lundi 25 janvier 2010

Le fédéralisme ou le chaos : une fausse alternative

"Le fédéralisme ou le chaos", c'est le nouveau slogan du FDF, qui précise, par la voix de son président, M. Olivier Maingain : "Non au séparatisme, oui à l'élargissement de Bruxelles". Et pour qu'on comprenne bien, il ajoute, dans une interview au Soir : "Ceux qui, dans les rangs francophones, n'auront pas le courage de dire non à la scission de BHV, ou n'en exigeront pas la contrepartie essentielle qu'est l'élargisement de Bruxelles, n'auront pas davantage le courage de dire non à la scission de la sécurité sociale".

M. Maingain s'en est pris au confédéralisme, "prôné par tant de forces au Nord et que ne dédaigne pas un certain Philippe Moureaux", dans lequel il voit "une pente dangereuse vers l'inconnu, le chaos".

Il est assez cocasse de défendre encore le fédéralisme existant, comme si c'était la panacée à tous nos maux, alors que l'expérience a prouvé qu'il est un échec patent et n'a pu empêcher les deux années de crise qui ont failli faire chavirer la Belgique après les élections législatives de 2007 ! Curieuse alternative au chaos que le système qui a lui-même provoqué le chaos ! Mais le FDF n'est pas à une contradiction près. M. Maingain ne présente-t-il pas "l'unité de la Wallonie et de Bruxelles" comme le seul moyen de faire face  à "un Etat flamand qui se construit" et de "faire jeu égal avec la Flandre sur les plans économique, social et politique"?

De quel fédéralisme s'agit-il ?  L'évocation de l'Etat flamand ne relève-t-elle pas plutôt de ce confédéralime décrié par le FDF ? Il y a manifestement plusieurs incohérences dans le discours de M. Maingain. La vérité n'est-elle pas, comme il le laisse d'ailleurs entendre lui-même, que le FDF et plus encore le MR auquel il est associé, veulent utiliser le fédéralisme et l'union Wallonie-Bruxelles pour s'insérer et exister comme troisième force politique entre l'Etat PS au Sud et l'Etat CD&V au Nord , deux "Etats" entre lesquels "la connivence a été criante plus d'une fois dans l'histoire institutionnelle récente de notre pays" ?

Nous y voila ! Sous couvert de la défense de la Belgique et des francophones - deux concepts de plus en plus associés - les libéraux et les "fédéralistes" veulent tout simplement réaliser une opération politique, qui ne peut que noyer encore un peu plus la conscience wallonne dans le magma belgo-francophone et utiliser les Wallons pour défendre des intérêts partisans et bruxellois.

Il faut espérer que les militants wallons en général et les rattachistes en particulier comprendront ce jeu politique et ne se laisseront pas séduire par les sirènes du FDF qui cherche à s'implanter en Wallonie pour y renforcer le MR et maintenir la Belgique en vie.

Exprimez votre avis en postant des commentaires. Voir également le billet de Claude Thayse sur son blogue-notes et les commentaires.

4 commentaires:

El viajero a dit…

Cela me paraît, en effet, fort embrouillé! Il faudra dénouer l'écheveau et ce ne sera pas simple. Yves Pierlot.

Stéphane Dohet a dit…

Le FDF n'a aucun projet pour la Wallonie. Aucun Wallon ne peut se sentir proche d'un parti qui ne jure que par la communauté française.

En se disant fédéralistes, les FDF prouvent qu'ils ont une guerre de retard. C'était comme se dire unitaristes en 1968.

mars2000 a dit…

Je pense qu'il faut voir au-delà des mots utilisés par Olivier Maingain, tout en sachant qu'il doit être suffisamment diplomatique pour ne pas froisser ceux qui ne sont pas encore prêts à faire le deuil de la Belgique fédérale.

Une chose est certaine : il résistera jusqu'au bout et fera porter le poids de la décision de séparation à la Flandre tout en lui faisant payer le prix fort : non seulement la perte de Bruxelles, mais aussi celle des 6 communes à facilités, ce via le contexte d'une intervention internationale (principalement la France, l'Angleterre, les Pays-Bas et l'Allemagne) qui organisera la consultation populaire pour mettre démocratiquement fin à l'instabilité juridique des frontières entre Bruxelles et la Flandre (la scission de BHV ayant été votée, mais non signée et promulguée vu le refus des ministres francophones).

De plus, le mot "fédéralisme" peut s'appliquer aussi à la future Fédération Wallonie-Bruxelles au sein de laquelle on pourra non seulement donner un statut de région à part entière à Bruxelles (par la régionalisation des matières culturelles et personnalisables), mais aussi préparer les populations des 2 régions au référendum devant mener à une formule d'association - intégration - assimilation à la France.

Il n'y a pas opposition entre l'approche FDF et l'approche rattachiste réaliste (pas celle du RWF !), mais complémentarité.

De plus, si le fait de voter FDF peut avoir pour effet de faire peur au PS quant à sa première place en Wallonie, cela ne pourrait qu'inciter le royaliste Elio à changer d'avis et à devenir, subitement, plus favorable aux thèses rattachistes.

Je n'hésite pas à le dire : comme électeur, j'exercerai ce mode de chantage sur le PS en votant FDF !

Benoît Delvaux

C. Thayse a dit…

J'ai répondu à Monsieur Delvaux sur mon blog où il a déposé le même commentaire.