Le grand quotidien français Le Figaro publie, dans son numéro d'aujourd'hui, un excellent article couvrant une demi-page sur le sondage effectué par l'IPSOS à propos du sentiment rattachiste des Wallons. Cela débute par un grand titre en première page : Belgique : un Wallon sur deux pour le rattachement à la France.
Quand on connaît l'importance du Figaro et son influence dans la mouvance présidentielle française, on ne peut retenir sa joie. Enfin, une vraie reconaissance après tant d'années d'effort, 40 à 50 pour certains. Le quotidien, en page 6, commente les résultats du sondage, qu'il illustre par une carte de la Belgique, où il apparaît clairement que, géographiquement et culturellement, la Flandre est le prolongement nord des Pays-Bas, la Wallonie, le prolongement sud de la France et la petite communauté de langue allemande, à l'est, une sorte d'annexe de l'Allemagne. Le lecteur français, s'il est observateur, doit se dire que, vraiment, la Belgique n'est pas un "pays". A côté de la carte, figure une grande photo de la manifestation de Huy, où l'on voit des militants du RWF et de Liège-France portant le drapeau rattachiste.
Le correspondnat bruxellois du Figaro, un certain Mével, s'efforce bien sûr de relativiser les résultats du sondages en mettant en parallèle les 49% de rattachistes wallons et les scores du RWF qui font rarement plus de 1% des voix(1). Il relève toutefois que "l'union avec la France, sujet longtemps sulfureux, n'apparait plus tout-à-fait comme une blague(sic). En fait, ces derniers propos ne sont pas du correspondant du Figaro, mais de M. Pascal Delwit, que le quotidien a interviewé. Avec la partialité qu'on lui connaît, ce politologue bruxellois belgicain qui enseigne la science politique à l'ULB, insiste sur le fait que, selon lui, la société belge est aux antipodes du modèle français. Pour preuve : "Vous êtes centralistes, nous sommes régionalistes, fédéralistes et même au delà(...) Si l'on excepte la langue, la Belgique est un miroir renversé de la France". A son actif, notons qu'il qualifie la réponse des Wallons sondés de "cri du coeur" !
L'ambassadeur de France, M. Albert Salon, dans le message qu'il nous a envoyé et que nous avons publié, estime qu'il faut remettre les pendules à l'heure en ce qui concerne le prétendu "jacobinisme" de la France : il faut faire prendre conscience des énormes changements intervenus en France, dans ce domaine, ces vingt dernières années.
De son côté, M. Claude Thayse écrit: Pascal Delwit est un Bruxellois unitariste qui observe les Wallons, qu'il n'a jamais compris, avec le regard d'un "entomologiste anthropomorphique"(...)Il est vrai qu'il est difficile de comprendre que si les Bruxellois et les Wallons parlent la même langue, ce sont deux sociétés, et deux régions, différentes. M. Thayse souligne à cet égard que le sondage portait exclusivement sur la Wallonie
Il précise : le combat ne fait que commencer. A côté et en marge de l'approche électorale du parti du baron Gendebien, il existe d'autres initiatives qui contribuent à dédramatiser et à populariser l'idée de la réunion à la France. Il cite le projet du ministre d'Etat Daniel Ducarme qui ferait de la Belgique francophone "une collectivité territoriale autonome au sein de la République", l'appel à une réflexion de Jules Gheude et de ses amis autour de la réunion d'Etats généraux de Wallonie et l'effet de blogs actifs comme, par exemple, celui d'André Schreurs et le site internet "Debout la Wallonie". C'est par modestie qu'il n'a pas cité son propre blogue-notes, qui est remarquable !
Enfin, Claude Thayse signale, ce qui est nouveau et prometteur, qu'il y a des contacts informels visant à faire la jonction entre "rattachistes indépendants" (tout le monde n'est pas derrière la bannière de M. Gendebien) et indépendantistes modérés.
Disons encore que plusieurs personnalités françaises de gauche comme de droite, ont déclaré au Figaro être favorables ou se sentir proches des 60% de Français favorables au rattachement. C'est le cas du député Philippe de Villiers, du député européen Paul-Marie Couteaux (qui fait la distinction entre la Wallonie et Bruxelles),de Georges Sarre, ancien ministre et maire-adjoint de Bertand Delanoë, maire PS de Paris,de Bertrand Derosier, président PS du Conseil général du Nord, des députés UMP Sébastien Huyghe et Christian Vanneste...
(1) Dans certaines régions, notamment à Thuin, le score du RWF a été plus élevé : 3 à 4 %.
2 commentaires:
Triste anniversaire que ce jour ou des gendarmes ont tiré sur la foule et abattu quatre manifestants wallons sur la place des Martyrs de la Résistance à Grâce-Berleur.
Ils sont morts, innocentes victimes d'un meeting pour une Marche sur Bruxelles qu'ils n'ont pu accomplir. Mais, comme le dirait amèrement un homme politique flamand, il ont démontré qu'une minorité pouvait imposer au pays sa volonté lorsque la cause semble juste!
En 1951, Léopold III, objet de la contreverse entre Wallonie etr Flandre, abdiqua en faveur de son fils Bauduin 1er, dont l'anniversaire de la mort est demain le 31 juillet.
Certains monarchistes sincères ont vu dans cette disparition, la fin d'une certaine pacification qu'il était arrivé à maintenir entre les communautés;
Hasard de la vie ou clin d'oeil de l'histoire?
Losqu'il a appris la nouvelle tragique, le ministre d'Etat Joseph Merlot participait à une réunion chez mon père, 8 rue Naimette. Je le vois encore en haut de l'escalier qui conduisait à la maison,puis descendre et se précipiter dans sa voiture pour aller le plus vite possibl à Grâce-Berleur.L'émotion était extraordinaire !
A cette époque, il y avait des militants qui mouraient "pour le peuple wallon". Ce ce qui figure sur les affiches qui ont été immédiatement placardées: "abattus par la gendarmerie, morts pour le peuple wallon". Verrait-on encore cela de nos jours ?
Dans la Résistane, à "Jeune Wallonie", nous chantions entre nous, quand l'ennemi ne pouvait nous entendre :
"Wallons, marchons,
Vers le destin
Qui nous attend demain,
Marchons, marchons,
Nous irons donner notre vie,
Pour que vive la Wallonie".
Les paroles complètes de cette chanson, qui était en fait une "marche", doivent se trouver au Fonds d'histoire du Mouvement wallon.
A cette époque, l'Harmonie de la police liégeoise jouait à travers les rues de Liège la "Marche de la Wallonie Libre".
Les quatre militants qui sont morts à Grâce-Berleur ont fait le sacrifice de leur vie et il ne faudra jamais les oublier. Ce qui est très malheureux, c'est que ces martyrs de notre Cause ébranlèrent le roi Léopold III et que leur mort compta beaucoup dans sa décision de finalement abdiquer dans la nuit qui a suivi la fusillade.
S'il ne l'avait pas fait, le gouvernement provisoire wallon, soutenu par la France, prenait le pouvoir et convoquait immédiatement les Etats généraux de Wallonie...
Quant au roi Baudouin, dont c'est l'anniversaire de la mort - troublante coïncidence ! - c'était certainement un homme de devoir,très exigeant sur les valeurs morales auxquelles il croyait, qui n'admit l'idée fédéraliste que très tardivement, parce qu'il craignait la division de son pays. Ce fut probablement le dernier vrai Belge.
Un adversaire digne d'estime.
Encore une précision : l'objectif de la minorité que constituaient en Belgique les Wallons et les francophones de Bruxelles, n'était pas d'imposer sa loi à la majorité flamande et donc "à tout le pays", mais d'échapper à la loi du nombre en recourant à la sécession.
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