jeudi 17 juillet 2008

Le drame des Wallons : la perte de la mémoire, le manque d'audace et le problème de Bruxelles !

"Chaque peuple ne peut se redresser que par lui-même. Tâchez de vous trouver des chefs jeunes qui diront la vérité au peuple et qui mobiliseront ce qui en reste".
Voilà ce qu'avait répondu le général de Gaulle, en 1963, au professeur Robert Liénard, venu lui exposer le problème wallon et lui demander d'envisager le rattachement de la Wallonie à la France(1).
On connait l'ensemble de la déclaration du général concernant l'avenir de la Wallonie et il n'est donc pas nécessaire d'y revenir ici.
Mais où sont les jeunes chefs wallons qui pourraient dire la vérité au peuple ? Certainement pas au Parlement wallon qui, s'il accepte enfin de recevoir de nouvelles compétences en même temps que le Parlement flamand, s'empresse d'y mettre des balises. Dans la résolution qu'il vient de voter à l'unanimité, il rappelle tout d'abord "qu'il n'est demandeur d'aucune réforme qui remettrait en cause le fédéralisme belge". Ce n'est plus la ritournelle : nous ne sommes demandeurs de rien, entendue pendant un an, dans la bouche des francophones, mais ça ne va quand même pas très loin. Dans leurs commentaires, les réformateurs wallons, comme M. Serges Kubla, sont les plus "audacieux" et les écolos, comme M Bernard Wesphael, les plus "belgicains" Sans surprise ! (M. Wesphael ressort le "monstre du Lochness" qui lui est cher : la circonscription électorale fédérale).
Le Parlement wallon se dit prêt à examiner tous les aspects qui pourraient ou devraient être confiés aux entités fédérées. Mais à condition que l'on maintienne et renforce même la "solidarité interpersonnelle" (c'est-à-dire que les Flamands continuent à payer pour la sécurité sociale des Wallons), que l'assurance-dépendance des personnes demeure au niveau fédéral, de même que le droit du travail et le marché du travail et, bien sûr, la fiscalité. La résolution du Parlement wallon insiste en effet, lourdement, sur son opposition à tout transfert de compétences qui ne s'accompagnerait pas du transfert des moyens financiers correspondants. En clair, cela signfie que le Parlement refuse de prendre ses responsabilités et de recourir à la fiscalité régionale, mais veut au contraire le maintien du système actuel des dotations du Fédéral aux Régions suivant la clé de répartition 60/40, qui ne correspond pas au PIB de chaque région.
Ou sont-ils donc, les jeunes chefs audacieux dont parlait Charles de Gaulle ? Même si le parti rattachiste obtenait, aux prochaines élections régionales de 2009, un élu au Parlement wallon, serait-il entendu ? Aurait-il même le courage de "dire la vérité au peuple" ? Si l'on en juge par la frilôsité des militants à ce sujet, il est permis d'en douter...Nous ne sommes plus, hélas, en 1950 ou en 1960. Cinquante ans ont passé, aucours desquels la Wallonie n'a fait que régresser et les Wallons de perdre la mémoire !
Et enfin, il y a le problème de Bruxelles, ce problème qui paralyse tout, qui empoisonne tout, qui retarde toute solution ! Pourquoi le Parlement wallon se croit-il obligé de proclamer sa solidarité active vis-à-vis des francophones de la périphérie bruxelloise et des Fourons ? Des Fourons, c'est normal, les Wallons qui y habitaient depuis toujours ont été arrachés à la Wallonie. Mais les "périphériques" bruxellois, c'est tout différent : ils n'étaient pas obligés d'émigrer dans le Brabant flamand, ils pouvaient aller s'établir dans le Brabant wallon. Quel amalgame ! Les Fouronnais wallons sont des colonisés par la Flandre, tandis que les francophones de la périphérie bruxelloise sont des colonisateurs et des impérialistes, dont certains rêvent d'ailleurs d'annexer aussi le Brabant wallon !
Que ce soit ou non "politiquement correct" de le dire, Bruxelles est la pierre d'achoppement, le caillou perpétuel dans la chaussure des Wallons qui les empêche de marcher résolument vers la France. Qu'ont les Wallons à gagner en affirmant et réaffirmant sans cesse - même chez certains rattachistes ! - cette solidarité à sens unique avec les Bruxellois qui les méprisent peut-être plus encore que ne le font les Flamands. Toujours ce besoin pathologique d'être assistés, que ce soit par la Flandre ou par Bruxelles ?
Oui, c'est tout cela, le drame des Wallons...
(1) Claude de Groulart, De Gaulle :"Vous avez dit : Belgique ?", Paris-Lausanne, 1984, p. 41.

12 commentaires:

Anonyme a dit…

J'étais à Dinant le 12 juillet et j'ai lu le compte rendu de la manifestation des rattachistes sur le site du RWF-Liège. Je voudrais faire une rectification : il n'y avait pas que des Flamands à la "fête de B+", mais aussi des Wallons ou en tout ces des francophones belgicains. J'ai eu l'occasion de parler avec plusieurs d'entre eux, à l'intérieur.
D'autre part, je ne comprends pas le sens de la phrase : "au moment où le nombre de nationalistes flamands, autonomistes et séparatistes, n'a jamais été aussi élevé".Quel rapport cela a-t-il avec la malencontreuse initiative de M. Fourneau ? Ne devons-nous pas nous réjouir que les nationalistes flamands soient de plus en plus nombreux ? C'est grâce à eux que nous obtiendrons la scission de la Belgique qui permettra à la Wallonie de se rattacher à la France. La manifestation, si on peut dire de M. Fourneaux et de l'association B+ était essentiellement belgicaine et j'avais compris que c'étaient les belgicains que nous allions contrer et non les séparatistes flamands qui sont nos alliés contre la Belgique. Pourquoi parler de "communauté néerlandophone", comme Madame Milquet et les belgicains, au lieu de "Fête nationale flamande". Et faut-il vraiment se réjouir que "les membres et sympathisants du RWF ne sont pas à confondre avec les manifestants nationalistes flamands? Parce qu'ils sont "courtois", "gentils", comme Monsieur Richard Fourneaux ?
Encore l'obsession du "politiquement correct", de la respectabilité ? Si les militants du Rassemblement jurassien ont réussi, après une lutte acharnée à obtenir la création de "la République et Canton du jura", c'est parce qu'ils avaient constitué un "groupe Bélier" qui n'hésitait pas à dynamiter des bâtiments publics, sans jamais blesser personne, il faut le souligner. C'est cela qu'il faudrait en Wallonie, un "bras armé" des rattachistes et pas seulement des militants à l"attitude digne, calme, exemplaire". C'est si facile de manifester de cette façon, mais ça n'impressionne personne...

Anonyme a dit…

Je suis d'accord avec Monsieur Docquier. Je ne comprends pas cette attitude des rattachistes "officiels". Ils utilisent des expressions de belgicains. Monsieur Di Rupo répugne aussi à parler de "fête nationale flamande", de communauté "flamande" etc, Madame Milquet et Monsieur Javaux également. La "Libre Belgique" est plus audacieuse et réaliste qu'eux.Au lieu de former et de conscientiser leurs militants, ils pratiquent le "nivellement par le bas", comme la "méthode globale" dans l'enseignement. Ils ne parviennent pas à se débarrasser de tous ces clichés antiflamands, on dirait qu'avant d'être ant-belges (le sont-ils même ?), ils sont anti-flamands, anti-flamingants, anti- extrême droite, etc. Ils me semblent n'avoir pas du tout la même mentalité que vous. Je me demande si certains, dans le fond, ne sont pas un peu nostalgiques de la Belgique...De plus, ils sont peureux, je me demande combien ont osé mettre le drapeau rattachiste à leur balcon ou à leur fenêtre...Heureusement qu'il y a les nationalistes flamands pour faire avancer les choses, ceux-là n'ont peur de rien, ils se fichent pas mal d'être "politiquement corrects".Moi, j'admire ceux qui osent dire "België barst !"

Anonyme a dit…

Il est tellement facile de blâmer les soi-disant tièdes d'une cause quelle qu'elle soit. Je n'aime pas ce langage extrémiste que ne mène qu'au comptoir du café du coin. A tous ceux qui me disent, il faut dynamiter le pays, je leur répond qu'ils n'ont qu'à le faire eux-même.

Je n'ai jamais vu de ces va-t-en guerre se sacrifier pour la bonne cause. Comme ce brave Georges Brassens, ils pourraient chanter "Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente".

Nous sommes en démocratie et si nous n'arrivons pas à convaincre les citoyens de la justesse de nos idées, nous ne pouvons les imposer par le terreur ou la brutalité sous peine de trahir notre amour pour eux.

Mais c'est tellement facile de critiquer ceux qui agissent avec retenue et respect, alors que le mieux serait de les rejoindre dans les actions pacifiques qu'ils mènent !

Laissons les révolutions sanglantes à Staline, Che Guévara, Pol Pot et autres Catro, grands défenseurs de l'humanité !

Anonyme a dit…

La réaction de Monsieur Thirion est un peu forte, mais je le comprends: "Tout ce qui est excessif est insignifiant".Mais je comprends aussi les impatients qui attendent le "grand soir" depuis longtemps. Chacun doit respecter la sensibilité de son prochain.Je ne connais pas Monsieur Verdeur, il n'est jamais venu à des réunions.

Anonyme a dit…

Il ne faut pas mettre tout le monde dans le meme sac. Staline et surtout Polpot est un infâme criminel, comme Hitler. Mais Castro et Che Guérava, ce n'est pas la même chose. Il ne faut pas confondre un criminel de guerre avec un révolutionnaire idéaliste comme le "Che", qui a abandonné son milieu aisé et bourgeois pour défendre la cause du peuple, jusqu'à y laisser sa vie. Je ne crois pas que Georges Brassens, que j'adore, parce que c'est aussi un révolutionnaire à sa manière,aurait blâmé Che Guevara.

Anonyme a dit…

Je voudrais rappeler à Monsieur Thirion que s'il n'y avait pas eu une révolution sanglante en 1789, nous serions toujours sous l'Ancien régime ! Rien de grand ne s'est fait dans le monde sans révolution, sans grèves ou lutte armée, c'est à dire le plus souvent dans l'illégalité. L'exemple des "Béliers" du Jura libre n'est pas bien méchant : ils n'ont jamais tué personne et les bâtiments qu'ils ont fait sauter étaient vides ! Si la Résistance n'avait pas eu recours aux sabotages et à la lutte armée, l'occupation nazie aurait pu se prolonger encore un certain temps, avec toutes les souffrances qu'elle entraînait.Il ne faut pas confondre les "Béliers" du Jura avec l'ETA en Espagne ou l'IRA en Irlande du Nord.
J' ai participé à la résistance avec André Schreurs et Pierre Bertrand , de même qu'à la lutte contre Léopold III : nous n'hésitions pas à déboulonner des rails de chemin de fer pour bloquer les trains !

Anonyme a dit…

Vous avez entendu, au JT de la rtbf, la déclaration du président de la FGTG, un certain De Leeuw ?
Lui aussi tremble dans sa culotte à l'idée qu'on pourrait scinder la sécurité sociale, la politique de l'emploi, le marché du travail,la "solidarité des trrravaillleurs", etc.

André RENARD, entends-tu ces propos indignes? Ce n'est jamais toi qui aurait parlé ainsi, toi qui défendait fièrement la Wallonie !

Tout fout le camp, décidément !

Anonyme a dit…

@ André Lefèvre,

Il est normal que les syndicallistes flamands soient opposés à la scission de la Belgique. C'est eux qui ont le plus à perdre. Que deviendront-ils demain dans un Etat (flamand) dominé par des ultra-conservateurs ?
Voilà un transfert de solidarité daont on ne parle jamais.

A. Schreurs a dit…

@ Claude Thayse :

Oui, mais le président de la FGTB ne parlait pas au nom de l'aile flamande, mais de l'ensemble de la FGTB, aile wallonne comprise. L'argument vaut pour les syndicalistes flamands, mais pas pour les syndicalistes wallons.

Anonyme a dit…

Evidemment !
Ce qui est bon pour la Flandre... (Air connu !)
Il est désolant de constater que c'est quand ils se retirent de la vie active que certains (actifs dans des organisation "nationales")retrouvent la capacité de réfléchir en Wallon.

Anonyme a dit…
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