Voulant jouer les francophonissimes [belgicains] et les super-démocrates, Joëlle Milquet et le CdH se sont fendu, ce jeudi après-midi, d'un communiqué vengeur à l'égard du ministre de l'Intérieur du gouvernement flamand, M.Geert Bourgeois. Dénonçant sa politique de "deux poids, deux mesures", le cdH voit un "nouveau déni de démocratie" dans le fait que le ministre N-VA a décidé de ne pas sanctionner les bourgmestres flamands de l'arrondissement BHV qui boycotteront l'organisation des élections du 13 juin pour cause "d'inconstitutionnalité".
Et de comparer cette attitude avec le refus persistant du même ministre de nommer les trois "bourgmestres-non-nommés" [charabia désignant les conseillers communaux candidats au poste de bourgmestre de trois des communes à facilités]. Se prenant encore une fois pour la Jeanne d'Arc belge, Joëlle Milquet est montée sur ses grands chevaux et a interpellé la ministre fédérale de l'Intérieur, la sémillante Mme Turtelboom, afin que les élections se déroulent "correctement" dans ces communes aux bourgmestres récalcitrants "de la périphérie bruxelloise".
Car pour la présidente du cdH, la périphérie bruxelloise ne se limite pas aux six communes à facilités, elle s'étend bien au delà et inclut pratiquement toute la partie flamande de l'arrondissement de BHV. Telle est la conception de la démocratie de Mme Milquet, qui se croit encore chez elle partout en Belgique et singulièrement dans le Brabant flamand. Vous avez dit "impérialisme francophone" ?
Non seulement ce qui se passe en Flandre ne la regarde pas, mais elle sait très bien que le gouverneur du Brabant flamand, M. Lode De Witte, suppléera aux bourgmestres "défaillants". Elle sait très bien aussi que celui-ci n'a pas le pouvoir de nommer les trois candidats-bourgmestres francophones, dont la nomination est du ressort exclusif du gouvernement flamand, de sorte que son argumentation "deux poids, deux mesures" est fausse. Mais qu'importe, le cdH a voulu poser un acte politique en braconnant sur le terrain de chasse du FDF.
Médiocre, comme d'habitude !
10 commentaires:
A ce jour, 17 communes de la partie flamande de BHV ont décidé de ne pas organiser les élections. Il s'agit de : Hernes, Gooik, Roosdaal, Lennik, Pepingen, Sint Pieter-Leeuw, Halle, Overijse, Kampenhout, Zemst, Grimbergen, Meise, Londerzeel, Asse, Opwijk et Affligem.
La décision a été prise non par les seuls bourgmetres, mais par les conseil communaux de ces communes flamandes. De quoi se mêle, en effet, Mme Milquet ???
Corrections:
- les seuls bourgmestres
- les conseils communaux
Ph.R.
Ce n'est plus Mme Milquet, c'est Mme Mêle-tout.
Il s'agit d'une entorse au Code électoral. Celui-ci est toujours "belche" puisque l'Etat de Droit existe toujours. Peut-être pas pour longtemps mais c'est ainsi. De fait, les "bourgmestres non-nommés" sont du ressort du gouvernement flamand et s'il est de tradition de choisir le candidat ayant obtenu le plus de suffrage, ce n'est pas une obligation légale bien que démocratiquement ... Par contre, les bourgmestres refusant d'organiser les élections sont en infraction tant dans le Brabant flamand, qu'Hugo Broers dans les Fourons (Provincie Limburg). Ceci n'est pas une prise de position mais une constatation. Yves Pierlot.
Quand on regarde une simple carte de géographie, tout est pourtant tellement clair ! La Belgique est un assemblage malheureux de trois morceaux de nations, avec au centre un noeud routier, ferroviaire et...institutionnel. Ce noeud a un nom : Bruxelles. Ce serait bien plus simple et naturel si chaque morceau retournait à sa nation naturelle : la Flandre aux Pays-Bas, la Wallonie à la France et les cantons germanophones à l'Allemagne. Et Bruxelles, ville internationale, à l'Europe.
@ Nicole Bertiaux: simple et naturel mais nous vivons en Belgoslavie! En ce qui concerne Bruxelles, ville internationale, il y a un "hic"! Rien de semblable n'est prévu par les instances européennes. Faudrait d'abord savoir si elles seront d'accord et, de plus, c'est ultra-compliqué! Yves Pierlot.
@ Yves Pierlot : D'accord, mais de là à ce que ce soit un parti wallon/francophone qui proteste, en quoi cela le concerne-t-il? Les Wallons n'ont pas à se soucier de l'application du droit en Flandre, pas plus que les Flamands de le faire en Wallonie. De plus, les 17communes flamandes ont comme argument que les élections ne sont pas constitutionnelles parce qu'une solution n'a pas été trouvée a problème de BHV qui ne peut rester en l'état selon l'avis du conseil constititionnel, ce qu'a d'ailleurs rappelé le premier ministre Yves Leterme lui même en disant que les élections étaient légales mais pas constitutionnelles.Donc, ce n'est pas si simple que cela.Et comme ce sont les nouvelles Chambres elles-mêmes qui déclareront que les élections sont valables,c'est comme si un citoyen rendait lui-même la justice, alors il me paraît difficile d'évoquer encore l'état de droit!
@ Vincent Bodard: oui mais c'est la quadrature du cercle car la Belgique est, de fait, toujours un état de droit. La procédure de validation des élections par les Chambres est la démarche prévue. Quant à la cour constitutionelle ??? Yves Pierlot.
Hugo Broers ?
Pardon Huub Broers! Yves Pierlot
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