Si, dans certains cas et dans certains domaines, les Wallons et les Bruxellois ont réagi dans le même sens - ce fut flagrant lors de la Question royale où, lors de la consultation populaire de 1950, une nette majorité se dégagea dans les deux régions contre le retour de Lépold III - tout indique qu'il en va différemment en ce qui concerne l'attitude envers la France. Tant les sondages réalisés que les résultats électoraux l'indiquent. Alors que 49% des Wallons sont favorables à la réunion à la France en cas d'éclatement de la Belgique, plusieurs sondages effectués ne donnent pas 10% d'opinion semblable pour les Bruxellois. Quant aux résultats électoraux, ils sont encore plus significatifs : tandis que le RWF obtient entre 1 et 2% des voix en Wallonie, le RBF ne récolte que 0, 3%, soit près de dix fois moins, dans la région bruxelloise!
Ceci montre combien les situations sont différentes dans les deux régions et illustre le danger de jumeler et plus encore de confondre les deux combats : celui des Wallons rattachistes et celui des Bruxellois francophones, plus préoccupés de défendre leurs droits dans le cadre de la situation actuelle que de se projeter dans un éventuel avenir français. Etant donné le statut dont jouit Bruxelles comme capitale européenne, beaucoup de Bruxellois se verraient mieux, si la Belgique éclate, comme citoyens d'une Ville libre internationale plutôt que comme citoyens français, tentation qui n'existe pas en Wallonie. Il est donc impératif de dissocier les deux combats, la situation bruxelloise risquant d'hypothéquer la situation wallonne, ce qui ne signifie pas que le combat des francophones de Bruxelles ne soit pas aussi respectable que celui des rattachistes wallons.
L'existence de la Communauté "française" illustre bien le danger de l'amalgame entre les intérêts wallons et bruxellois. Bien que les Wallons y soient largement majoritaires, ce ne sont pas eux qui donnent le ton au parlement de la Communauté. Même rebaptisée "communauté Wallonie-Bruxelles", cette institution et tous les services qui en dépendent sont demeurés, sous l'influence des Bruxellois, foncièrement "belges".Le parlement de la Communauté est à Bruxelles, son gouvernement s'y réunit, l'enseignement et la politique des arts sont conçus et dirigés depuis Bruxelles, les Beaux-Arts sont devenus le Bozar, la discothèque est devenue la discotek. La Communauté "française" n'est en effet française que de nom. Elle ne fait rien pour nous rapprocher de la France, mais s'efforce au contraire de s'en différencier tout en occultant la Wallonie.
Par cette politique belgicaine, elle a en quelque sorte " dénationalisé" les Wallons en leur faisant perdre la mémoire de leur passé par un enseignement inapproprié. Alors que la conscience wallonne était si vive en 1945-50 et 60, la Communauté française et ses institutions - l'enseignement, mais aussi la radio-télévision publique - ont en quelque sorte "rebelgifié" les Wallons. Sa création, en 1970, fut une erreur historique responsable en grande partie de l'échec du fédéralisme. La "double casquette" n'a rien arrangé et je rejoins les régionalistes wallons lorsqu'ils demandent sa suppression et le transfert de ses compétences à la Région wallonne.
André Schreurs
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14 commentaires:
Les Bruxellois ne votent pas RWF, notamment parce que le FDF, et une partie du MR de Bruxelles, est déjà présent sur le terrain en combinant habilement la défense de nos intérêts avec des arguments séparatistes. Il s'agit de la première force politique à Bruxelles. Les relents belgicains ne sont qu'astuce et fine stratégie politique. Il ne faut pas toujours dire ce que l'on pense pour obtenir ce que l'on veut.
En Wallonie, rien de tel: tous les partis sont belgicains, à l'exception du RWF qui reste cantonné à 1.4%. Ce n'est pas un hasard si la marche pour une Belgique unie a été organisée par Mme Houart à partir de Liège. Les Wallons se sentent "belges" et ils n'ont pas encore fait le pas vers le séparatisme auquel adhère déjà de nombreux Bruxellois.
Le changement de régime viendra de Bruxelles. Comme en 1830. Bien entendu, je souhaite vivement que les Wallons rejoignent notre cause. Mais avec près de 99% de belgicains convaincus, je reste très sceptique. Du moins, à moyen terme. Courage!
Mais comment Bruxelles peut-elle raisonnablement s'émanciper de sa réalité géographique, celle d'une ville flamande par sa géographie ? Il faudrait concevoir une annexion de nombreuses communes de la périphérie afin de donner consistance et cohérence à Bruxelles. Car ce n'est pas la problématique d'une ville majeure à la frontière qui est en cause, mais celle des capacités de rayonnement d'une ville de toute part entourée de terres flamandes et encore massivement néerlandophones, peuplées de personnes désormais acquises à l'intangibilité de la frontière linguistique et qui ne renonceront pas à l'expression de leur identité dans les frontières qui lui ont été concédées (frontières qui sont au désavantage certain de la culture néerlandophone qui perd une de ses grandes villes et des nombreuses communes aujourd'hui wallonnes à facilités).
Bref, penser rattachement à la France à Bruxelles, c'est une folie irréalisable. Il est plus probable qu'en dépit de son inertie et de son belgicanisme de façade, la population wallonne rejoigne la France sans Bruxelles. A moins que dès aujourd'hui les Bruxellois francolâtres ne mènent une guerre médiatique. Où sont les cartes qui montreraient Bruxelles en continuité territoriale avec la Wallonie ? Où sont les drapeaux français ? Où sont les inscriptions néerlandaises vandalisées ? Je ne vois rien de tout cela. Pourtant, vous avez intérêt à vous y prendre tôt, car en cas de scission brusque de la Belgique, Bruxelles n'apparaîtra pas en l'état aux yeux des diplomates internationaux comme devant être nécessairement reversée à la France.
Une question concrète donc : où placez-vous la future frontière entre France et Flandre ? Quelles communes flamandes annexez-vous ? Quel statut pour les populations néerlandophones dans une République française qui ne reconnait aucune minorité ?
Gaussez-vous donc des 0,30 % de suffrages obtenus par le RBF, Monsieur Schreurs !
Après l'éviction de M. Goosse en 2008 et la mise à l'écart par PHG de notre message aux Bruxellois pour les élections 2009, il est encore étonnant que nous ayons atteint 0,30 % des voix (score inchangé et donc maintenu).
Monsieur PHG s'est employé, pendant 10 ans, à faire taire, à museler, les Wallons et les Bruxellois.
Je comprends mal votre obstination à vouloir comparer, dans ces conditions, les scores rattachistes des uns et des autres.
Je n'ai jamais disconvenu ici de ce que les combats wallon et bruxellois sont dissemblables (quoiqu'ils se rejoignent le plus souvent)
Merci donc d'arrêter, une fois pour toutes, de vous acharner sur les Buxellois francophones ! Qui ne vous ont rien fait ...
"... Les Wallons se sentent "belges" et ils n'ont pas encore fait le pas vers le séparatisme auquel adhère déjà de nombreux Bruxellois"... "je souhaite vivement que les Wallons rejoignent notre cause." et "Le changement de régime viendra de Bruxelles. Comme en 1830."
Ha ha ha ! Elle est très bonne celle-là ! C'est excellent !
Sacré Salomé va !
Par contre, avec cette phrase, : " Il ne faut pas toujours dire ce que l'on pense pour obtenir ce que l'on veut.", je suis tout à fait d'accord. Je vous conseille de la méditer.
;-)
A monsieur Tirmarche, vous devriez peut-être arrêter de vous acharner sur les Wallons.
Vous qui préchez depuis des années pour le Bruxo-wall (ou, à défaut, l'annexion à Bruxelles de communes du Brabant wallon quand ce n'est pas toute la province) et avez participé activement au Putch visant à éliminer des gens dd valeur comme Messieurs Goosse et Wilmet qui, eux, n'ont jamais renoncé à leurs origines wallonnes et dont le passé militant a toujours été exemplaire.
Occupez-vous de Bruxelles, et uniquement d'elle, ça devrait être votre seule priorité.
@ M. André Tirmarche :
Où voyez-vous donc un acharnement contre les Bruxellois francophones ? Avez-vous bien lu mes deux billets ? Ils ne comportent que des mots aimables et respectueux à leur égard. Ce n'est pas parce qu'on distingue deux personnes qu'on ne les respecte pas toutes les deux. Chacune à ses qualités et ses caractéristiques. Si les Wallons et les Bruxellois étaient identiques, il n'y aurait pas deux Régions distinctes. Je demande simplement qu'on ne mélange pas les choses, en l'espèce le combat des Wallons et celui des Bruxellois. Où donc est le problème ?
Je ne me gausse pas du tout du score de 0,30% du RBF. Dans mon esprit, c'est assez normal étant donné la mentalité de la population bruxelloise et on retrouve des différences semblables dans les sondages(10% contre 49%).
Quant à M. Gendebien, je suis bien d'accord avec vous, mais son comportement en Wallonie a été aussi délétère qu'à Bruxelles. Je suppose que vous avez lu tout ce qui s'écrit à ce sujet sur ce blogue.
Bien à vous.
Je m'insurge avec véhémence contre cette accusation gratuite qui voit en moi un "putchiste" à la base de l'écartement de MM. Goosse et Wilmet, dans laquelle je ne suis pour rien.
M. J.-F. Goosse, qui est d'ailleurs un ami de longue date, pourra vous le confirmer.
Par ailleurs, je ne vois pas en quoi je m'acharnerais sur les Wallons, comme M. Daly le prétend. Tel n'est pas du tout l'avis des rénovateurs du RWF !
Les types, comme Schreurs ou Thayse, anti-bruxellois notoires, ne semblent plus vivre que par l'aigreur, les attaques personnelles, l'ingérence dans les affaires bruxelloises, à défaut de s'occuper de leur propre région. C'est peut-être une façon pour eux d'éviter de tomber dans les oubliettes de l'Histoire.
De quel droit ces individus entendent-ils s'immiscer dans les affaires bruxelloises ??
Quel commentaire stupide de ce Bruxellois rageur ! Encore un qui ne sait pas lire. Des injures, des procès d'intention...C'est à se demander si cela vaut encore la peine de tenter d'expliquer quelque chose à ces gens-là !
Pour mémoire, Claude Thayse et André Schreurs ont surtout refusé de signer la lettre envoyée par Gheude et consorts (dont moi !) contre la candidature du flamingant Herman Van Rompuy à la Présidence du Conseil Européen et à cause de cette attitude particulièrement irresponsable, la cohésion du groupe des EGW s'est brisée. Dommage, les EGW étaient une excellente initiative !
Cette information est véridique et je l'ai publiée sur l'excellent blog de Jean-Sébastien Jamart qui ne censure pas les commentaires, lui.
Les EGW étaient en effet une excellente initiative, qui a malheureusement été sabotée aussi bien par la direction du RWF que par les régionalistes
/indépendantistes wallons.
Rien n'obligeait MM. Schreurs et Thayse de signer une lettre ouverte au Président de la République, qu'ils n'approuvaient pas. Les signataires auraient très bien pu maintenir le groupe de travail en vie et M. Schreurs aurait certainement continué à participer à ses travaux. On ne voit pas en quoi le refus de signer la Lettre était une attitude irresponsable. C'est cette démarche qui était irresponsable, sachant bien que le Président Sarkozy, dont le choix était fait en connaissance de cause, n'y accorderait aucun crédit. Quant aux membres de l'Assemblée nationale, ils reçoivent tellement de courrier qu'ils n'y ont pas davantage prêté attrention. Pour le combat rattachiste, la présence de Herman Van Rompuy à la présidence du Conseil européen n'a aucune importance. Il vallait mieux qu'Yves Leterme redevienne Premier ministre, car on pouvait espérer de sa part de nouvelles "gaffes" intéressantes pour notre cause.
Le "francophone de Bruxelles", comme d'habitude, affirme, condamne, villipende, mais est incapable de démonttrer quoi que ce soit !Désolant !
Quelqu'un se fait passer pour moi (je n'ai pas d'extension .com). Les admin pourront aisément vérifier sur base de l'adresse IP. Merci d'en prendre note.
En effet ! C'est une tentative de division entre MM. Jamart et Schreurs, parfaitement puérile et inopérante.
Je suis étonné par les chiffres de sondages que vous donnez. J'ai déjà vu le chiffre de 49% (êtes-vous sûrs que c'étaient des Wallons et non des "francophones"-nos amis Français en général ne font pas la différence entre Wallons et francophones de Belgique). Mais celui de 10%, cela ne me dit rien. Auriez-vous l'obligeance de nous en informer?
Si vous me permettez une digression, certains à Bxl rêvent effectivement d'une soit-disant "ville-État" - en particulier, les seuls politiciens à en avoir parlé apparemment sérieusement étaient plutôt flamingants (ex: Louis Tobbak). À part eux, tout le monde sait que c'est bien une fiction. Les Bruxellois devront bien choisir une citoyenneté - et ce ne sera pas la flamande, ce qui est certain. La citoyenneté européenne, tout en étant réelle, ne saura être suffisante; ce sera donc la française.
Paul Frétier
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