mardi 1 juillet 2008

Ne faites pas de Bruxelles un cadeau à la Flandre...

Cette exhortation de François Perin, dans son message à la réunion préparatoire à la convocation d'Etats généraux de Wallonie, défile sur le site officiel du RWF.
A qui s'adresse cette exhortation ? Aux rattachistes et aux indépendantistes wallons, ou aux militants francophones, qui n'étaient pas présents à la réunion de Liège ?
De toute façon, qui a jamais parlé de "faire cadeau de Bruxelles à la Flandre"?
La seule chose que pensent beaucoup de rattachistes est que le problème de Bruxelles et des communes de la périphérie bruxelloise, ne doit pas compromettre ou retarder le combat pour la libération de la Wallonie et son retour à la France. En d'autres termes, il ne faut pas confondre l'essentiel et l'accessoire. Tant mieux si les Bruxellois francophones veulent aussi que leur Région rejoigne la France, mais étant donné qu'une telle attitude est très aléatoire, c'est sur la Wallonie que les rattachistes doivent centrer leurs efforts.
Ce sont les Wallons, qui sont vraiment des "Français de l'extérieur", qu'il faut avant tout convaincre. Ne mélangeons pas les deux combats, d'autant qu'il y a, à Bruxelles, un parti politique, le FDF, dont l'objectif essentiel est de défendre les intérêts des francophones.
Concentrons-nous donc sur la Wallonie, pour laquelle Bruxelles n'est pas nécessairement non plus un "cadeau", car un trop grand rapprochement entre les deux Régions pourrait préfigurer cette Belgique résiduelle, ce Wallobrux, qui serait aussi hybride et néfaste pour nous que la België-que !
Pourquoi mettre à ce point en exergue l'avertissement de François Perin? D'autres rattachistes éminents, comme l'avocat et écrivain René Swennen, formulent d'autres propositions.
Dans La Libre-Match, en réponse à l'dée "romanesque"de Jacques Neirynck de créer un comité provisoire qui demandera(it) le rattachement de Bruxelles à la Flandre et la dissolution de l'Etat belge, Me Swennen déclarait : Selon moi, il devrait revenir aux Bruxellois de se prononcer sur ce qu'ils veulent vraiment. Personnellement, je vois fort bien la capitale devenir une ville-Etat, comme Monaco. Il y va de l'intérêt de Bruxelles.
Je pense que c'est le point de vue que défend également le groupe "Liège-France".

11 commentaires:

Anonyme a dit…

Je pense que l'attitude du Rassemblement Wallonie-France (RWF) est surtout électorale.
En 2007, le RWF a récolté à Bruxelles (dans les 19 communes) 1.824 voix, pour le Sénat, et pour tout l'arrondissement BHV : 2.397. Même dans la partie Halle-Vilvoorde, 573 francophones ont voté pour le RWF.
tBien sûr, à Bruxelles et dans BHV, le score est faible : seulement 0,3%, mais ajoutées aux voix de Wallonie, celles de BHV ont permis au RWF de totaliser, pour le Sénat, 32.O94 voix, soit pour l'ensemble, un score de 1,3 %.
Il est probable que les dirigeants du RWF cultivent l'espoir d'augmenter sensiblement ces résultats en braconnant sur les terres du FDF. Mais le problème est double : ils n'ont pas un leader bruxellois comme M. Maigain, qui avec l'appui du MR, fait à lui tout seul plus de 20.000voix et d'autres part, la plupart des francophones, à Bruxelles et plus encore dans la périphérie, sont belgicains.
Alors, la question en vaut-elle la chandelle ? Surtout si l'on considère qu'elle crée une division parmi les rattachistes ?

Anonyme a dit…

Monsieur Rasquin, je vous donne mille fois raison. C'est de l'électoralisme politique et les militants du retour à la France doivent surtout éviter le bas calcul électoral basé sur des promesses qui engagent non ceux qui les donnent mais ceux qui les recoivent. Marché de dupes qui fonctionne admirablement chez les PS, les MR, les CDH et les Ecolos.

Leurs promesses sont aussi fausses que l'idée que l'état est providence.

Alors, beaucoup d'amitié pour les francophones de Bruxelles mais s'ils veulent rejoindre notre combat qu'ils le fassent en toute indépendance.

Je ne veux faire aucun cadeau à cette Flandre qui se révèle de plus en plus détestable, non par son nationalisme que j'admire mais par sa haine viscérale du wallon qui refuse leur emprise culturelle et économique.

Mais ce n'est pas une raison pour mettre mon mouchoir sur plus de 150ans de jacobinisme bruxellois.

La Wallonie doit survivre, doit vivre et son seul salut, c'est la France, 5ème puissance économique du monde à laquelle elle devra révéler son identité de fille de la République

Anonyme a dit…

Le score du RWF à Bruxelles et dans la périphérie est quand même dérisoire et, depuis 2003, plafonne entre 2.500 et 3.000 voix pour tout l'arrondissement de BHV, soit 0,3%.
Cela ne me paraît pas expliquer un tel acharnement à corir derrière le FDF, ni la présence de militants avec des drapeaux rattachistes dans les communes "à facilités".
Il doit y avoir un autre motif, mais lequel ???
Cela ne vaut vraiment pas le coût de créer une division pour d'aussi maigres résultats !

Anonyme a dit…

C'est dans le Hainaut et dans la province de Namur que le RWF a réalisé ses meilleurs scores, au Sénat,en 2007 :

Hainaut : 1,7% avec 12.785 voix;
Namur : 1,7% avec 4.813 voix.

A Liège : plus de voix qu'à Namur, soit 6.541, mais 1,1%.

Pour l'ensemble de la Wallonie : 29.479 voix, soit 1,5%

Wallonie + BHV : 32.094 voix, soit 1,3%.

Donc, les votes dans BHV, ou même seulement dans les 19 communes de la Région bruxelloise, font baisser le score général de 0,4%.

Le RWF ne ferait-il mieux de renoncer à se présenter à Bruxelles et dans BHV et de concentrer ses forces et ses finances sur les provinces wallonne ?

A. Schreurs a dit…

J'ai lu ces commentaires avec beaucoup d'intérêt et je remercie ceux qui les sont postés.

On touche, avec Bruxelles,à un point très sensible concernant l'approche et la stratégie du RWF et celle des autres rattachistes.
Depuis le début des accords entre ce parti et le groupe "Liège-France", cela a été un point de divergence et de frictions. Le fait d'exclure le problème de Bruxelles de l'accord conclu n'a pas suffi, malgré un effort et une bonne volonté réciproques, à réduire le différend.

Cette opposition existait déjà à l'époque du parti "France", dont proviennent la plupart des membres du groupe "Liège-France".

Malgré plusieurs propositions, peut-être maladroites, il n'a jamais été possible de débattre sereinement de la question avec les dirigeants et les militants du RWF de Liège, et à fortiori avec ceux du Bureau Exécutif. C'est apparamment un sujet tabou.

C'est peut-être dû au fait que les militants du RWF, en général, semblent être plus anti- flamands qu'anti-belges, contrairement aux membres de "Liège-France".Ils éprouvent dès lors un sentiment de solidarité profonde à l'égard des francophones de Bruxelles et de la périphérie, même pour les plus belgicains d'entre eux, voire des impérialistes comme M. Thierry, le candidat-bourgmestre de Linkebeek.

Par contre, ils sont offusqués par tous ceux qui, en Flandre, touchent de près ou de loin à l'extrême droite, ou au radicalisme nationaliste, comme MM. Bart De Wever, Eric Van Rompuy ou Mario Keulen. Ils n'admettent pas que la Flandre soit déjà un pays "étranger" et que ce qui s'y passe ne nous concerne plus. Et donc,ils réagissent encore, sans le savoir, en citoyens "belges". Ils refusent tout contact avec "ces gens là", même s'ils doivent bien admettre, dans leur fors intérieur, que les séparatistes flamands, même les néo-fascistes du Vlaams Belang, sont nos "alliés objectifs", dans la mesure ou ils veulent, comme nous, la fin de la Belgique.

Ne serait-ce que l'ébauche d'une réflexion ou d'un débat sur cette question est, pour nos amis du RWF, sij'osedire,"onbespreekbar"...
C'est la raison pour laquelle j'ai décidé de ne plus assister à leurs réunions et me suis retiré du Bureau du groupe politique "Liège-France", tout en conservant ce blogue-notes sur lequel je puis m'exprimer en toute liberté sans engager quiconque.

Il y a, dans la stratégie du RWF, une contradiction permanente et dangereuse. En effet, en déffendant simultanément la réunion à la France de Bruxelles au même titre que celle de la Wallonie, on déforce nécessairement la pertinence et la crédibilité de notre démarche wallonne, que l'on risque de juger à l'aune de la démarche bruxelloise, qui elle n'est pas du tout crédible.

Que l'on sonde les Bruxellois sur leur options en cas de partition de la Belgique : si 5% d'entre eux font le choix de la France, c'est beaucoup. Ils ne seront jamais 29% comme en Wallonie. Je défie les dirigeants du RWF de damander à un Institut sérieux d'opinion publique d'organiser un tel sondage.

Dire, dans une même phrase que l'on prône à la fois la réunion de la Wallonie et de Bruxelles à la France, c'est un oxymoron. Tout comme de brandir, à l'occasion du 14 juillet des calicots avec l'inscription 'Wallonie-Bruxelles, régions de France". Avec en outre ce trait d'union entre Wallonie et Bruxelles qui préfigure le "Wallobrux" que rejettent par ailleurs, avec raison, tous les rattachistes, y compris ceux du RWF !

La discussion reste ouverte. Je publiera les commentaires qu'elle pourrait susciter.

A. Schreurs a dit…

J'interviens à nouveau pour répondre à M. Didier Mélin qui, sur le blogue "Debout la Wallonie" avec lequel nous avons un lien,ne comprend pas que l'on puisse être rattachiste et séparer ce combat de celui pour la défense des francophones de Bruxelles et de Flandre. Il ne limite donc pas son raisonnement aux francophones de la périphérie bruxelloise, mais l'étend à tous les francophones se trouvant en pays flamand.

Son raisonnement est le suivant : si l'on prône le rattachement de la Wallonie à la France, c'est qu'on a besoin de l'aide de celle-ci parce que la situation économique de la Wallonie n'est pas florissante. Comment, dès lors, des rattachistes peuvent-ils refuser d'apporter aux Bruxellois francophones et aux autres francophones de Flandre, l'aide qu'ils demandent à la France ?
M. Melin ajoute qu'en Belgique, nous serons plus forts à deux Régions (Bruxelles et la Wallonie)pour résister aux attaques flamandes.

La premièe remarque est que, pour la plupart des rattachistes, la motivation de leur démarche n'est pas d'obtenir une aide de la France. Certes, cette aide, dans le cadre de la solidarité interrégionale française, sera très précieuse pour la Wallonie. Mais là n'est pas l'essentiel.

L'essentiel est, pour les Wallons, de retrouver une patrie, de rejoindre la grande nation pour laquelle ils sont comme une branche détachée de son tronc. C'est bien plus fondamental que la défense d'intérêts matériels ou même d'une langue commune. Pour des rattachistes comme nous, la France est "une sorte de religion", expression que j'ai entendue dans la bouche d'un ancien ministre libéral liégeois, aujourd'hui décédé. Je pense que si on ne comprends pas ou n'admet pas cela,on ne peut non plus comprendre notre raisonnement à nous.

Il n'y a aucune commune mesure entre ce combat là et la défense de francophones qui sont allés s'établir en Flandre, autour de Bruxelles, bien souvent parce que les terrains à bâtir et les villas étaient moins chers. C'est ce qu'a fait un de mes proches, qui a ainsi acquis une splendide propriété à Hoeilart...

La seconde remarque est que, comme l'a justement rappelé M. Paul-Henry Gendebien à la réunion de Liège préparatoire aux Etats généraux de Wallonie, nos principaux ennemis sont les belgicains, les "belgicistes" comme il dit.

Ce ne sont donc pas les Flamands ( nos principaux ennemis)et je ne vois pas en quoi ceux-ci nous attaquent, nous Wallons, avec cette question de la scission de BHV. Au contraire, les séparatistes et les nationalistes flamands sont nos alliés "objectifs", puisque si la Belgique implose - condition indispensable et préalable à la réunion de la Wallonie à la France-ce sera essentiellement grâce à eux ! Ce ne sont pas les francophones de Bruxelles et de Flandre qui vont nous aider dans ce sens, car tout en défendant la langue française, ils sont furieusement belgicains, pour la bonne raison que le maintien de la Belgique est pour eux un rempart contre les revendications flamandes.

La "solidarité" que prône M. Didier Mélin, la liaison du combat rattachiste wallon et du combat francophone bruxellois, sont illusoires, car contradictoires.

Quant aux revendications flamandes pour une plus grande autonomie des Ragions, elles n'ont rien d'anti-wallonnes. Bien au contraire, si la Flandre reçoit plus de compétences, il en sera de même pour la Wallonie, qui pourra ainsi prendre son destin en mains, n'aura plus à rougir de dépendre des transferts d'argent flamands et pourra, dans la dignité, se rapprocher de la France et nouer des accords avec la République.

Anonyme a dit…

Cher Monsieur Schreurs,

Je précise ma pensée, en résumé :

Je suis bien d'avis qu'il faut considérer Bruxelles comme "un cas
à part" et que les Bruxellois doivent se choisir un avenir, qu'il soit "Bruxelles DC/Monaco" ( ce qui est la solution la plus probable à mon sens), français, flamand ou autre, au même titre que les Wallons doivent se choisir un avenir. Chacun de son côté, comme des grands.

Je suis aussi d'avis que tant que le cadre belge existera (on a beau dire et souhaiter la fin de cet état - j'ajouterais "tel qu'il est" pour ma part - ce cadre existe et nous sommes toujours de "nationalité belge", jusqu'à nouvel ordre), la Wallonie défendra mieux ses intérêts en se faisant l'alliée des Bruxellois francophones. Pareil dans l'autre sens.

Tout ceci au delà de toutes les considérations purement démocratiques et qui dépassent le cadre belge - mais qui sont fondamentales à mon sens, et qui nous forcent à dénoncer certains agissements de la Flandre, car ils sont discriminatoires. je dénonce tout autant les agissements du régime nord-coréen (qui m'est totalement étranger), j'estime donc que ce qui se passe en Flandre me concerne en tant que démocrate. Et à fortiori, en tant que francophone qui vit à 25 km du lieu où cela se passe. Cela me paraît une évidence.

Je ne peux pas non plus considérer que ce qui se passe "en Flandre" (j'entends par là les 6 communes dites "à facilités") relève " de l'étranger", simplement parce que la frontière linguistique a été tracée contre la volonté des Wallons (contre une majorité de parlementaires wallons) à l'époque, et surtout contre la volonté des populations de ces communes. Ne parlons même pas des Fourons.

En résumé, je suis tout-à-fait capable de distinguer les deux enjeux (rattachement de la Wallonie à la France d'une part, et combat des Bruxellois francophones des 25 communes" pour leurs droits d'autre part). Mais j'estime que ces deux combats ne sont en rien antagonistes ni incompatibles.

La Wallonie ne sera pas française moins vite si nous montrons solidaires des Bruxellois.Solidaires, j'insiste, pas "fusionnés dans un Wallo-Brux".

Ainsi, j'estime que les divisions qui ont cours au sujet de la place de Bruxelles dans les milieux rattachistes et régionalistes sont inutiles et plutôt contre-productives. Bien cordialement.

PS:

1) En relisant votre billet où vous me citez, je vois que vous me faites dire des choses que je ne dis pas, et que je pense encore moins. Vous m'avez mal interpété (ou me suis-je mal exprimé) : ma réflexion s'arrête à la solidarité des Bruxellois et des francophones des communes à facilités et de BHV uniquement. C'est logique : seuls eux ont des droits linguistiques dérogatoires.

2) Je n'en appelle pas non plus à la solidarité avec les Bruxellois parce que le rattachement de la Wallonie à la France impliquerait aussi une part de solidarité.
J'en appelle à la solidarité démocratique avant tout, francophone ensuite, parce que la Flandre veut illégalement et unilatéralement abroger des droits linguistisques accordés aux Bruxellois francophones et de BHV (en scindant l'arrondissement unilatéralement). C'est un déni de démocratie contre lequel je m'insurge.
Mais j'estime aussi que, comme le rattachement à la France comprendra d'office une part de solidarité (et je n'ai jamais dit que c'était un argument des rattachistes, ça ne doit pas l'être), il est un peu "court" de prétendre "lâcher les Bruxellois sans autre réflexion.

3)Au sujet des francophones qui vont s'installer "en Flandre" (à Linkebeek, Wemmel, etc), sachez que j'en connais dont les parents y sont nés et qui ne vivent pas dans des villas cossues. C'est un amalgame, un cliché regrettable.

4)Enfin (et contrairement à certains rattachistes qui sont membres du RWF...dont je fais les frais sur certains blogs), je considère personnellement n'avoir aucun ennemi, ni les Belgicains, ni les Flamands...Je tente juste de convaincre les gens de l'idée rattachiste, dans la limite de mes modestes moyens.

Vous pouvez publier ce message sur le blog de Liège-France.

Bien cordialement.

A. Schreurs a dit…

Je réponds à Monsieur Melin :

Votre aticle sur le blog de "Debout la Wallonie" est bien intitulé : "Pourquoi les Wallons doivent ils être solidaires des Bruxellois et des francophones DE FLANDRE"? Vous admettez donc que la partie "Halle-Vilvoorde" de l'arrondissement de BHV se trouve en Flandre, au même titre que l'arrondissement de Louvain...

Contrairement à ce que vous affirmez, la frontière linguistique n'a pas été fixée "contre la volonté des Wallons". Bien au contraire, la fixation de la frontière linguistique - ou plutôt "ethnique" comme on disait alors - était une revendication essentielle du Mouvement wallon (composé majoritairement d'hommes de gauche), afin de faire de la Wallonie, et par le fait même de la Flandre, deux "territoires homogènes, à caractère national" .Il s'opposait, comme les Flamands, à la reconnaissance de toute minorité sur ces deux territoires. Il n'était donc pas question, d'un côté de la frontière comme de l'autre, d'instaurer dans certaines communes un régime de "facilités", tant au profit de francophones de la périphérie bruxelloise, que de Flamands établis à Enghien ou à Flobecq, par exemple. Lorsqu'il fut question d'accorder des "facilités", tant pour le Mouvement wallon que pour le Mouvement flamand, ces facilités devaient être provisoires, pour FACILITER, précisément, l'intégration et l'assimilation des allogènes à la population.
J'ajoute que la fixation de la frontière n'était pas un but en soi, mais une étape - nécessaire - vers la constitution d'Etats fédérés au sein de la Belgique. Quand les Flamands disent que la frontière "linguistique" est une frontière d'Etat, ils ont raison : c'est ce que voulait aussi le Mouvement wallon.

Une grande difficulté dans cette discussion provient du fait que pas mal de rattachistes ne connaissent pas l'histoire du Mouvement wallon et...ne sont pas du tout curieux de la connaître. Cela ne les intéresse pas et quand on leur parle de Jules Destrée - pourtant un grand visionnaire ! - ils ont l'impression qu'on remonte aus Calendes grecques.Même André Renard, c'est déjà trop loin...

C'est vers les années '70, avec la création du Rassemblement pour la Liberté, puis surtout du FDF, que tout a basculé: on a commencé à privilégier le terme de "francophone" plutôt que celui de "wallon". Les partis se sont scindés en partis flamands et "francophones" et la Communauté dite "française" a commencé à occulter et à "dénationaliser" la Wallonie.

Manifestement, le RWF, dans ce domaine, a calqué sa position et son analyse politique sur celles du FDF...

Refuser de considérer dès-à-présent la Flandre comme un pays "étranger", c'est continuer à raisonner "en belge" et à perpétuer une forme de belgitude à Bruxelles et en Wallonie. C'est donc retarder la prise de conscience des Wallons et la réalisation de notre objectif essentiel - à vrai dire, nous n'en avons pas d'autre - c'est-à-dire la réunion de la Wallonie à la France.

Vous évoquez la nécessité de défendre la démocratie, même en Flandre et vous dites réagir "en démocrate avant tout, en francophone ensuite". C'est bien ce qui nous distingue : je réagis avant tout en Wallon et en rattachiste. Ce n'est pas du tout la même chose ! Je suis resté, en celà, fidèle aux militants wallons d'avant le FDF, aux accords conclus par mon père avec les fédéralistes flamands, au principe de l'homogénéité territoriale de la Flandre et de la Wallonie. C'est pourquoi cette notion du "droit du sol" - qu'applique d'ailleurs notre pays de référence: la République française-ne me choque pas du tout. Je
refuserais de la même manière de reconnaître une minorité flamande sur le territoire wallon.

Et contrairement à certains amis du RWF de Liège, ça ne me gênerait nullement que les rattachistes s'entendent avec les séparatistes flamands, même les plus déterminés
, pour faire sauter la Belgique. L'histoire fourmille d'alliances ciconstantielles contre-nature, comme le Pacte germano-soviétique de 1939 et l'Entente entre la France et l'Angleterre n'a pas toujours été "cordiale" ... C'est ce qu'on appelle de nos jours la "realpolitik"
Mais où vous me suprenez le plus, c'est quand vous dites que "vous n'avez aucun ennemi,ni les Flamands, ni les belgicains. Car en se battant POUR quelque chose - dans notre cas, un idéal - on se bat forcément également CONTRE quelque chose - dans notre cas, les belgicains. Ce n'est qu'en détruisant l'Etat belge que les Wallons pourront se tourner vers la France et - c'est triste à dire - mais ce sont les nationalistes flamands qui feront le gros du travail. Oui : ils travaillent pour nous, ce qui n'est pas le cas des Bruxellois francophones.

Bien cordialement.

Anonyme a dit…

La question du « devoir de solidarité » avec les « francophones » de Bruxelles et de sa périphérie est effectivement un sujet tabou au RWF. Elle est littéralement « onbespreekbar » comme on le dit dans la langue de Vondeel, et je dirais même plus : j’ai même découvert un peu tard (mais il n’est jamais trop tard pour bien faire) qu’il s’agit du TABOU des tabous au RWF. J’ai déjà essayé à maintes reprises d’en discuter de vive voix avec eux mais ce fut chaque fois en vain car c’est tout bonnement impossible : on ne peut en discuter sous peine de se faire taxer de fasciste car on ne peut, selon les dirigeants du RWF, nier le droit des « gens » au profit du droit du sol, même si ces « gens à défendre » habitent parmi une communauté différente de la leur. Le RWF rejette le droit du sol, cela est formel et il faut le savoir. D’ailleurs, Yves Pierlot, le « grand juriste » de service, m’a bien précisé à cette occasion, que cela fait l’objet, accrochez-vous bien, « de l’article premier du statut du RWF » (sic). Que ces Bruxellois de Bruxelles ou de la périphérie soit les pires des belgicains, cela n’importe nullement les gens du RWF car ils ne veulent pas le savoir (comme ils ne veulent rien savoir d’ailleurs). Ils disent tout simplement que ces habitants de Bruxelles et de la périphérie sont « francophones » qu’il faut à ce titre les défendre comme tous les autres « francophones ». C’est cela le RWF, à savoir des gens bornés et électoralistes. Leur idéologie se trouve résumée en ces mots : « Il ne faut surtout pas déplaire aux « francophones » car il faut gagner de voix ». C’est impossible de discuter avec des gens bornés. Il y a peu, j’avais encore quelque espoir. A présent, je n’en ai plus aucun, comme toi. La seule solution pour les amener à revoir leur position, comme je te l’ai dit ce matin au téléphone, serait de créer un mouvement Wallon, à côté d’eux, suffisamment fort pour leur faire concurrence. Car ces gens sont essentiellement opportunistes, il faut bien s’en rendre compte ! S’ils se disent « rattachistes » ou « réunionistes », comme ils se complaisent à le dire, ils le sont d’une manière cosmétique. C’est la raison pour laquelle je mets à présent tous mes espoirs dans les Etats généraux de Wallonie. L’initiative de Jules Gheude est en ce sens une vraie bénédiction et j’espère qu’elle débouchera assez vite sur un mouvement dynamique et rassembleur, qui lui, écrira véritablement l’Histoire à l’instar de la Flandre qui le fait effectivement actuellement. Il faudrait remettre sur pied une sorte de nouveau « Rassemblement Wallon » mais cette fois-ci sans PHG.

Anonyme a dit…

Ne faudrait-il pas cesser ce combat stérile et destructeur du "je suis plus pur et plus intelligent que l'autre" ?

Ne faudrait-il pas une fois pour toutes se dire pour le "retour à la France" plutôt que d'affirmer son appartenance à une chapelle ? Les chapelles sont faites pour prier, non pour agir.

J'ai beaucoup d'estime pour les wallons, peuple auquel appartient mon Pays de Liège que j'idolâtre, mais je suis français quoi qu'affirme ma carte d'identité.

Alors, créer des Etats Généraux pour demander au bon peuple politique ce qu'il veut comme avenir, c'est remettre les clés de notre Wallonie à la majorité des peureux ou des partisans d'une espèce de statu-quo!

Recréer un Rassemblement Wallon, oui. Mais pour quoi faire ?

Rassembler tous les wallons aux désirs divers et retomber dans le problème des Etats-Généraux ?

J'ai suffisamment d'estime pour tous les combattants du Retour à la France que pour leur dire que je ne donne tort à aucun. Le débat d'idées est bon et souhaitable pour l'intelligence collective.

Mais de grâce, cessez de vous combattre et de vous haïr !

Le but final doit être le retour dans notre mère-patrie et non le retour au fédéralisme que les combats wallons nous ont donné, car l'on voit où il nous a conduit.

Ou alors, si la volonté exprimée est le retour en arrière pour compenser les erreurs passées, autant en revenir à la Belgique unitaire. Là au moins, les antagonismes étaient sourds et moins douloureux.

C'est du moins ce que pensent beaucoup de wallons et ce qui rend notre combat si difficile !

Si l'avenir d'u peuple est basé sur son histoire, cela ne veut dire en aucun cas, qu'il doit sans cesse la recommencer, tel Sisyphe.

Il faut savoir sortir de la spirale infernale du temps pour se projeter dans l'avenir !

Anonyme a dit…

Il ne s'agit ni de combats stériles, ni de chapelles, mais de définir la meilleure stratégie et de l'appliquer avec énergie et audace. Celle des dirigeants du RWF n'est pas la bonne. C'est tout. Il n'y a aucun mépris et encore moins de haine dans ce propos. Si on ne peut plus débattre de ce qui est le mieux pour réaliser notre volonté du retour à la France, alors Messieurs, laissez tout cela et allez jouer aux carte ou aux boules, c'est plus français !