Dans le commentaire qu'il a posté sur notre article précédent, M. René-G.Thirion, créateur et animateur de l'excellent blog "Liège-France-Eco", avec lequel nous avons un lien privilégié, signale la déclaration que M. Bart De Wever, président de la N-VA, a faite ce matin sur les ondes de la RTB(f) et qu'il a réitérée au JT du soir.
Je pense qu'il n'y a pas de minorité francophone en Flandre, il y a des immigrants qui doivent s'adapter. On le demande bien à des Marocains, à des Turcs. On ne leur dit pas : "Vous êtes trop nombreux, donc l'arabe va devenir une langue officielle". C'est dingue, a dit le président de la N-VA, nulle part dans le monde on n'accepte cette logique; tout le monde est le bienvenu en Flandre. On peut continuer à y parler français. Tout ce qu'on demande, c'est que la langue de gestion soit le néerlandais. Il faut arrêter le "colonialisme" de Bruxelles vers la Flandre.
Beaucoup de rattachistes pensent de même. C'est notre cas, on le sait, c'est l'avis général à Liège-France, mais ce l'est aussi de M. Thirion qui écrit : Peut-on lui donner tort ? (à M. De Wever). Va-t-on bientôt considérer que l'arabe est une langue officielle en Wallonie parce que ses locuteurs y sont de plus en plus nombreux ?Non, me direz-vous(...)
Comme je le rappelle dans un commentaire, ce concept de "minorité francophone en Flandre" date de la Belgique unitaire, à une époque où le Mouvement wallon n'avait pas encore fait sa mutation vers le fédéralisme. Au début du siècle passé, le combat wallon et le combat francophone se confondaient. C'est surtout avec Jules Destrée que les choses on changé et c'est le Congrès wallon de 1945 - dont tous les rattachistes se réclament -, qui a banni ces notions périmées de "minorités linguistiques", en revendiquant l'unilinguisme intégral de la Wallonie et de la Flandre.
Il ne fut plus question, dès lors, de reconnaître la moindre "minorité" de part et d'autre de la frontière linguistique, celle-ci préfigurant dès ce moment, tant pour le Mouvement wallon que pour le Mouvement flamand (bien d'accord sur ce point) une frontière d'Etat. En fait, c'est le FDF qui a relancé ce vieux concept belgicain que certains - on se demande pourquoi - veulent lier au combat pour le rattachement de la Wallonie à la France !
6 commentaires:
Monsieur Schreurs,
Je vous ai rencontré le 14 juillet à Liège. Malheureusement notre conversation a été interrompue par l'arrivée d'une tierce personne.
Je lis votre blog chaque jour. Pourrais-je avoir plus de renseignements sur "Liège-France", dont je partage totalement les idées, ce qui n'est pas tout-à-fait le cas avec le RWF de Huy dont je suis membre depuis deux ans. Est-ce envisageable d'être à la fois membre des deux partis ?
Bonne continuation et tous mes remerciements.
Joseph Senny, de Filot-Hamoir.
Dans son commentaire du 1 août à 16:18 , à la suite du texte « Quand trois crocodiles accouchent d’une souris … », M. André Schreurs nous écrit à juste titre, ceci : "ce concept de "minorité francophone" en Flandre date de la Belgique unitaire, à une époque où le Mouvement wallon n'avait pas encore fait sa mutation vers le fédéralisme." C'était avant le Congrès Wallon de 1945. A cette époque, l’Etat belge n'était évidemment pas encore régionalisé, et la frontière linguistique n’existait pas encore dans la Constitution belge. Ainsi la Flandre n'avait pas encore de territoire aux frontières (légales) bien définies, et les flamands ne disposaient encore d’aucun moyen juridique pour faire respecter l'usage de leur langue, ni non plus d’aucun moyen de pression pour lutter contre la francisation de leur espace culturel qui allait devenir leur territoire. Donc si je comprends bien, les Flamands n’ont pas su lutter contre cette francisation qui a commencé avant l’heure donc contre leur gré. Voici comment les premiers problèmes linguistiques belgo-belges sont nés, ce dans l'indifférence générale des « frankeupheunes ». Ne trouvez-vous pas ce fait historique révoltant, franchement ? Je m’excuse mais moi, il me révulse ! Et d’aucun viendront s’étonner aujourd’hui du ressentiment qu'éprouvent les Flamands ! Car si l’on examine bien la situation actuelle, les dissensions linguistiques ne se font entendre qu’en Flandre, plus précisément dans l’arrondissement « B-H-V », à cause de ces «frankeupheunes» qui rechignent à parler le néerlandais, c'est-à-dire la langue du pays où ils se trouvent. Alors, honnêtement, je vous pose cette question, dans ces conditions, qui colonise (ou veut coloniser) l’autre ? Les Flamands ou les "frankeupheunes" ? L’Etat belge aura eu deux colonies: le Congo et le peuple flamand.
J’ai pris la résolution de suivre des cours du soir de néerlandais dès la prochaine rentrée scolaire, ce afin de mieux maîtriser cette langue et ainsi, de mieux communiquer avec nos amis du nord. Je dis « nos amis » car c’est avec eux et non pas avec nos partis « frankeûpheûnes » traditionnels, qu’il conviendra de préparer un divorce propre de l’Etat belge et de mettre ainsi la Wallonie dans les conditions optimales d'être rattachée à la France.
Correction importante. La révolution belge a été essentiellement française, n'en déplaise à Monsieur Hansen et la langue officielle de ce nouveau royaume était le français. Cela a été une erreur profonde de légaliser l'usage administratif du flamand. Ce qui mettait le flamand comme le wallon à égalité comme langue régionale.
A suivre Monsieur Hansen, La république française colonise, les alsaciens, les bretons, les occitans et autres peuples régionaux parce que la seulle langue officielle écrite dans la constitution est le français.
Que Monsieur Hansen déteste la Belgique ancienne, je ne lui en ferai pas le reproche, mais qu'il aime les flamands à ce point me sidère.
La Flandre française devrait revenir au flamand si je le comprends bien. Il rejoint en cela les extrémistes flamands qui ont amputé une partie de leur blason en singe de la mutilation d'une partie de la Flandre par la France.
Il fallait que cela soit dit car il serait dommange que le blogue Liège-France commence à ressembler à un blogue de haine contre l'expression française en Belgique, sous prétexte que l'état actuel est en faillite de leur faute.
Comme il semble difficile d'avoir des idées claires en ce qui concerne le problème des francophones bruxellois,"centraux" et "périphériques"...
En quoi la reconnaissance du néerlandais comme langue officielle en Flandre a-t-elle été "une etrreur profonde", comme l'écrit M Thirion ? Quel rapport cela a-t-il avec les dialectes wallons? L'erreur aurait été au contraire de maintenir deux "langues régionales", le wallon et le flamand. Les deux langues officielles ne pouvaient être que le français pour la Wallonie et le néerlandais pour la Flandre.
Quel rapport y a-t-il avec les parlers régionaux de France ? Le néerlandais n'est pas une langue régionale.
Ou M. Thirion voit-il que M. Hansen "aime les Flamands à ce point" ? Parce qu'il écrit "nos amis flamands" ? Mais il s'agit seulement d'"amis politiques", c'est-à dire d'"alliés objectifs" pour faire triompher notre Cause. Ce ne sont pas les partis francophones traditionnels qui vont nous y aider ! Les "amis politiques" ne sont pas à confondre avec des amis "tout court". Je n'en veux pour preuve que les coups bas qu'on peut s'administrer au sein d'un même parti...
Quant au problème des francophones de Bruxelles, j'ai expliqué et nuancé notre position dans un autre commentaire posté sur un message précédent tout récent.
De grâce, ne confondons pas tout et ne faisons pas d'amalgame entre le combat rattachiste - que nous ne gagnerons qu'avec l'appui des séparatistes flamands-,et le combat francophone, qui est certes très respectable, mais étranger à notre Cause. Est-ce si difficile à comprendre et à admettre ?
Je dis que le wallon est une langue romane alors que le flamand est un dialecte. Je ne' suis pas contre l'indépendance de la Flandre et de la Wallonie. Mais sur le plan historique la Belgique a commis une erreur profonde en acceptant le dialecte paysan et ouvrier flamand comme une langue officielle pour sa survie.
Je pense que la République n'a pas fait cette erruer à ce jour, bien qu'il y ait eu une tentative d'inscrire les langues régionales à la constitution.
D'autre part, j'en ai marre de ce sentiment de culpabilité du francophone développé par Monsieur Hansen.
S'il y a un colonialisme actuel en belgique, c'est bien le colonialisme flamand. Je le sais j'ai 45 ans d'expérience derrière moi qui ont demontré le pillage économique de la Wallonie et de Bruxelles, à un point tel que la plupart des postes dirigeants de la Belgique sont des flamands.
Alors, les regrets envers le peuple flamand et la repentance, très peu pour moi. Les seuls francophones qui ont opprimé les flamands, ce sont leurs élites et leurs bourgeois.
"Les seuls francophones qui ont opprimé les flamands, ce sont leurs élites et leurs bourgeois."
Parfaitement exact !
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