Dans cet ordre d'idées, savez-vous que dans son bureau de maire, Monsieur Claude Eerdekens, député-bourgmestre PS d'Andenne, ancien ministre, a remplacé au mur les portraits d' Albert II et de Paola par celui...du général de Gaulle!
Vous voyez, il y a quand même des hommes politiques wallons déterminés et fiers qui n'hésitent pas à afficher leurs convictions.
A méditer par les "rattachistes honteux"...
Je me souviens, en 1950, d'avoir parcouru en voiture, avec un laissez-passer de la FGTB, le sillon Sambre et Meuse de Liège à Mons. Ce n'était qu'une marée de drapeaux wallons. Les quelques drapeaux belges qui n'avaient pas été enlevés sur les bâtiments publics étaient en berne, à côté du drapeau wallon flottant fièrement. Je n'ai pas vu de drapeaux français, mais dans tous les rassemblements, on chantait La Marsellaise. Pour les militants d'alors, c'était merveilleux...
Que de compromis, de reniements, de volte-faces dans la mouvance rattachiste ! Des purs et durs du parti France sont devenus des étapistes, des réunionistes sont devenus indépendantistes, des rapprochistes sont devenus réunionistes, des indépendantistes sont devenus "républicains wallons"; à côté des réunionistes, il y a des "unionistes", certains sont devenus "attentistes" et se comportent comme des belgicains, enfin, il y a les rattachistes "honteux"...
Si toutes les tendances de cette nébuleuse pouvaient non fusionner, mais se rassembler dans un seul grand Mouvement pour donner l'assaut final à la België-que!
On peut rêver...
François Perin a dit un jour (je cite de mémoire): "Pour moi, un parti politique n'est qu'un instrument", ajoutant une réflexion du genre : "quand il n'est plus utile, on le jette et on en crée un autre, ou on adhère à un autre".
Je partage entièrement cet avis et je plains ceux qui placent "l'intérêt du parti", avant la cause qu' ils défendent. Ce sont les mêmes qui, quand ils sont à court d'arguments, invoquent l'indispensable "discipline du parti".Indispensable, car elle les dispense de penser...
Il y a des gens comme cela dans tous les partis, y compris, hélas, chez les rattachistes.
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