C'est le titre d'un grand article publié ce jour par La Libre Belgique dans sa rubrique "Opinion".
L'auteur est un certain Seb Jibiche, qui se proclame citoyen belge, futur grand-ducal brabançon. A propos de la crise politique, il relève d'abord, non sans pertinence, que le noeud de la crise restera ce melting-pot de Bruxelles. La solution ? regrouper Bruxelles et les deux provinces de Brabant, avec des compensations à la Wallonie et à la Flandre.
Que Bruxelles soit le noeud du problème, l' irritante pierre d'achoppement, ce n'est pas nous qui le contesterons ; avant que le Rassemblement Wallon ne vienne brouiller les cartes avec ses alliances et désalliances - ou plutôt sa mésalliance - avec le FDF, le Mouvement wallon ne cessait de le dire depuis plus de 30 ans.
De là à étendre le melting pot socio-économico-culturel bruxellois à tout l'ancien Brabant, en imaginant à ses côtés une Flandre indépendante et une Wallonie rattachée à la France, on se prend de l'envie de crier : au fou ! Certes, nous appelons de tous nos voeux une Wallonie française, mais pas au prix de la perte de notre Brabant wallon ! Le roman pays de Brabant est un des fleurons de la Wallonie et il doit le demeurer. Jamais les Wallons n'accepteront une telle amputation, d'autant que ce territoire arraché serait bilinguisé voire trilinguisé.
On connaît notre position à l'égard de Bruxelles: nous sommes convaincus que les Bruxellois ne voudront jamais devenir Français et qu'associer l'idée de "Bruxelles, région de France" à celle de "Wallonie, région de France", est non seulement une utopie, mais une faute politique et une erreur stratégique. A notre avis, l'avenir de Bruxelles est de rester la capitale de l'Europe en devenant une ville libre internationale, comme François Perin l'avait suggéré. De toute façon, à "Liège-France", cela ne nous pose aucun problème, car c'est aux Bruxellois à décider de leur destin. Les Wallons n'ont pas à le faire à leur place, ni à anticiper sur leur décision, ce qui ne serait pas démocratique.
Mieux inspirée que pour cet article, La Libre consacre également une page entière à M. Bart De Wever. Dans l'interview qu'il lui a accordé, le président de la N-VA se dit douloureusement touché par l'image de monstre qu'on a faite de lui :Cette année, j'ai du lire que j'étais Milosevic, que j'étais Hitler. On a menacé mes enfants, on m'a envoyé des mails haineux, on a cassé les vitres de ma voiture... Des enfants, M. De Wever, qui est un excellent père de famille, en a quatre; Joëlle Milquet, plutôt avare de compliments à l'égard des nationalistes flamands, l'a reconnu : sur le plan humain, c'est un homme doux et sympathique. Bart de Wever a deux passions, l'Histoire et la politique (j'en connais d'autres).Il souffre de son poids, qui est génétique. Son père, qui était ouvrier à la SNCB, était un militant de la Volksunie, le premier parti nationaliste et fédéraliste flamand recréé après la guerre, avec le coup de pouce du Mouvement wallon. L'accord entre fédéralistes wallons et flamands de 1952 - dit "Schreurs-Couvreur" - a été signé par le premier président de la Volksunie, M. Van der Elst, et c'est la Volksunie qui a déposé à la Chambre la première proposition d'instauration du fédéralisme en Belgique, connue elle aussi sous le nom de proposition de loi Schreurs-Couvreur(1). On ne va quand même pas me demander de renier mon père, alors secrétaire général du Congrès national wallon, qui a agi avec l'approbation de tous les milieux de gauche de Wallonie ! L'esprit de cet accord et de cette proposition marqueront de façon indélébile les travaux du "groupe des 23", qui aboutirent à la première réforme de l'Etat de 1970 (2). Comprend-t-on mieux pourquoi je préconise des accords entre rattachistes wallons et nationalistes flamands ? Lorsque la Volksunie a éclaté en 2001, M. De Wever a fondé la N-VA, tandis que d'autres créaient Spirit de tendance libérale...Aujourdhui comme hier, c'est la conjonction des séparatistes flamands et wallons qui provoquera la scission de la Belgique permettant à la Wallonie de se réunir à la France.
(1) Groupe Coudenberg, Au nom de la démocratie, Bruxelles et Den Haag, 1991, p. 53-55.
(2) Ibid, p. 55.
6 commentaires:
Cher Monsieur Schreurs,
J'ai lu la belle notice consacrée à votre père dans l'Encyclopédie du Mouvement wallon, ainsi que la notice relative à "l'Accord Schreurs-Couvreur". C'était assurément un de nos grands Wallons qui mérite le plus grand respect et je comprends que vous vous référiez à son exemple.
Cependant, la situation actuelle me paraît différente de ce qu'elle était à cette époque.
Quand votre père et ses amis ont pris contact avec les fédéralistes flamands, ceux-ci étaient encore très frileux en raison de l'attitude d'une partie du Mouvement flamand qui avait collaboré avec l'occupant allemand.
Les fédéralistes wallons les ont en quelque sorte dédouannés.
D'autre part, votre père, Maurice Bologne, Marcel Thiry , tous des patriotes, avaient l'appui de la majorité des parlementaires wallons socialistes et libéraux, d'hommes comme Fernand Dehousse, Jean Rey,Auguste Buisseret, François Van Belle, Joseph Merlot, etc. Tout le Mouvement wallon les approuvait.
A l'heure actuelle, de quel appui pourraient se targuer les rattachistes ? Sûrement pas, comme en 1952, de celui des libéraux et des socialistes, encore moins des CDH, tous ces gens qui, face aux frevendications flamandes, n'ont été, pendant un an,que "demandeurs de rien". A l'époque, les négociateurs wallons n'ont été critiqués que par les Bruxellois, naturellement, mais qu'en serait-il aujourd'hui ?
En outre, il y a autre chose qui s'est inversé : A l'époque de votre père, c'étaient les fédéralistes et autonomistes qui tenaient le haut du pavé en Wallonie et les fédéralistes flamands n'étaient qu'une petite minorité à oser s'exprimer. Actuellement, ce sont les séparatistes flamands qui dominent en Flandre, tandis que, politiquement du moins, ce sont les rattachistes qui sont une petite minorité...Et les nationalistes flamands ne semblent pas, eux, souhaiter nous aider. Pour quelle raison ? N'ont-ils pas des motivations cachées ? Il serait intéressant de pouvoir en discuter avec eux. Je pense à quelqu'un comme Eric Van Rpmpuy...
"Le meilleur ami de Bart De Wever est un francophone"...
Le Pen a aussi son Arabe.
Et vous, avez-vous un ami flamand ?
Je réponds au courageux anonyme qui précède.
Non, je n'ai pas un ami flamand. Quant à Le Pen, quel rapport ? Parce qu'on a vu un jour M. De Wever et lui sur une vieille photo ? Il y a aussi des photos où l'on voit ensemble Roosevelt et Staline et même certaines ou ils se serrent la main.
Et alors ? On ne fait pas de la politique avec des états d'âme. Laissons cela aus scouts !
A propos du message de M. Rasquin, voilà une remarque intelligente qui mérite réflexion. Pourquoi Liège-France ne prendrait-il pas contact incognito avec un responsable flamand, pour en savoir plus ?
Qu'est-ce que c'était, le "groupe Coudenberg" ?
Bruxelles Libre Européen, fut bien avant d'être "récupéré" par le spécialiste des discours congolais, est et restera historiquement la revendication du B.L.E. créé par de jeunes militants wallons est bruxellois, en partie liés au FDF et RW, à l'époque de la présidence FDF de monsieu Léon DEFOSSET, grand militant wallon de bruxelles.
Son président avait de grands amitiés avec le président des JFDF de l'époque, mon JS STEPPE, et il n'est pas impossible qu'il ait aussi appartenu au groupe "bélier" qui se frottait régulièrement aux TAK, VMO lors de ses marches périphériques et fouronnaises...
La majorité de feu le RW a toujours soutenu cette idée, merci andré de la remettre à l'esprit des lecteurs de ton blog.
Pour ce qui est de la rencontre flamnads et wallons, trop peu de gens ont lu la déclaration commune du V-sb/RPW du 24 septembre 2007, rédigée et signée à Thuin le 23, mais je crois que cela en vaut la peine (voir le blog rpwthuin etc...). Merci andré de continuer à passer nos commentaires. C'est cela aussi la démocratie.
Vive la République Wallonne.
Pierre Dutron RPW.
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