vendredi 29 août 2008

Nationalistes ou néo-gaullistes ?

Certains amis rattachistes nous taxent de "nationalistes", en précisant "dans le mauvais sens du terme", parce que nous aurions tendance à "déifier" la France, d'avoir d'elle une longue vision historique, plutôt qu'une image à courte vue la ramenant au régime de la troisième République, et de privilégier plutôt la Cinquième, celle qu'a créée le général de Gaulle, précisément pour éviter que ne se reproduisent les erreurs fatales qui ont conduit au désastre de 1940.
Nous ne pouvons que conseiller à nos détracteurs de relire - où de découvrir ? - les pensées du Général quand il descendit les Champs-Elysées dans une marche triomphale après la libération de Paris, en juin 1944.Voici ce qu'il relate notamment dans ses Mémoires de guerre:
"Cette avenue s'ouvre radieuse devant nous. Sur son piédestal, Clémenceau, que je salue en passant, a l'air de s'élancer pour venir à nos côtés(...) Les Tuileries, qui encadrèrent la majesté de l'Etat sous deux empereurs et sous deux royautés, La Concorde et le Carousel qui assistèrent aux déchainement de l'enthousiasme révolutionnaire et aux revues des régiments vainqueurs, les rues et les ponts aux noms des batailles gagnées; sur l'autre rive de la Seine, les Invalides, dôme étincelant encore de la splendeur du Roi-Soleil, tombeau de Turenne, de Napoléon, de Foch(...) Voici qu'à leur tour :Le Louvre, où la continuité des rois réussit à bâtir la France; sur leur socle, les statues de Jeanne d'Arc et de Henry IV; le Palais de Saint-Louis dont, justement, c'était hier la fête; Notre-Dame, prière de Paris, et la Cité, son berceau, participent à l'événement. L'Histoire, ramassée dans ces pierres et dans ces places, on dirait qu'elle nous sourit. Mais aussi qu'elle nous avertit. Arrivé devant Notre-Dame, "tandis que je descends de voiture, des coups de feu éclatent sur la place. Puis aussitôt, c'est un feu roulant. Tout ce qui a une arme se met à tirer à l'envi(...). En ce qui me concerne, rien ne m'importe davantage que de ne point céder au remous(...) Le Magnificat s'élève. En fut-il jamais chanté de plus ardent ?
Ce que Charles de Gaulle a ressenti en descendant les Champs-Elysées, nous le ressentons aussi, profondément. C'est ainsi que nous nous représentons la France. C'est à cette France "éternelle" en quelque sorte que nous voulons nous rattacher.
Dans le premier discours que j'ai prononcé au banquet du 14 juillet, après avoir été élu président des Amitiés Françaises de Liège, en 1985, j'ai dit à peu près ceci : La France n'est pas seulement un pays merveilleux dont les sites inspirés élèvent l'esprit. Ce qu'elle a peut-être de plus extraordinaire, c'est qu'elle a constitué, au cours des siècles, l'un des patrimoines culturels les plus riches de l'humanité et qu'elle est en même temps à la pointe de la science et de la technologie modernes. Elle possède la langue la plus subtile, mais aussi le train et l'avion les plus rapides; elle est la troisième puissance nucléaire du monde(...) Fille aînée de l'Eglise, à laquelle elle a donné tant d'apôtres et d'hommes illustres, la France est aussi la patrie du cartésianisme, des droits de l'homme et des idées sociales les plus avancées et les plus généreuses. "Liberté, égalité, fraternité", y-a-t-il un pays au monde qui ait une plus belle devise ? Nous serons toujours, nous Liégeois, aux côtés de la France. Qu'elle ait un gouvernement socialiste ou un gouvernement libéral, la France, pour nous, c'est d'abord la Patrie. Mais je ne puis m'empêcher d'évoquer le général de Gaulle qui est le seul à avoir pu l'incarner à ce point et la rassembler autour de lui dans l'honneur, l'espérance et la dignité. Il a été, pendant la dernière guerre mondiale, autant le guide spirituel et l'espoir des résistants liégeois que le Chef de la France libre et combattante...
Nous ne sommes pas des nationalistes, mais des néo-gaullistes. Nous sommes restés fidèles à l'esprit d'honneur et de résistance que le Général à incarnée ( La Wallonie Libre se battait "aux côtés de la France Libre")2 et à celui de la Vè République, qu'il avait déjà conçue à Bayeux à l'époque du RPR et qui a mis fin aux errements de la IIIè. Il est d'ailleurs frappant que les milieux politiques français qui soutiennent le plus notre action soient précisément les souverainistes, héritiers des gaullistes.
Pour nous, ces références sont autrement exaltantes que celles des innombrables présidents du conseil et de leurs ministres entre 1870 et 1940, dont l'Histoire peine à retenir les noms...
(1) Charles de Gaulle, Mémoires de guerre, tome IV, p. 173.
(2) C'est pour avoir distribué largement des tracts illustrés de la photo du général de Gaulle avec cette légende, que l'avocat Arille Carlier, de Charleroi, fut interpellé par la Gestapo en 1941 et incarcéré à la forteresse de Dietz jusqu'en 1943. Ce tract avait été imprimé par Wallonie Libre à 50.000 exemplaires.

4 commentaires:

Anonyme a dit…

« La France vient du fond des âges. Elle vit, les siècles l’appellent. Mais elle demeure elle-même au long du temps. Ses limites peuvent se modifier sans que changent le relief, le climat, les fleuves, les mers, qui la marquent indéfiniment. Y habitent des peuples qu’étreignent, au cours de l’histoire, les épreuves les plus diverses, mais que la nature des choses, utilisée par la politique, pétrit sans cesse en une seule nation. Celle-ci a embrassé de nombreuses générations. Elle en comprend actuellement plusieurs. Elle en enfantera beaucoup d’autres. Mais, de par la géographie du pays qui est le sien, de par le génie des races qui la composent, de par les voisinages qui l’entourent, elle revêt un caractère constant qui fait dépendre de leur pères les Français de chaque époque et les engagent pour leurs descendants. A moins de se rompre, cet ensemble humain sur ce territoire, au sein de cet univers, comporte donc un passé, un présent, un avenir, indissoluble. » Charles de Gaulle in Mémoires d’espoir, Plon, 1970

Anonyme a dit…

« […] Notre vision du passé détermine l’avenir. Il est impossible de penser le présent et le futur sans éprouver derrière nous l’épaisseur de notre passé, sans le sentiment de nos origines. Il n’y a pas de futur pour qui ne sait d’où il vient, pour qui n’a pas la mémoire du passé qui l’a fait ce qui est. Mais sentir le passé, c’est le rendre présent. Le passé n’est pas derrière nous comme ce qui a été autrefois. Il se tient devant nous, toujours neuf et jeune. » Dominique Venner dans son éditorial « Demander à l’histoire d’éclairer le présent » in Enquête sur l’histoire, n°1, pp. 4 & 5.

Anonyme a dit…

C'est pourtant ce que font certains rattachistes plutôt timides, qui ne veulent rien connaître du passé, en dehors de l'action de Jules Ferry pour la "laïcité", leur grand dada...

Anonyme a dit…

N'oublions-pas que cette belle devise "Liberté-Egalité-Fraternité", n'est pas seulement celle de la République française, mais aussi de la Franc-maçonnerie, en Belgique comme en France.