Il faut dire la vérité aux Wallons !
On sait que la mouvance rattachiste est partagée entre deux tendances concernant la question bruxelloise. Pour nous, elle est en dehors de nos préoccupations, hormis la crainte que nous avons qu'elle ne retarde, voire compromette la marche de la Wallonie vers son intégration à la France. Pour d'autres, elle semble au contraire revêtir un intérêt essentiel.
Commentant la récente interview du président du RWF par Pascal Vrebos sur les ondes de radio RTL, un zélote, après l'avoir encensé, écrit sur son blogue que ,"derrière le problème de la détermination finale de la frontière linguistique, se cache la volonté d'avoir une frontière politique réelle qui permettra [à la Flandre] de faire le siège de Bruxelles jusqu'à ce que cette région tombe dans leur escarcelle".
Et le même ajoute, sur le ton flagorneur qu'on lui connaît : "Merci à ce président qui, depuis des années, tente d'éveiller la conscience wallonne sur le fait que Bruxelles se fait inexorablement phagocyter par cette marée nationaliste du Nord et que la Wallonie sera la prochaine cible dans un Etat fédéral où les Flamands ont la majorité au parlement".
Non seulement ce blogueur "découvre l'Amérique" en révélant que la Flandre veut que la frontière "linguistique" devienne une frontière d'Etat -tout le monde le sait -, mais il phantasme à nouveau sur les intentions des Flamands en qui il ne voit que des colonisateurs, alors que ce sont les francophones qui ont colonisé les communes "à facilités" de la périphérie bruxelloise, après l'avoir fait pour la plupart des dix-neuf communes de l'agglomération qui, il y a 75 ans, étaient encore majoritairement néerlandophones (1) !
Ainsi donc, pour ce zélote et son président, c'est au sort de Bruxelles qu'il faut conscientiser les Wallons, plutôt qu'à leur identité et à leur destin propres... On reste abasourdi devant de tels propos qui, même s'ils ne sont que "stratégiques", semblent témoigner d'un réel mépris pour nos concitoyens.Faut-il vraiment recourir à de tels procédés pour sensibiliser les Wallons à leur situation et à leur avenir ?Autrement dit, le RWF doit-il leur mentir comme le font les partis traditionnels ?
Ce n'est pas notre avis. Le devoir des rattachistes est au contraire de dire la vérité aux citoyens wallons, tant en ce qui concerne la Flandre que la Belgique. Ce que veut celle-ci, ce n'est pas mettre main basse sur la Wallonie, mais l'amener à prendre ses responsabilités, car les nouvelles compétences qu'elle réclame pour elle-même seront évidemment attribuées également à notre Région lors de la grande réforme de l'Etat qui doit avoir lieu. Et si cette réforme aboutit au confédéralisme, ce sera une excellente chose pour la Wallonie comme pour la Flandre, car celle-ci aura certes plus d'indépendance, mais aussi moins de possibilités d'action au niveau fédéral puisque celui-ci sera réduit, dit-on, à une "coquille vide" !
Ce qui est possible, c'est que cela mette fin ou réduise fortement les transferts financiers Nors-Sud, mais là aussi, il faut avoir le courage de dire aux Wallons que l'assistanat - tout le contraire donc d'une colonisation - dont ils bénéficient de la part de la Flandre ( la fameuse solidarité "interpersonnelle" chère à Joëlle Milquet et Elio Di Rupo) n'est pas dignes d'eux !
En outre, que l'on cesse aussi, dans certains milieux rattachistes, de diaboliser les natuionalistes flamands séparatistes, qui sont nos meilleurs alliés pour la suppression de la Belgique, le confédéralisme n'étant de toute façon qu'une étape - décisive - vers l'indépendance de la Flandre.
Tout cela n'est-il pas simple à comprendre?
(1) Voir l'ouvrage, maintes fois cité, de J.M. Remouchamps, La francisation de Bruxelles, aux éditions de la Défense wallonne.
Si vous envoyez des commentaires, indiquez votre nom et argumentez vos propos. Merci.
(1) Voir l'ouvrage, maintes fois cité, de J.M. Remouchamps, La francisation de Bruxelles, aux éditions de la Défense wallonne.
Si vous envoyez des commentaires, indiquez votre nom et argumentez vos propos. Merci.
5 commentaires:
Les articles 2 et 3 de la Déclaration des Droits de l’Homme
et du Citoyen édictée par le Ban de Polleur le 26 août 1789.
Le but de toute association politique est la conservation des droits
naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté,
la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression.
Toute souveraineté réside essentiellement dans le peuple: nul
corps, nul individu, ne peut exercer d’autorité qui n’en émane
expressément.
Je crains que l'Etat belge n'ait tissé trop de liens entre la Wallonie et Bruxelles. Le réseau des transports, le réseau culturel sont profondément interconnectés de telle sorte que le Wallon, le plus jeune avant tout, ne peut concevoir sa vie sans Bruxelles. Bruxelles ne disparaitra pas si elle devient à terme un district européen, ou une ville-Etat, et son rôle d'aimant restera très fort, à moins de forts investissements de Paris pour attirer vers elle la Wallonie.
Dès lors, la question de Bruxelles doit être posée aux Wallons avec courage. Vous voulez Bruxelles ? Alors assumez le fait que vous menez une guerre coloniale contre les autochtones flamands de la périphérie ! Que les choses soient claires : que tout Wallon qui ne conçoit pas le rattachisme sans Bruxelles agrandie prenne les armes et aille déloger les derniers paysans flamands qui vendent leurs terrains sous la pression immobilière. Que ces Wallons aient le courage de dessiner des cartes indiquant avec précision quelles terres brabançonnes ils entendent annexer. Au fond, qu'ils nous décrivent leur projet de colonisation, tout comme les Israéliens peuvent le faire avec le mur de séparation, ou tout comme les puissances européennes le firent en découpant l'Afrique.
Seulement, il est à craindre pour ces Wallons colonialistes qu'ils ne trouvent pas dans la population wallonne les qualités requises pour mener une telle politique. Qu'ils laissent aux Bruxellois leur arrogance urbaine.
Eternel combat entre Droit du sol et libre choix des populations à décider d'elles-mêmes(autodétermination). Monsieur René G Thirion nous rappelle la Déclaration du Ban de Polleur. Mais ce problème rejoint le jeu majorité/minorité. Celles des flamands au niveau national de 60% et de 40% pour les autres. Or dans la périphérie Bruxelloise (communes à facilités), c'est le contraire. Comment dénouer le noeud gordien? Entre les voeux pieux et la réalité politique, il y a une sacrée différence. Rien ne prouve d'ailleurs qu'en cas de confédéralisme, l'indépendance de la Wallonie serait réelle et, en plus, qu'elle prendra le choix de la France, en tout cas dans un premier temps. Si la situation devient catastrophique, il est aussi possible que la République impose certaines conditions. Mais tout cela, ce ne sont jamais que des plans tirés sur la comète. Yves Pierlot.
Allant complètement à contre-courant, le RWF se présente dans tout l'arrondissement de Bruxelles-Halle-Vilvorde où il a a de plus laissé tomber son appellation "RBF". Pour nous, Wallons, cette déviance est incompréhensisble !Les rattachistes ne peuvent vraiment plus faire confiance à ce parti, qui semble entièrement dominé par l'obsession narcissique de son président, uniquement préoccupé, semble-t-il, de grapiller des voix n'importe où pour tenter de se faire élire au parlement fédéral, fut-ce avec une "stratégie" en dépit du bon sens !
@ Philippe Rasquin: pan dans la mille si je peux me permettre cette expression. Le pire, ce sont ses dévots qui le suivent aveuglément. En fin stratège, il les caresse dans le sens du poil (je sais, j'ai déjà donné). Tout cela dans le seul et unique but de décrocher un siège de "fin de carrière". Et il l'a jouée fine. Je parierai qu'il a signalé ne pas terminer son mandat qui profiterait alors au 1er suppléant, n'est-ce pas? Et le reste, il s'en moque éperdument. Yves Pierlot.
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