De bons amis insistent sur la solidarité que les Wallons devraient témoigner à l'égard des Bruxellois francophones. Ceux-ci vont d'ailleurs publier une sorte de "Livre blanc" pour exposer "leurs droits", en particulier dans la périphérie et la partie flamande de l'arrondissement BHV. Des droits liguistiques qui, selon eux, remontent à...1830 !
On ne peut pourtant pas dire que les communes "à facilités" n'étaient pas flamandes à cette époque. Linkebeek, Drogenbos, Crainem, Wesembeek-Oppem, Diegem sont ils des noms français ?
Et on demande aux Wallons d'être solidaires de ces gens là. Mais qu'ont-ils fait, eux, pour la Wallonie ? Quand ont-ils exprimé le moindre intérêt pour les problèmes wallons, la plus petite solidarité avec la Wallonie ? L'impression qu'ils donnent est qu'ils se soucient de nous comme un poisson d'une pomme...
C'est d'ailleurs vrai non seulement pour les "périphériques", mais pour les Bruxellois en général, qui se sont opposés tant qu'ils l'ont pu à la solution des griefs wallons nés d'une centralisation excessive. Il ne faut pas l'oublier - mais on sait que beaucoup de militants rattachistes n'ont pas de mémoire -, les Wallons ont eu autant à se plaindre et à souffrir de la centralisation bruxelloise que de ce qu'il fallait bien appeler à l'époque l'impérialisme flamand. Le fédéralisme réclamé vigoureusement par le Congrès national wallon visait autant à nous dégager de l'emprise bruxelloise que de l'emprise flamande et s'il a pu finalement être acquis (trop tard !), c'est grâce à l'action conjuguée des fédéralistes wallons et flamands sans tenir compte de Bruxelles. Il faut oser dire la vérité, d'autant que cela peut servir d'exemple, aujourd'hui, pour la partition de la Belgique...
Bruxelles a toujours été la pierre d'achoppement. Si la capitale de la Flandre avait été Gand et celle de la Wallonie Liège, il y a longtemps que la Belgique aurait disparu de la carte d'Europe, comme la Tchécoslovaquie, où il n'y avait pas une capitale centrale, mais deux : Prague en Tchéquie et Bratislava en Slovaquie. Et la Wallonie serait française !
Si nous parlons la même langue que les Bruxellois francophones, peut-on dire que nous avons la même culture ? Non, car contrairement à ce qu'affirment les Flamands, de taal is niet gansch het volk. Bruxelles s'apprête à fêter l'Omegang, expression flamande qui signifie "la marche de l'homme" et commémore, par un grand spectacle sur la Grand'place, l'entrée de Charles Quint à Bruxelles en 1549. Pour les Bruxellois, cet événement fait partie de leur histoire. Ce n'est pas le cas pour les Liégeois qui n'ont jamais fait partie des Pays-Bas et dont le Brabant a d'ailleurs été pendant des siècles l'ennemi numéro 1.
Nous n'avons ni la même histoire, ni la même culture : dans huit jours, les Liégeois vont fêter le 14 juillet, l'amitié franco-liégeoise, le souvenir de la Révolution de 1789, tant à Paris qu'à Liège. Quel rapport avec l'Omegang ? Aucun, absolument aucun, au contraire, il s'agit d'événements tout-à-fait opposés, l'Omegang étant soutenu par la noblesse et la fête du 14 juillet par le peuple. Il en va de même pour le folklore en général : quel rapport entre le Mayboom et la fête du 15 août en Outremeuse, entre la Zinneke parade et le cortège des Grossès tchèsses à Liège, entre Tchantchès (traduction de Français) et le Manneken-pis (expression flamande et vulgaire, s'il en est)? Et voici qu'on apprend que le nouveau Palais des Congrès de Bruxelles, au Mont des Arts, va s'appeler Square Brussels Meeting Center. Vous imaginez ça à Liège ?
Une ville purement francophone, Bruxelles ? Une future ville française ? Une "région de France" ? Jules Destrée, en 1912, n'y allait pas par quatre chemins. Pour lui, les Bruxellois étaient "des middelmates qui accepteraient bénévolement toute domination étrangère qui ne dérangerait pas leurs aises coutumières(...)Cette population de la capitale n'est point un peuple : c'est un agglomérat de metis..."(1). Que dire de nos jours, où Mohamed est devenu le premier prénom à Bruxelles...
(1) Cité par Le Soir dans son numéro du 2 juin 2008, rubrique Saga Belgica, page 6.
7 commentaires:
Cher Monsieur Schreurs,
J'ai lu votre lettre de démission avec un intérêt d'autant plus vif que je patage plusieurs de vos analyses (raisons pour lesquelles -soit dit en passant- j'ai toujours refusé un engagement plus prononcé dans la vie du parti (RWF), étant par ailleurs absorbé dans d'autres activités plus gratifiantes).
J'apprécie aussi votre fougue quasi juvénile et votre sens de l'engagement total. Les pesanteurs de la vie partisane et les contraintes liées à tout ce qui est "trop humain" engendrent toujours des frustrations dans les coeurs ardents.
Je n'en tire toutefois pas les mêmes convlusions ultimes : on peut démissionner d'un poste, d'une fonction, on ne démissionne pas de ses convictions, car nous sommes en mission permanente en territoire ennemi. Il doit y avoir place pour les agitateurs de banderoles, les aigles des cimes et les fourmis laborieuses. Il doit y avoir dans les fables de La Fontaine un animal qui nous ressemble :le jeu est de trouver lequel.
Bien amicalement.
Correction :les mêmes conclusions intimes
J'étais un peu partagé à la lecture de votre article au sujet des Bruxellois.
Mais j'apprends, en visionnant le site du RWF, que le président du FDF, M. Olivier Maingain, propose de bilinguiser le Brabant wallon en contrepartie de l'intégration des six communes périphériques dans la Région bruxelloise !
Alors là, Monsieur Schreurs, mon sang n'a fait qu'un tour. Vous avez cent fois raison de vous méfier de ces gens là et ce Monsieur Maingain est un traître, ni plus ni moins. Qu'il ne vienne jamais plus faire appel à la solidarité des Wallons.Son attitude est ignoble. Ce n'est pas la première fois que j'entends dire que ce parti bruxellois - le FDF - a des visées sur le Brabant wallon. N'avait-il pas déjà proposé d'annexer le Brabant wallon à la Région de Bruxelles ? J'espère que ça va ouvrir les yeux des militants rattachistes qui croient encore devoir soutenir et aider les Bruxellois. En tout cas, ceux du FDF sont pires que les Flamands. Mais dans quel pays vivons-nous ? Vivement que ça pète et que la Wallonie soit française. Là, au moins, il n' y aura plus de problèmes linguistiques.
Je remercie Monsieur Mélon de son message très sympathique et je veux le rassurer. Je ne démissionne nullement de mes convictions rattachistes, qui sont inébranlablesx. J'ai seulement voulu pouvoir exprimer ces convictions en toute liberté et indépendance, sans être tenu par les contraintes de la convention électorale conclue entre le "Groupe Liège-France" et le RWF. Mais mon blogue-notes continuera à publier les messages et informations que le Groupement me demandera de diffuser, comme d'ailleurs ceux du RWF.
Mieux vaut avoir un certain âge en ayant conservé un esprit jeune, libre et audacieux, que d'être un fringant quadra à l'esprit timoré, encroûté et vieux avant l'âge !
La "cité des métis", c'est vraiment exagéré! Il y a à Bruxelles une élite intellectuelle francophone, notamment dans les milieux de l'ULB. Ces milieux s'expriment mieux et sont plus cultivés que bien des milieux wallons. Le problème, c'est qu'ils ne se sentent ni Wallons, ni Français. Ou ils se sentent Belges, ou alors européens, internationalistes, "multiculturels" ou quelque chose comme ça.
De toute façon, ils sont très différents des Wallons et ils ont l'esprit des gens de la capitale, un peu d'ailleurs cmome les Parisiens par rapport aux Français "de province". Ce phénomène existe dans tous les pays, mais le problème ici, c'est que la Belgique n'est ni une nation, ni un pays comme la France, l'Allemagne ou les Pays-Bas...
Monsieur Rasquin, le terme "métis" est évidemment insultant mais il faut bien admettre que Bruxelles n'est pas cette ville "à 90% francophone" dont on entend souvent parler.
D'après une très intéressante étude d'un sociologue flamand, en 40 ans, Bruxelles aurait perdu la moitié de sa population initiale, soit 400.000 personnes, pour la plupart belges, blanches et francophones, et a accueilli pour les remplacer près de 500.000 étrangers de multiples horizons.
Une grande partie de ces gens sont devenus belges bien sûr, mais aujourd'hui, seul un Bruxellois sur 2 aurait le français comme langue maternelle.
Que pensent les réfugiés, les maghrébins, les Congolais, les Ukrainiens, les Polonais les citoyens européens et les fonctionnaires internationaux de toutes ces histoires communautaires? Je n'en sais rien mais j'ai l'impression qu'ils risquent d'avoir un avis très différent de celui des électeurs MR de Uccle et des deux Woluwé.
Sur le plan communautaire, Bruxelles, c'est 400.000 francophones, moins de 100.000 flamands et 500.000 personnes dont on ne demande jamais l'avis.
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