jeudi 19 novembre 2009

La" lourde erreur" d'un parfait honnête homme

J'ai, pour M. Jules Gheude, beaucoup d'estime et d'amitié. C'est le type même du parfait honnête homme, courtois, raffiné, cultivé, lettré et cordial. C'est un essayiste de talent et un homme de fortes convictions. Nous l'aurions vu volontiers succéder à M. Gendebien à la tête du RWF !
Lui reconnaissant toutes ces qualités, je suis d'autant plus à l'aise pour dire qu'il vient de commettre "une lourde erreur" pour reprendre une de ses expressions, en adressant à Nicolas Sarkozy une "Lettre ouverte", où il met en garde le Président français contre la désignation à la présidence du Conseil des chefs d'Etat et de gouvernement européens, de l'actuel premier ministre belge, M. Herman Van Rompuy.
Ce serait un "faux ami de la France", en fait un affreux flamingant ne rêvant que de spolier les pauvres francophones martyrs de la périphérie bruxelloise, comme ces noblions candidats-bourgmestres de trois des six communes "à facilités"- le baron van Hoobrouck d'Aspre et M.d' Oreye de Lantremange, écuyer, par exemple - que l'idée d'écrire trois phrases en néerlandais dans des convocations électorales rend véritablement hystériques !
Les signataires de cette Lettre s'alignent sur les Bruxellois francophonissimes mais belgicains, qui méprisent autant les Wallons que les Flamands, et sur les positions du FDF, dont le président Olivier Maingain serait pressenti, dit-on, pour être nommé ministre d'Etat (de l'Etat belge !), devenant ainsi membre du Conseil de la Couronne du roi Albert II...
Ils évoquent, comme ces Bruxellois, la Convention européenne pour la protection des "minorités", alors qu'ils savent très bien que la République française n'a pas ratifié - et ne ratifiera pas - cette Convention, et qu'elle ne reconnaît, avec raison, aucune minorité sur son territoire, appliquant ainsi, comme la Flandre, le droit du sol...
Informer le Président de la France est certes une excellente chose. Lui faire la leçon en invoquant des principes contraires à ceux de la République, est beaucoup plus contestable !
J'entends bien que la "problématique Van Rompuy" était une "occasion en or" de faire parler à nouveau de nous, mais de là à développer des arguments fallacieux ou simplement étrangers à la Wallonie, il y a un pas qui n'aurait pas dû être franchi . Que cette cette initiative ait été suggérée à nos amis par un citoyen français n'a rien de rassurant, car nul ne sait qui ce fonctionnaire représente exactement et quels intérêts il sert. Lui faire confiance dans un problème diplomatique et international de cette ampleur - la désignation du premier "président européen" - relève sinon dune certaine nïveté, du moins de l'imprudence. Personnellement, j'ai trop de fierté et de conviction pour m'aligner sur qui que ce soit, fût-ce un Français de l'Hexagone, à fortiori s'il s'agit d'un fonctionnaire sans mandat.
Comme le parlement germanophone lorsqu'il a voté inconsidérément la quatrième motion en "conflit d'intérêts" pour prolonger l'agonie de BHV, Jules Gheude et les co-signataires de la "Lettre" ont commis une lourde erreur, surtout si celle ci a été diffusée dans les media.
André Schreurs
D'accord ? Pas d'accord ? Réagissez.

13 commentaires:

Yves Pierlot a dit…

Il est complètement faux de croire que la République française ne reconnaît pas les minorités.Je vous prie de m'excuser de revenir encore à mon dada qui est la Nouvelle-Calédonie.
La Constitution française a laissé une large autonomie à cette communauté territoriale où les Kanaks possèdent de très nomnbreux droits, y compris celui de rendre justice par le biais du Droit coutumier et non français. J'en passe et des meilleures!

Notre ami semble ignorer que la République française a reconu avant-hier différents dialectes comme étant des langies dont l'enseignement sera officiel.

Il est vrai que la France n'a pas ratifié la Convention européenne pour la protection des minorités mais, de fait, elle est en train de le faire mais de manière que je considère comme détournée.

Je ne connais pas le contenu de la lettre ouverte que vous avez adressée au Président Sarkozy. Notre situation est pour le moins ambigüe. Nul doute que ce qui se passera ce soir pour la désignation du président du Conseil de l'Europe sera déterminant pour notre avenir.
(courriel adressé aux signataires de la "Lettre")

A. Schreurs a dit…

@ Yves Pierlot :

Il ne faut pas confondre les torchons et les serviettes, ceci dit sans aucun sens péjoratif.

On ne peut pas comparer la Nouvelle-Calédonie et la "Belgique".

En France métropolitaine, aucune minorité "nationale" n'est reconnue par la République, qui est "une et indivisible".

La reconnaissance de dialectes n'a rien à voir avec des "minorités nationales" et je ne crois pas que les francophones de la périphérie et de BHV seraient heureux d'être comparés à des Kanaks, ni que le français soit reconnu par la Flandre comme un...dialecte !

Restons sérieux ! En toute amitié.

Jean-Luc LEFEVRE a dit…

Bonsoir, Monsieur Schreurs,

Je suis un "sans grade" des EGW. Moi aussi, j'ai pris mes distances par rapport à cette initiative, pour différentes bonnes raisons, dont celles que vous avez exprimées. Comme vous, je n'ai pas reçu copie du document transmis à l'Elysée.

Aussi, vous serais-je reconnaissant de me communiquer l'adresse du site bruxellois dont vous parlez dans votre courriel.

D'avance, je vous remercie cordialement,

Jean-Luc Lefèvre,
Emptine

A. Schreurs a dit…

Cher Monsieur Lefèvre,

Je vous ai répondu par courriel.

Ce blogue, dénommé "Francophone de Bruxelles", est un site anonyme, d'un très bas niveau, qui pratique volontiers la calomnie, l'injure et la délation. Vraiment très peu recommandable !

Il est assez ahurissant que ce doit sur ce site que soit diffusée la "Lettre" au Président de la République française...

Mais je ne m'étonne plus de rien !

Philippe Rasquin a dit…

Je suis très déçu par ce que j'apprends.

Je me demande si, finalement, on ne peut pas renvoyer dos-à-dos M. Gheude et M. Gendebien.

M. Gheude avait toute ma sympathie, mais je me demande, à la fin, s'ils ne sont pas les deux mêmes : des gens intelligents mais qui cherchent surtout à faire parler d'eux.

Cette lettre au Président Sarkozy, si elle est publiée dans la presse demain, n'aura finalement servi qu'à cela, car sur le fond, je suis d'accord avec vous. Et de toute façon, c'est ce soir que ça se décide.

Oscar Flahaut a dit…

Vous au moins, Monsieur André Schreurs, vous ne cherchez pas à faire parler de vous et vous ne courez pas après les "honneurs people". Vous êtes au dessus de ça et vous avez un long passé de militant qui vous honore réellement. Vous dites toujours ce que vous pensez, que ce soit à des amis ou à des ennemis. Car des ennemis, vous comprenez bien que vous vous en faites, avec votre franc parler. Mais c'est ça que j'aime et apprécie en vous. Vous ne pratiquez ni la langue de bois, ni la prudence verbale. Vous n'avez aucune ambition, sauf celle d'exprimer votre pensée et vos convictions, que cela plaise ou non.Heureusement qu'il y a un blog comme le vôtre, où on respire la fraîcheur de la liberté de parole, sans aucun calcul, juste pour exprimer ce que vous pensez être la vérité.
Surtous tenez bon,Monsieur Schreurs, ne vous laisser pas détourner de votre chemin par des ambitieux et des tordus.

Jean-Sébastien Jamart a dit…

Je trouve vraiment regrettable et peu élégant cette manière de faire état de votre désaccord avec Jules Gheude. Nous avons discuté de ce point par mails et Jules Gheude s'est finalement rallié à la majorité des membres actifs aux EGW ayant pris position sur cette lettre. Elle n'est pas faite au nom des EGW, mais au nom des signataires.

Alors quoi, je lis aussi des commentaires sur des égos des uns et des autres. Il en faut des égos pour que les hommes osent se mouiller dans une cause finalement bien ingrate. Ce n'est pas le rattachisme qui va nous nourrir. Nous faisons cela pro deo et même il nous en coûte. Il faut ménager nos amis.

Comparer l'égo de Gendebien et celui de Jules Gheude, c'est ahurissant. Alors que Gendebien agit souvent en réunion en toisant et cassant bien des gens autour de lui, en général à cause de leurs idées mais aussi en raison d'inimitiés personnelles, jamais Jules Gheude n'a freiné aucun débat aux EGW. Il a toujours demandé l'avis de la majorité et s'y est soumis, en bon démocrate.

J'espère que ce désaccord ne nous déviera pas de la route et de notre objectif que nous avons tous : une Wallonie républicaine et française.

Thierry Ollevier a dit…

La lettre dont il est question n'a pas été envoyée à la presse. Elle n'a même pas été rendue publique en Belgique. Il me paraît donc complètement déplacé de la commenter sur un blogue. Il s'agit d'un procédé intellectuellement inacceptable.

A. Schreurs a dit…

@ Thierry Ollevier :

1. Jules Gheude nous avait écrit, par courriel, que la "Lettre" serait communiquée à la presse. Je vous transféferai la copie du courriel si vous le souhaitez.

2. La Lettre a été publiée intégralement,avec les signatures, sur le blogue "Francophone de Bruxelles". Elle n'y est pas arrivée par l' opération du Saint-Esprit. Un des signataires lui a forcément communiqué le texte.

3. A partir de ce moment, la Lettre était donc publique.

4. J'avais très honnêtement prévenu Jules Gheude que s'il persistait à vouloir adresser cette lettre au Président de la République et si elle était publiée quelque part, je l'attaquerais sur mon blogue.

5. J'ai donc agi avec loyauté et correction et je n'accepte pas vos critiques. Ce sont-elles qui sont déplacées. Cependant, je les publie quand même.

A. Schreurs a dit…

@ Jean-Sébastien Jamart :

Ne faites pas comme ceux que vous critiquez avec raison au RWF : défendre des hommes plutôt que des idées.

Je vous renvoie aux commentaires ci-avant de notre ami Jean-Luc Lefevre et de M. Oscar Flahaut, ainsi qu'à ma réponse à Thierry Ollevier.

La liberté d'expression est aussi indivisible que la République elle-même.

Restez donc fidèles aux principoes que vous défendez vous-même.

A. Schreurs a dit…

Corrections : fidèle// principe.

P.S. Je n'aurais jamais évoqué ni attaqué cette "Lettre" si elle n'avait pas été publiée, c'est à dire rendue publique, sur Internet.

Jean-Sébastien Jamart a dit…

Je n'ai rien contre votre liberté d'expression, au contraire, libre à vous d'écrire ce que vous voulez, y compris sur moi. Je suis plutôt mitterrandien sur cette question de la liberté d'expression : je n'empêcherai jamais quelqu'un de dire du mal de moi, fût-ce sur des blogs ou Facebook ou ailleurs. Les censeurs ne sont pas mes amis.

Mais concernant la relation d'amitié que nous avons tous nouée avec Jules Gheude, même si nous ne partageons pas toutes ses idées, je trouve peu élégant d'avoir fait le billet sur le blog si vite, sans avoir prévenu par téléphone Jules Gheude que vous le feriez.

Moi, dans les échanges de mails sur cette lettre, j'avais cru comprendre que l'équipe EGW restait soudée et d'accord sur la confidentialité de cette lettre, qui n'a pas été signée par tout le monde. Mais, il y a de ces temps-ci tant de mails dans ma messagerie, que je n'ai peut-être pas bien lu tous les échanges.

Cet échange ne nous empêche pas d'être d'accord sur d'autres points et nous continuerons, j'espère, à travailler tous ensemble aux EGW.

A. Schreurs a dit…

@ Jean-Sébastien Jamart :

Mais je n'ai pas dit "du mal" de vous ni de Jules Gheude!
Celui-ci m'avait écrit que cette
"Lettre" serait publiée et je l'avais prévenu par courriel que si elle était envoyée au PRF, je la critiquerais sur mon blogue.En général, je fais toujours ce que je dis.
Je ne vois donc pas en quoi j'aurais manqué d''élégance...