samedi 2 août 2008

Les rattachistes n'ont pas à se soucier de Bruxelles

Pourquoi ? Mais parce que la Wallonie et Bruxelles sont deux entités fédérées très différentes, qui n'on commun que l'usage de la langue française. Les mentalités, les sensibilités et les intérês économiques sont quasi opposés. En outre, si 85% des Bruxellois parlent de préférence le français, beaucoup d'entre eux sont bilingues et inscrivent même leurs enfants dans des écoles flamandes, pour qu'ils maîtrisent mieux le néerlandais. Rien de semblable en Wallonie, où les parents privilégient l'anglais comme première langue étrangère, ainsi que pour les classes d'immersion.
Question sensibilité : imagine-t-on les Bruxellois francophones fêter le 14 juillet comme les Liégeois ? Non, évidemment ! Leur grande fête populaire n'est pas le 14, mais le 21 juillet Bruxelles est une ville historiquement flamande (une bourgade, au temps de la splendeur de la principauté de Liège, dont la capitale était appelée l' Athène du Nord), qui a été francisée. Les noms des principales communes se terminant par le suffixe beek en témoignent. C'est forcément à Bruxelles que l'on trouve le plus de belgicains et de royalistes, puisqu'elle est au centre du royaume et abrite les grandes institutions demeurées "nationales", à commencer par le Palais royal, la Chambre et le Sénat. Et la proportion croît encore dans les communes "à facilités", où les francophones n'ont aucun avenir s'ils ne se raccrochent pas à Bruxelles et à la Belgique.
Question toute simple, mais incontournable : si les Bruxellois et les Wallons étaient si semblables, pourquoi a-t-on créé une Région de Bruxelles-capitale, au lieu d'une seule Région- la Région wallonne -avec des facilités pour la petite minorité flamande qui y vit ? Les Bruxellois ne veulent pas s'unir à la Wallonie, seul un quart d'entre eux (24%) seraient favorable à une telle union en cas d'implosion de la Belgique. La grosse majorité (47%) veulent que Bruxelles devienne indépendante. Que dire alors de la réunion à la France ! Il n'en a même pas été question. Ce n'est pas par hasard que la question du rattachement à la France, lors du dernier grand sondage réalisé pour "Le Soir"et "La Voix du Nord", n'a été posée qu'aux seul Wallons, pas aux Bruxellois. C'est dommage d'ailleurs, car cela aurait définitivement mis fin aux propos des rêveurs et des utopistes qui s'obstinnent, malgré tous les baromètres politiques, à présenter Bruxelles comme une "région de France" au même titre que la Wallonie, comme c'est le cas sur certains calicots. Certains ont été jusqu'à écrire que le 14 juillet avait été fêté à Bruxelles comme à Liège, comme si on pouvait mettre sur le même plan une foule de 30.000 personnes- même si beaucoup étaient là pour faire la fête - et des calicots placés par des militants sur des ponts d'autoroute !
On reste confondu devant l'outrance d'une telle propagande, tellement éloignée de la réalité qu'on a peine à comprendre qu'elle puisse émaner de gens sérieux. De plus - et c'est peut-être encore plus grave - cette propagande trompe les Wallons et aussi les Français, qui pourraient imaginer que les Bruxellois souhaitent également devenir français.
Les rattachistes doivent rejeter ces thèses fallacieuses et non crédibles, s'ils veulent être approuvés et suivis par la population wallonne. A moins de prendre vraiment les Wallons pour des imbéciles, ce qui serait une façon de les mépriser !
Ne manquez pas de visiter le site de Marianne 2. Vous y verrez un reportage intéressant sur le récent sondage IPSOS concernant le sentiment des Wallons au sujet du rattachement de la Wallonie à la France. Plus de 7.500 internautes ont déjà vu ce reportage présenté en You-tube. Pour le voir et l'entendre, cliquez sur http:// www.marianne2.fr/Belgique-le-coming-out-rattachiste-des-Wallons_a89906.html
Une interview de Paul Durieux, président du RWF-Liège et d'André Schreurs, de Liège-France, figurait déjà sur ce site.

2 commentaires:

A. Schreurs a dit…

Il convient de préciser ceci.

Ce sont les "rattachistes" en tant que tels qui n'ont pas à se soucier de Bruxelles, parce que c'est étranger à leur combat et peut même le retarder et le discréditer !

Mais cela ne signifie pas qu'il faille, d'une manière générale, se désintéresser des francophones de Bruxelles. En tant que francophones, il est normal que les Wallons soient solidaires, sur le plan cuturel, de tous ceux qui parlent leur langue. On ne comprendrait pas qu'ils soient solidaires des Jurassiens, des Québécois et des Sénégalais et qu'ils ne le soient pas des Bruxellois !

Mais c'est en quelque sorte d'une solidarité "internationale" dont il s'agit, pas dans le cadre dépassé de la Belgique

L'important est de ne pas lier, de ne pas confondre les deux démarches, la "rattachiste" et l'"internationale",qui se situe en dehors des contingences belges.

Notre conception est en train de l'emporter dans les milieux rattachistes. Laissons le FDF, qui n'est pas rattachiste, défendre les francophones de Bruxelles et de la périphérie. C'est sa mission, il a été créé pour cela. De toute façon, les rattachistes n'ont aucune influence à Bruxelles ils sont inexistants, comme les sondages l'ont montré.

Soyons réalistes !

A. Schreurs a dit…

Je réponds à M. Joseph Senny, de ilot-Hamoir; membre du RWF de Huy, avec qui j'ai conversé le 14 juillet, et qui partage plutôt le point de vue de Liège-France :

Pour moi, il n'y a aucune incompatibilité à être membre des deux côtés, mais il faut bien être conscient que, bien que poursuivant le même objectif (la réunion de la Wallonie à la France), le RWF et Liège-France ont des lignes politiques et des stratégies différentes en ce qui concerne le problème de Bruxelles.

Bienvenue parmi nous !